L’économie humaine, une autre économie

Publié le 8 septembre 2009 - Mis à jour le 11 septembre 2015

Le petit monde des économistes fourmille. Un nouveau concept est en train de voir le jour : l’économie humaine. Mais comment se l’approprier pour lui donner ses lettres de noblesse ? La question reste entière et pourtant, dans la pratique, l’économie humaine est déjà une réalité.

L’économie humaine, une autre économie
L’économie humaine, une autre économie

On aimerait bien que les économistes soient un peu plus bavards sur leurs derniers travaux, car cela nous rendrait l’économie nettement plus sympathique. Vu de dehors, les économistes sont tous des chantres du néolibéralisme le plus débridé et ne voient dans un individu qu’un consommateur recherchant égoïstement sa seule satisfaction. Dans les faits, ils ont déjà dépassé ce cadre d’analyse et travaillent à un modèle qui serait plus réaliste, prenant par exemple en compte le fait que l’individu est citoyen avant d’être consommateur.

L’économie humaine est le concept qui sert de base à la réflexion actuelle de la majorité des économistes, même si tous ne savent pas qu’ils travaillent dans ce cadre. En effet, l’expression « économie humaine » est récente  et n’est pas encore acceptée par tous. Derrière les mots, il s’agit pour les économistes d’arriver à un modèle économique. Ce dernier implique habituellement une simplification (parfois à l’extrême) du monde et de la société ainsi qu’un travail très mathématisé pour appuyer les thèses par des preuves scientifiques. Les économistes ont l’habitude de créer un modèle et de vérifier ensuite dans les faits s’il est prouvé. L’économie humaine propose de travailler en sens inverse : partir de la réalité pour chercher à créer un modèle. Changer aussi radicalement les règles du jeu n’est pas simple et c’est pourquoi les économistes ont du mal à avancer dans cette direction.
Dans la situation actuelle, il y a donc un concept, l’économie humaine, mais pas de modèle économique pour étayer cette thèse. Etrange lorsque l’on regarde les faits, puisque l’on peut voir fleurir des initiatives, à plus ou moins grande échelle, qui intègrent parfaitement les valeurs et principes de l’économie humaine.

Comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, beaucoup d’acteurs sont déjà rentrés dans l’ère de l’économie humaine, sans en avoir conscience et en n’invoquant modestement que le bon sens. C’est pourtant une vraie révolution qu’ils tentent de mener. AMAP, locavores, décroissants, écolos… Il y a mille et une façon d’agir à son niveau pour remettre l’homme au cœur de l’économie.

(1) Manifeste pour l’économie humaine, Jacques Généreux, 2001

Pour aller plus loin...

 

Le Manifeste pour l'économie humaine de Jacques Généreux

Claire Sejournet
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