Enfouissement : une reprise en main tardive

Publié le 3 septembre 2009 - Mis à jour le 11 septembre 2015

L’enfouissement (ou stockage) des ordures ménagères est la seconde manière de gérer les déchets en terme de volumes traités (38% du volume global en 2004 selon l’ADEME). Face à la catastrophe écologique annoncée, l’Etat s’est mobilisé et l’enfouissement est désormais strictement encadré.

Enfouissement : une reprise en main tardive
Enfouissement : une reprise en main tardive

Pollution expresse

L’enfouissement des déchets ne nécessite aucun tri, tout est stocké en tas. C’est certainement le moyen le plus rapide de se débarrasser des déchets. Mais aussi le plus polluant. Le stockage des déchets à ciel ouvert, plus connu sous le nom de décharges, a longtemps était fait sans aucun contrôle ni contraintes. Les conséquences pour l’environnement sont désastreuses, à plus d’un titre : paysages, air, sols, eau, tout est touché.

Les décharges sauvages sont l’attaque la plus directe envers la préservation écologique des sites, mais même une décharge autorisée reste une pollution visuelle incontestable. Rappelons que le verre a une durée de vie infinie, l’aluminium plusieurs centaines et le plastique tout autant. Alors autant jeter ses déchets à la poubelle.

Dans la décharge, les déchets non triés comportent des matières organiques, qui subissent le processus de méthanisation et rejettent entre autre du méthane. Or, sans contrôle, le rejet de méthane dans l’atmosphère est nocif pour l’atmosphère car c’est un gaz à fort effet de serre. La pollution de l’air est aussi olfactive pour le voisinage de la décharge.

Mais la pollution la plus grave, c’est bien sûr la pollution des sols et des eaux, à cause des lixiviats. Provenant de la décomposition des déchets et de l’infiltration des eaux des pluies, ces jus pollués  drainent les sols et s’infiltrent jusque dans les nappes phréatiques ou ruissellent vers les eaux de surface. La pollution est donc profonde et peut se répercuter loin en aval de la décharge. Potentiellement porteurs de substances chimiques, les lixiviats sont dangereux pour la nature et l’homme, directement en cas de contact, ou indirectement, via la contamination de la chaîne alimentaire.

Une réponse par la loi

La loi relative à l'élimination des déchets ainsi qu'aux installations classées pour la protection de l'environnement a été votée en 1992. Elle prévoit la fin du fonctionnement des décharges pour 2002. Depuis le 1er juillet 2002, les Centres d’Enfouissement de Stockage des Déchets Ultimes (CSDU) ne peuvent accueillir que des déchets ultimes. Ces déchets sont des ordures ménagères que l’on ne peut recycler ni récupérer et dont on ne peut tirer aucune valorisation. Les CSDU sont soumis à un contrôle environnemental très strict pour éviter toute pollution du milieu naturel. Il faut pouvoir réhabiliter le site après son exploitation.

Un CSDU comprend ainsi plusieurs couches de protection et les déchets sont stockés dans des compartiments creusés dans le sol au fur et à mesure des besoins supplémentaires. Les lixiviats sont récupérés et traités tandis que les gaz issus de la fermentation des déchets sont brûlés. Durant l’exploitation du site, et pendant les 30 ans suivant la fin de son exploitation, des contrôles environnementaux doivent être effectués régulièrement.

La loi prévoit trois types de CSDU, les centres d’enfouissement technique (CET),  selon le type de déchets ultimes à mettre en décharge : CET de classe 1, dédiés aux déchets dangereux, CET de classe 2, pour les déchets considérés comme non dangereux et CET de classe 3, réservé aux déchets inertes.

La reprise en main par la loi de la gestion des décharges est une bonne nouvelle pour l’environnement. En effet, on estime que la pollution des sols devrait diminuer de par la meilleure étanchéité des installations d’enfouissement des déchets et les systèmes de récupération des rejets de l’enfouissement. Il reste que ce mode de gestion des déchets n’est pas viable à long terme car elle nécessite des sites de grande taille qui sont ensuite condamnés. La place n’étant pas extensible, des nouveaux sites CSDU doivent être régulièrement ouverts. Le mouvement de baisse de la production de déchets est lancé, mais il faut l’accélérer si l’on ne veut pas finir sous une montagne de déchets…

Claire Sejournet
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