Construire son EarthShip

Publié le 6 septembre 2011 - Mis à jour le 11 septembre 2015

« Vaisseau de la Terre ». En voici une drôle d’invitation au voyage ! Surtout lorsque l’on sait qu’il s’agit en fait d’une maison fabriquée à partir de déchets. Surprenant, mais original, le concept de maison recyclée séduit. Un argument de poids ? Elle est très économique. Et l’on peut la fabriquer soi-même. Mode d’emploi.

Construire son EarthShip
Construire son EarthShip

Une maison de 140m² pour 140 000 euros, c’est possible. Il faut un peu d’imagination, et une grande motivation. En effet, vous devrez commencer par faire le tour des décharges, des déchetteries, des containeurs à bouteilles, pour récupérer des pneus, des canettes, des bouteilles de verres… Bref, tous les matériaux de base pour construire la maison.

Les Trott, couple de Britanniques installés en Normandie et qui ont construit à Ger le premier EarthShip de France, ont ainsi utilisé 10 000 bouteilles en verre, 750 pneus et 5 000 canettes pour leur maison ! Mieux vaut donc s’assurer d’avoir les ressources nécessaires. Mais en matière de déchets, les ruptures de stock sont rares. Le plus difficile au début du projet est certainement d’obtenir le permis de construire, obligatoire. Un dossier bien ficelé est indispensable.

Ensuite, les travaux peuvent commencer. Après des travaux de nivellement du terrain, l’élévation du mur de pneus peut commencer. Les pneus sont remplis de terre bien tassée, de façon à former une masse très ferme. Le mur s’élève comme un mur en brique, en superposant les pneus couche par couche, recouverte à chaque fois de mortier. Selon le mortier choisi (argile, mélange de terre et de ciment, etc.), on peut décider d’enfoncer des boîtes d’aluminium ou des morceaux de verre pour renforcer la stabilité de la structure d’ensemble.

Les murs élevés, on pose la charpente. Elle soutiendra le toit, mais également la verrière. Comme dans les maisons éco-construites, le côté Sud de l’EarthShip est une grande façade en verre. L’inclinaison des vitres dépend de la localisation de la maison : plus le soleil est bas l’hiver, plus il faut les incliner. La lumière qui pénètre dans la maison réchauffer les pièces et fait vivre les plantes qui purifie l’eau. En effet, l’EarthShip est conçue pour être totalement autonome. Il n’y a donc pas l’eau courante.

Finir les murs de pneus signifie choisir déjà un peu la décoration de sa maison : on peut décider de superposer suffisamment de couche de glaise pour que les murs soient totalement droits ou préférer laisser entrevoir une trace de ces matérieux originaux. Les murs non portants sont élevés en parallèle. Ils sont construits en divers matériaux : verres ou canettes s’alternent avec une couche de mortier. Là encore, on peut choisir de les laisser apparents ou de les cacher. A en croire les témoignages, les murs de bouteilles de verre offrent une esthétique sans pareil grâce aux jeux de lumière sur le verre.

La maison recyclée s’aménage comme toute maison, il aura donc fallu penser à mettre des prises au bon endroit. Et oui, maison recyclée ne veut pas dire maison sans électricité ! Celle-ci est fabriquée par des panneaux solaires, une éolienne ou tout autre moyen qui aura été pensé pour. Pour le chauffage par contre, on profite avant tout des qualités intrinsèques de la maison. La température de l’EarthShip est principalement modulée par les murs et la terre. Le côté Nord est en effet totalement enfoui dans la terre et les deux côtés latéraux le sont aussi au moins partiellement. Les pneus renforcent la thermodynamique naturelle de la terre en accumulant la chaleur qu’ils absorbent. De plus, les murs sont très épais et donc très isolants. Dernier détail pratique, les murs qui récupèrent les rayons du soleil qui entre par la face Sud sont généralement peints de couleur foncée de manière à absorber la chaleur. L’été, les rayons ne pénètrent pas dans la maison, qui reste donc fraîche.

Le pari des maisons recyclées est tenu : vivre bien tout en étant parfaitement autonome. Un peu d’organisation est bien sûr nécessaire, mais le résultat en vaut la peine estiment tous ceux qui vivent dans une telle maison. « Nous voulions faire partie de la solution plutôt que du problème », résume Julie Trott dans le reportage que M6 a consacré à l’EarthShip de Ger, en Normandie. Et en plus, vivre dans un EarthiShip évite des problèmes : plus de facture d’eau ni d’électricité !

Reportage de M6 sur l’EarthShip des Trott à Ger, en Normandie
Site EarthShip (en anglais)
Diaporama d’un chantier

Claire Sejournet
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