Un marin sur la terre ferme

Publié le 27 juillet 2011 - Mis à jour le 11 septembre 2015

Les marins qui mettent pied à terre, ça existe. Mais ils ne sont jamais très loin du bord de l’eau. C’est le cas de David Beaulieu, qui après avoir bourlingué autour du monde, a choisi de s’amarrer dans le port de La Rochelle, où il a monté l’association EchoMer, pour protéger la mer… et l’Homme.

Un marin sur la terre ferme
Un marin sur la terre ferme

Pourquoi avoir mis pied à terre en 2001 ?
Au cours d’une traversée de l’Atlantique, j’ai senti que je devais faire quelque chose pour protéger la mer. C’était ma passion, elle m’offrait beaucoup, mais je ne faisais rien en échange. J’ai pensé le projet d’EchoMer sur mon bateau, et c’est tout naturellement qu’une fois de retour sur la terre ferme, je m’y suis consacré. L’association a pour but d’aider à la préservation de la mer. Et comme la pollution est inhérente à l’activité humaine, il s’agit également d’accompagner les réflexions autour de ces questions.

Votre première action a concerné les boites de balles de tennis…
En fait, les boîtes de balles de tennis ont servi de support à notre premier projet, qui visait les piles. Nous avons voulu mettre en place des collecteurs de piles dans les ports de plaisance. Ca n’existait pas, alors que sur les bateaux, il y a un nombre incroyable d’objets qui fonctionnent avec des piles. Et nous avons offert aux plaisanciers des mini-collecteurs étanches, tout simplement des boites de balles de tennis vides, pour qu’ils puissent faire le tri quand ils sont en mer.

Les plaisanciers vous semblent-ils plus sensibles aux démarches écologistes que les autres publics ?
J’aurais envie de dire que oui, forcément, ils sont plus sensibles puisqu’ils évoluent dans un environnement naturel. Mais malheureusement, parfois, ils pensent juste à leur propre plaisir. Il y a aussi des vieilles habitudes qui ont eu le temps de se mettre en place et qu’il faut changer. En fait, je pense surtout que chacun a une sensibilité particulière vis-à-vis de la nature.

Parmi les autres actions que vous avez développées, il y a Textile en mer…
Textile en mer, c’est un projet de développement durable qui donne une seconde vie aux voiles, qui étaient jusqu’alors des déchets non valorisés, tout en s’intégrant au niveau local dans le secteur social, puisque nous travaillons avec une SCOP (Société Coopérative et Participative ). Nous l’avons lancé en 2007, et après deux années de mise en route, le projet est économiquement viable. Les trois piliers du développement durable [écologie, économie, social, NDLR] sont bien présents !

EchoMer fête ses 10 ans, quel bilan tirez-vous de cette décennie ?
Quand je vais au bord de la mer, elle me semble toujours aussi polluée. Mais je sais qu’il y a des progrès et que la dynamique est en route. Ce qui est sûr, c’est qu’au cœur de nos actions, nous avons mis la notion d’exemplarité. EchoMer est une boite à idées, qui met en œuvre des projets pour montrer qu’il est possible d’agir et donner envie à d’autres de nous suivre. Pour revenir à l’initiative Textile en Mer, des projets ont été montés jusqu’en Bretagne.

Qu’est-ce qui attend EchoMer pour les 10 années à venir ?
Il y a beaucoup de projets dans les tiroirs. Notamment celui de recycler les poches à huîtres, qui sont faites en plastique dur et qui pour l’instant ne sont pas du tout valorisées.

Pour un ancien marin, ce n’est pas trop dur d’être à terre ?
Il y a des jours où je me sens totalement coupé de la nature, mais on ne peut pas tout avoir. J’ai fait des choix et je les assume. EchoMer m’occupe beaucoup. Et puis, j’ai trouvé un compromis : j’ai un bateau en copropriété avec un ami, ce qui me permet de prendre la mer quand je ne tiens plus. Certes, ce n’est pas la même chose, mais je m’émerveille toujours autant devant l’océan.

Claire Sejournet
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