Ecoquartiers, trois exemples, trois succès

Publié le 10 avril 2012 - Mis à jour le 26 novembre 2012

Quartier Vauban à Fribourg, BedZED à Londres, Vestrebro à Amsterdam… Même sans avoir traversé le Rhin, la Manche ou la mer du Nord, les écolos avertis connaissent ces noms. Ce sont ceux d’écoquartiers qui ont réussi à s’imposer dans le paysage urbain de leur ville de rattachement. Trois exemples qui offrent un panorama varié de ce qui se fait dans ce domaine.

Ecoquartiers, trois exemples, trois succès
Ecoquartiers, trois exemples, trois succès

Si l’ambition de départ est la même, à savoir, faire adopter un mode de vie écologique aux habitants de l’écoquartier, les résultats sont très divers. Et heureusement ! Les écoquartiers sont le fruit des réflexions préalables de leurs habitants, et de leurs arbitrages finaux sur les sujets qui font une ville : organisation des transports, règles de circulation, mise en place de services divers, aussi bien sur le plan écologique (compostage, tri des déchets…) que social (crèches, lieux de vie commune, etc.), géographie des espaces verts, répartition du bâti entre logement et bureaux, et bien d’autres éléments de la vie de la cité. Les volontés et les attentes des habitants sont naturellement différentes d’un écoquartier à l’autre, ce qui fait la richesse de tout album photos qui se focalisent sur ce sujet.

Ainsi, à Londres, l’objectif principal des habitants de BedZED (pour Beddington, du nom de la commune mitoyenne de Londres où est implanté le projet, Zero (fossil) Energy Development) était de réduire l’empreinte écologique des habitants. Un pari réussi puisqu’aujourd’hui l’empreinte écologique du quartier est deux fois moins qu’un quartier « normal ». Un succès dû en grande partie à l’interdiction totale d’utilisation de carburants fossiles et l’absence de voitures dans le quartier, remplacées par des transports en commun, la marche à pied, le vélo ou la voiture électrique, mais aussi aux 777m² de panneaux solaires qui couvrent les toits des habitations.

A Fribourg, l’accent a été mis sur la mobilité durable. Celle-ci passe par une redéfinition de la politique des transports : priorité aux piétons, aux vélos et aux transports en commun. Mais le projet de cet écoquartier allemand va plus loin, en favorisant un certain équilibre entre des zones de travail et d’habitation, afin d’éviter aux habitants de trop longs trajets pour se rendre de leur domicile à leur bureau, et en installant dans le centre-ville les commerces de première nécessité. Le résultat est là : le quartier est largement épargné par le bruit des voitures, qui ne peuvent pas rouler à plus de 30 km/h sur la route principale… et 5km/h dans les petites rues !

Au Danemark, Vesterbro connaît une nouvelle jeunesse depuis qu’il a été réhabilité en écoquartier. Ce vieux quartier de Copenhague n’avait pas été épargné par le temps et était devenu l’un des plus malfamés de la ville. En 1990, la municipalité décide de prendre les choses en mains pour rendre à Vestrebro un aspect présentable. Pas de travaux titanesques pour cette rénovation, qui visait avant tout à mettre aux normes les logements existants (71% des logements n’avaient pas de salle de bain et 11% pas de toilettes), mais des actions ciblées qui ont transformé ce quartier défavorisé en un lieu de vie agréable et écolo. Panneaux solaires, pistes cyclables, tri des déchets… Vestrebro est entré dans le XXIème siècle par la grande porte.

Pour aller plus loin
Ecoquartiers en Europe, Philippe Bovet, Editions Terre vivante, 2009

Claire Sejournet
Articles du dossier Economie humaine
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