Le bio, c’est l’avenir !

Publié le 5 mars 2012 - Mis à jour le 15 novembre 2012

Ingénieur agronome, Marc Dufumier revient sur quarante années d’observation de techniques agricoles autour du monde. Sa conclusion ? Le bio peut nous sauver !

Marc Dufumier : le bio, c’est l’avenir !

« Le principal responsable de la faim dans le monde, ce sont les inégalités de revenus », assure Marc Dufumier, professeur émérite en agriculture comparée et développement agricole à l’AgroParistech. On vend là où il y a l’argent. « Le Brésil est un grand exportateur, mais une partie de sa population a faim. Quant aux pays qui produisent trop dans les régions riches, ils gaspillent, vendent sur des marchés solvables comme les usines de production d’aliments pour bétail, ou fabriquent de l’éthanol et de l’agrodiesel pour abreuver nos voitures », explique-t-il.

Après avoir parcouru le globe pendant 40 ans pour comprendre et observer les origines et les dynamiques d’évolution des différentes agricultures que les populations locales ont développé, Marc Dufumier présente ses conclusions dans un livre qui veut rappeler qu’une autre agriculture est possible : Famine au Sud, malbouffe au Nord - Comment le bio peut nous sauver (éditions NiL, 2012).

Le problème de la famine n’est pas lié à une carence de production. « Nous avons besoin de 200 kilos de céréales ou équivalent par an et par personne, or le monde en produit 335 kilos ». Alors, pourquoi tout le monde ne mange pas à sa faim ? « Au lieu d’encourager le Sud à développer son agriculture locale pour qu’elle subvienne aux besoins de sa population, on l’oblige à se spécialiser dans le domaine où ils ont des avantages comparatifs », critique Marc Dufumier. Cela créé des échanges inégaux, détruit des connaissances millénaires de techniques agricoles, incite à la monoculture, et rend dépendant du prix des matières premières sur les marchés internationaux.

« Le Sud produit bio par défaut et on ne l’encourage pas dans cette voie. Pourtant, j’ai vu des grandes réussites au cours de ma carrière ». Du bio pour tous et partout, un vœu pieu ? Non, assure le professeur, mais cela nécessite un changement profond de mentalité. Il faut cesser le libre-échange agricole, qui tue la production des petits paysans du Sud en les mettant en concurrence directe avec les agriculteurs du Nord, sur-outillés et bien plus (trop ?) productifs. « Il y a du travail même au Nord. Le futur de l’agriculture française, c’est une agriculture de terroir. Les grandes exploitations sur des centaines d’hectares, c’est fini », prédit-il. Diversité des systèmes de production, diversité des cultures, diversité des systèmes de distribution… L’agriculture doit devenir une agroécologie si elle veut remplir sa mission au XXIème siècle. Il est temps de relever le pari, prévient Marc Dufumier.

Famine au Sud, malbouffe au Nord - Comment le bio peut nous sauver, Marc Dufumier, éditions NiL, 2012

Claire Sejournet
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