Troc de marques : une autre façon de consommer

Publié le 4 octobre 2010 - Mis à jour le 15 novembre 2012

Après les brocantes et vide greniers municipaux, voici que se développent les marchés d’occasion des grandes marques. Reprenant les principes du troc et des brocantes, ces événements s’annoncent comme autant de bonnes affaires pour notre porte-monnaie et de petits gestes pour la planète. Mais ils ne sont pas dénués d’intérêt commercial pour les enseignes qui les organisent.

Troc de marques : une autre façon de consommer

Envie d’authenticité, d’échanger, de faire de bonnes affaires, de trouver la perle rare… les Français aiment les brocantes. Avec l’essor des préoccupations environnementales et l’envie de consommer autrement, les brocantes, vide greniers et marchés aux puces se multiplient dans toute la France, pour les plus grand bonheur des chineurs et collectionneurs, mais aussi pour les flâneurs du dimanche et les curieux. La vente d’occasion a de beaux jours devant elle, et c’est tant mieux !

Les grandes marques de distribution ne s’y trompent pas et s’insèrent peu à peu dans le système déjà bien développé de la vente d’occasion, à travers des événements exceptionnels ou la création de sites d’e-commerce.

Parmi elles, Décathlon fait figure de précurseur. Dès le début des années 1990, l’enseigne lance le Trocathlon. Cette grand-messe du troc sportif se tient deux fois par an, au grand bonheur des vendeurs et des acheteurs. Les uns se débarrassent de leur matériel devenu inutile, les autres font de bonnes affaires. Le principe est simple : vous apportez les équipements sportifs qui encombrent votre garage depuis (trop) longtemps, fixez le prix de vos matériels à l’aide d’un vendeur du magasin et revenez à la fin de la semaine de vente empocher le résultat de vos ventes sous forme de bons d’achats et récupérer les éventuels invendus.

Les autres marques ne sont pas en reste. Dans le domaine culturel, la Fnac a lancé en 2009 la Marketplace, sa plateforme de e-commerce ouverte aux professionnels et aux particuliers, qui peuvent y vendre livres, CD, DVD, CD-Rom, et bien d’autres produits, profitant de la place de choix dont dispose la Fnac dans le paysage des distributeurs de produits culturels. Dans le domaine de l’ameublement, le géant suédois, IKEA, tâte sérieusement le terrain dans divers pays. Son premier coup d’éclat remonte à 2008, quand l’enseigne a organisé à Amsterdam une grande foire au troc, où les Hollandais ont pu échanger des meubles IKEA ou non. L’entreprise réitère aujourd’hui en lançant sur sa terre d’origine un service gratuit de vente en ligne d’occasion de ses produits pour les détenteurs de la carte IKEA Family suédoise.

Coup de pub ou engagement écolo ? Dans une interview au Time, le PDG d'IKEA Suède, Peter Agnefäll explique qu’il s’agit bien d’une action en faveur de l’environnement : les produits IKEA durent longtemps et il faut favoriser leur usage sur le plus long terme. Les fans du géant suédois n’avaient cependant pas attendu que la marque se lance pour développer un commerce d’occasion des produits IKEA, notamment les Suédois avec billyandfriends.se, désormais implanté dans quatre pays.

L’intérêt des grandes marques dans le soutien au marché d’occasion est double : se donner une image plus dynamique, qui dépasse le simple lien commercial, et fidéliser les clients. Décathlon n’y va pas par quatre chemins puisque l’on ne reçoit pas d’argent après un Trocathlon, mais des bons d’achat du montant de nos ventes réalisées. La Marketplace de la Fnac s’insère directement dans son site Internet, où l’internaute est constamment sollicité pour multiplier ses achats. Quant à IKEA, son action paraît à priori plus dénuée d’intérêt, car elle ne gagne rien sur les transactions réalisées sur ses produits d’occasion. Mais l’entreprise compte sur les nouvelles envies de ceux et celles qui décident de réaménager leur intérieur en commençant par se débarrasser de leurs vieux meubles…

Les marchés d’occasion gérés par les grandes marques ont certainement un avenir, et malgré tout, on peut s’en réjouir. Car qu’on adhère à l’idée des brocantes et trocs de marques ou que l’on préfère le vide grenier de sa commune, une chose est sûre : le troc est une histoire sans fin !

Claire Sejournet
Articles du dossier Economie humaine
Envie de réagir ? Je prends la parole
Réaction à l'article
Par lunazen le 1 novembre 2010 à 19h20
Un geste ...

"Les produits IKEA durent longtemps et il faut favoriser leur usage sur le plus long terme." : il dure plus longtemps ? Oui et surtout ils ne sont pas "en piteux état" quand on les démonte et remonte (suite à un déménagement, etc). Le troc, u geste pour l'environnement et pour le porte-monnaie.

Déjà membre? Je me connecte ou Créer mon compte