Réduire sa consommation : le pari des compacteurs

Publié le 15 février 2011 - Mis à jour le 11 avril 2011

Fondé à San Francisco en 2006, le mouvement Compact rassemble plus de 10 000 membres à travers le monde et prône le zéro achat de produits manufacturés ( à l’exception des sous-vêtements et des produits d’hygiène bien sûr!).

Hélène Noël, institutrice de 43 ans l’a découvert au détour d’un article de presse il y a deux ans et l’a importé en France en créant une liste de discussion et un blog sur Internet qui attire 2000 visiteurs par mois.
« Je vivais déjà en essayant de ne pas consommer à tort et à travers », confie cette passionnée de brocantes. « A chaque fois qu’on achète quelque chose, on participe à l’épuisement des matières premières, sans parler des déchets et des émissions de CO2 dues au transport. »

Sa fille de 9 ans a vite intégré la démarche. « J’ai fait une entorse en achetant un vélo neuf car je n’en trouvais pas d’occasion, elle m’a fait un scandale ! ». Les vêtements s’échangent entre cousines, les livres s’empruntent à la bibliothèque et le matériel informatique se bidouille. Brocantes, dépôts-vente et sites de dons -type Freecycle- font aussi partie du quotidien. 
Ce n’est pas la course effrénée à l’occasion pour autant. Car l’objectif est aussi de se désencombrer, de « compacter » sa vie pour lâcher prise par rapport au matériel.
«  A chaque envie d’achat, posez-vous la question : en ai-je vraiment besoin? N’y a-t-il pas un autre moyen de me faire plaisir? »

Hélène a de toute façon toujours préféré bouquiner dans son jardin plutôt que faire les boutiques. Mais pour Emeline, la vie sans achats aurait pu rapidement tourner à la frustration. Grande consommatrice de cosmétiques et de magazines féminins, cette jeune maman expatriée en Allemagne a dû tirer un trait sur la mode. L‘occasion de ressortir des placards de beaux vêtements laissés de côté. Pour tenir le coup, Emeline a créé No Shopping, un blog où elle raconte jour après jour la vie sans achats. «Le phénomène bizarre, c’est que je n’arrive plus vraiment à acheter. Rien ne me tente vraiment » écrit-elle. La jeune femme qui s’était fixé pour objectif de tenir 4 mois, a décidé de poursuivre sa « cure de désintoxication » jusqu’à la fin de l’année.

Et si le shopping était une addiction qui se soigne?

Aline Royer
Articles du dossier Economie humaine
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Réaction à l'article
Par syriel le 21 juillet 2009 à 10h05
Bonne idée !

Merci pour cette article fort intéressant. =)

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