La Terre outragée, un film pour ne pas oublier Tchernobyl

Publié le 13 mars 2012 - Mis à jour le 27 novembre 2012

Le nouveau film de Michale Boganim offre une vision intime de la catastrophe de Tchernobyl. Un film fort qui a reçu le Prix du public pour la Meilleure fiction au Festival du Film International d’environnement.

La Terre outragée, un film pour ne pas oublier Tchernobyl
La Terre outragée, un film pour ne pas oublier Tchernobyl

Il a fallu quelques heures pour que tout bascule. En ce 26 avril 1986, la vie suivait son cours à Pripiat, petit village proche de Tchernobyl. Anya et Piotr célèbrent leur mariage, le petit Valery et son père Alexeï, ingénieur à la centrale, plantent un pommier, Nikolaï, garde forestier, fait sa tournée habituelle dans la forêt… Puis l’accident nucléaire a eu lieu, et rien n’a été épargné. Les populations sont évacuées brutalement. Réquisitionné pour éteindre l’incendie, Piotr ne reviendra pas. La nature subit de plein fouet la pollution radioactive : les animaux des fermes s’agitent et cherchent à fuir, les feuilles des arbres se dessèchent, les poissons du lac flottent à la surface par centaines… Alexeï, condamné au silence par les autorités, préfère disparaître.

 
Dix ans plus tard, Pripiat, ville fantôme désertée par ses habitants, est devenue un no man’s land, gigantesque Pompéi moderne érigé en un étrange lieu de tourisme… Anya travaille comme guide dans la zone, tandis que Valery y cherche les traces de son père et que Nikolaï, lui, persiste à cultiver son jardin empoisonné.

Film de fiction, La Terre outragée retrace l’histoire de destins brisés par la catastrophe. Michale Boganim est allée à la rencontre de ceux qui ont vécu cette journée de 1986 pour écrire un scénario fidèle à la réalité. « À la manière des anthropologues, j’ai vécu avec les gens pour aller vers l’intime », raconte-t-elle. L’événement en soit reste « hors-champ », la réalisatrice ne voulait pas « montrer la catastrophe elle-même. Le défi, c’était de faire un film, de tourner des images sur l’invisible ». A Pripiat, le temps a été vitrifié par l’explosion et s’est transformé en éternité. « Aujourd’hui, c’est comme si la nature avait gagné sur l’homme, avait mieux résisté. Pripiat est devenu un paradis pour les animaux, la forêt a envahi la ville, il y a plein d’animaux sauvages partout, des chevaux en liberté, des loups… La végétation est resplendissante », note la réalisatrice.

Sélectionné dans de nombreux Festivals, La Terre outragée a remporté le Prix du public aux Premiers plans d'Angers et le Prix du public pour la Meilleure fiction au Festival du Film International d’environnement. Retrouvez-le sur les écrans dès le 28 mars.

Claire Sejournet
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