Les écoquartiers vus par une éco-architecte

Publié le 6 septembre 2011 - Mis à jour le 26 novembre 2012

Emmanuelle L’Huillier est architecte et s’est spécialisée dans l’éco-construction. Elle revient pour FemininBio.com sur le développement des écoquartiers dans le paysage urbain.

Les écoquartiers vus par une éco-architecte
Les écoquartiers vus par une éco-architecte

Pensez-vous que les écoquartiers soient une nécessité aujourd’hui ?
Les écoquartiers ont toujours été une nécessité ! Ils donnent un sens au fait de vivre en ville, ils créent l’envie de s’y installer, car l’on sait qu’il y a quelque chose à y vivre. C’est le sens même du travail de l’architecte et de l’urbaniste que de faire naître ce sentiment.

Pourquoi assiste-t-on à un engouement pour les écoquartiers ces dernières années ?
Avec l'explosion de l'électricité, de l'énergie et de la voiture, on avait un peu oublié le sens du vivre ensemble. L’habitation, comprise au sens d’installation, s'est individualisée puisqu'on pouvait consommer aisément et se déplacer rapidement, comme et où on voulait. Aujourd’hui, on redécouvre l’importance des liens et des échanges locaux.

Les écoquartiers apportent donc un support concret à ce besoin de vivre ensemble ?
Oui, ils sont une formidable opportunité de prise de conscience pour les concepteurs, les administrateurs et les usagers du vrai sens "d'habiter". Ce n'est pas seulement dormir, aller au travail et regarder la télévision, c'est surtout "s'installer", c'est-à-dire tisser des liens sociaux et économiques locaux. Je pense que le développement d’une économie locale pérenne est aussi important dans un projet d’écoquartier que l’utilisation de matériaux et de techniques de mise en œuvre respectueuses de l’environnement pour les constructions.

Qui vit dans un écoquartier ?
Tout le monde vit dans des écoquartiers en puissance ! Cela n'est absolument pas synonyme de quartier neuf. Les principes de l'écoquartier (ancrage dans le local, mobilité douce, biodiversité urbaine, implication personnelle dans la vie du quartier) peuvent se retrouver dans n'importe quel quartier existant si tant est que les acteurs le souhaitent.

Malgré tout, l’écoquartier n’est-il pas victime d’une image un peu bourgeoise ?
L’image de l’écoquartier comme quartier pour « bobos » émerge lorsqu’on le voit comme un quartier d’habitation où l’on a “vendu” une idée écolo sans penser globalement la ville. En réalité, la mixité sociale apparaît comme impérative, puisqu’il est nécessaire de créer des emplois de services ou d’artisanat et de développer une économie de proximité. Ces activités sont une porte ouverte à l’économie sociale et solidaire. La mixité sociale et économique est la seule garantie de réussite d’un écoquartier.

Claire Sejournet
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