La yourte : vivre sous une tente toute l’année

Publié le 6 septembre 2011 - Mis à jour le 11 septembre 2015

Venue des déserts de Mongolie et porteuses d’authentiques traditions, la yourte est arrivée en France il y a quelques années. Abris temporaire pour les vacances ou résidence principale, elle illustre l’envie d’un retour à un mode de vie plus sain. Mais attention à respecter la loi.

La yourte : vivre sous une tente toute l’année
La yourte : vivre sous une tente toute l’année

Dormir dans une yourte, c’est exotique. La fameuse tente mongole garde de son mystère même lorsqu’elle est solidement arrimée sur un coin de terre de l’Hexagone. On compterait déjà plus de 6000 yourtes dans toute la France, de taille et d’utilisation très diverses. Un phénomène s’affirme : les yourtes habitées à l’année.

Bien souvent, il s’agit de personnes qui ont choisi de façon assez radicale de revenir à la Terre. La vie dans une yourte est en effet beaucoup plus proche de la nature que les habitations en brique. Lorsque la pluie tombe, c’est inévitablement un concert improvisé sur la toile qui sert de toit. Malgré cela, les yourtes modernes offrent un confort assez inattendu pour une maison de toile.

Pouvant atteindre jusqu’à 100 m² et dépasser les deux mètres de hauteurs, les yourtes version campagne française sont à l’image de leur propriétaire : rustiques ou ultrasophistiquées. Cela donne une petite yourte avec une pièce unique ou une grande yourte à plusieurs pièces, avec mezzanine, fenêtres, double vitrage, dôme en plexiglas… Certains intérieurs de yourte n’ont rien à envier aux appartements cossus des villes, mais l’on s’éloigne un peu de la yourte qui fleurit dans les steppes de Mongolie !

Reste un détail de taille à régler avant de se lancer dans l’aventure de la vie dans une yourte : les démarches administratives. En tant qu’habitat atypique, la yourte a eu du mal à trouver sa place entre les lignes strictes du Code de l’Urbanisme, surtout par manque d’information des administrations.

Au regard de la loi, la yourte peut être assimilée à une habitation légère de loisir, que le code définit comme des « constructions démontables ou transportables, destinées à une occupation temporaire ou saisonnière à usage de loisir ». En effet, même les yourtes les plus sophistiquées sont conçues pour pouvoir être démontées, en quelques jours toutefois. Mais par cet article R. 111-31, le Code de l’urbanisme vise principalement les habitations des loisirs. De plus, lorsque ses propriétaires y vivent à l’année, le critère d’occupation temporaire n’est par définition plus rempli.

Le plus simple lorsque l’on désire s’installer dans une yourte est de demander aux autorités un permis de construire. En dehors des lieux de loisirs, les habitations légères de loisir sont en effet soumises au droit commun de la construction (article R.111-32). Autrement dit, leur installation nécessite l’obtention d’un permis de construire, qui est délivré par les autorités compétentes, à leur discrétion. Certaines mairies (puisque c’est à elles qu’il faut demander un permis de construire) se montrent plus ouvertes à accueillir sur le territoire de leur communes des habitats alternatifs, d’autres sont plus réticentes. Il faut donc particulièrement soigner le dossier de demande, et notamment la notice explicative du projet.

L’adoption en décembre 2010 de la loi LOPPSI 2 a été l’occasion d’un vif débat autour des habitats alternatifs, catégorie dont fait partie la yourte. Parmi les arguments de ses détracteurs, un faisait état que la loi interdisait l’installation de yourte ou de tout autre habitat alternatif. Il n’en est rien. La loi n’a pas changé le régime d’autorisation de construction de logements alternatifs, mais elle se fait plus stricte pour les habitations alternatives installées sans autorisation sur un terrain public comme privé. Autrement dit, il devient plus difficile d’éviter des poursuites si l’on décide de monter sa yourte sans autorisation préalable.

Habiter dans une yourte ne dispense donc pas d’être un bon citoyen. Mais une fois les tracasseries administratives passées, plus rien ne vous empêche de profiter de votre yourte, et de vous endormir bercé par le bruit du vent dans les feuilles : même sédentarisée, une yourte reste une tente.

Album photo d’intérieurs modernes de yourtes
Blogs de familles françaises vivant dans une yourte :

http://yoourtalool.canalblog.com
http://khayaa.canalblog.com
http://souslayourte.canalblog.com

Claire Sejournet
Articles du dossier Economie humaine
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