La seconde vie des déchets

Publié le 3 septembre 2009 - Mis à jour le 11 septembre 2015

Le terme de « valorisation des déchets » peut laisser perplexe : à priori, il est difficile d’imagine à quoi peut servir une bouteille en plastique ou une cannette vide, ni ce que l’on peut espérer retirer d’une peau de banane. Et pourtant !

La seconde vie des déchets
La seconde vie des déchets

Chaque année, la France produit 600 millions de tonnes de déchets, toutes catégories confondues (agricoles, municipaux, industriels…), qu’il faut traiter. Etape primordiale, le tri sélectif est le premier pas vers une valorisation des déchets. Les pratiques quotidiennes ont évolué et le tri des ordures est entré dans les habitudes des Français. Mais que deviennent les déchets une fois jetés ?

Les déchets sont temporairement stockés dans une déchèterie, puis une partie d’entre eux partira rapidement vers la filière de valorisation adéquate. Le système de valorisation des déchets permet de leur donner une seconde vie. Elle se fait de deux manières distinctes : soit la valorisation est énergétique, soit elle concerne la matière.

La valorisation énergétique

  • La méthanisation est un procédé naturel de valorisation énergétique des déchets. Dans le cadre d’une production industrielle de biogaz, il s’agit de stocker des déchets organiques dans un container hermétique afin de laisser les bactéries se développer. On produit ainsi jusqu’à 500m3 de biogaz par tonne de déchets, dont 60% de méthane. Un processus d’épuration est nécessaire avant d’être valorisé, notamment comme carburant vert pour les bus urbains.
  • L’incinération est la méthode de valorisation énergétique la plus connue. Elle est extrêmement répandue en France (42% des déchets sont incinérés, Source : Veolia). Ce mode de traitement des déchets concerne certains déchets non recyclables. Ils sont brûlés et l’on récupère l’énergie ainsi dégagée pour produite entre autres de l’électricité.

La méthanisation n’a pas vocation à remplacer totalement l’incinération car tous les déchets ne sont pas susceptibles de subir un tel procédé. Cependant, elle représente une alternative intéressante car elle joue un rôle important dans la lutte contre l’effet de serre et respecte le cycle de carbone (retour au sol des matières organiques via le compost).

La valorisation matière

C’est le recyclage, terme générique qui cache différentes réalités : réemploi, réutilisation, régénération ou recyclage matière et organique. Cela ne concerne que 13% des déchets (Source : ADEME), mais cette proportion augmente.

  • Le réemploi consiste à réparer ou remettre à neuf un produit usagés pour qu’il serve de nouveau. C’est par exemple le principe des bouteilles consignées : nettoyées, elles sont réutilisées pour contenir de nouveau un liquide.
  • La réutilisation consiste à utiliser le déchet tel quel pour un emploi identique ou non. Un pneu de voiture peut ainsi servir de défense à un bateau.
  • La régénération consiste à nettoyer une produit afin qu’il retrouve ses caractéristiques physico-chimiques originelles. Il est alors remis en vente. C’est le cas de l’huile de vidange.
  • Le recyclage matière et organique consiste pour sa part à fabriquer un nouveau produit à partir de déchet. C’est le cas de la fabrication d’un pull à partir de bouteilles en plastique.

Malheureusement, tous les déchets ne sont pas valorisés. En France, 38% des déchets sont encore stockés selon l’ADEME. Il s’agit des déchets ultimes, qui ne peuvent plus ou pas être recyclés, récupérés, valorisés. Ils sont conservés dans les Centres d’Enfouissement de Stockage des Déchets Ultimes (CSDU), installations autorisées depuis 2002. Ces déchets ne sont ni traités ni valorisés et sont une importante et dangereuse source de pollution des sols, de l’atmosphère et des nappes phréatiques.

Claire Sejournet
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