Attention aux poulets bio de l’industriel Duc

Publié le 22 novembre 2011 - Mis à jour le 30 novembre 2012

Biocoop dénonce une règlementation européenne trop souple qui favorise le développement d'une bio peu exigeante. Décryptage du cas des poulets "bio" Duc.

Attention aux poulets bio de l’industriel Duc

Le volailler Duc, premier producteur européen de volailles certifiées, a annoncé le lancement prochain de sa première filière de poulets bio : l’industriel qui entend améliorer sa compétitivité dans un contexte difficile, a décidé de se lancer dans le créneau du poulet bio, les consommateurs étant de plus en plus demandeurs de produits issus de l`agriculture biologique.

Afin de satisfaire ses préoccupations commerciales (le volailler accuse une perte nette de 1,91 million d’euros au premier semestre 2011), l’industriel DUC s’est davantage appuyé sur une réglementation européenne trop souple que sur des valeurs d’exigence et de qualité*.

* Source : France 3 Bourgogne (14 septembre 2011) et 26 octobre 2011.

2009 : Dénonciation de la nouvelle réglementation européenne
En 2009, les acteurs historiques de l’agriculture biologique dont Biocoop ou encore la FNAB ont dénoncé la nouvelle réglementation européenne, moins exigeante. Anticipant les risques de dérives d’une bio moins exigeante, ils ont crée le logo Bio Cohérence pour garantir, aux consommateurs, aux producteurs et aux transformateurs, une bio exigeante et de qualité et pour compléter la réglementation européenne.

La filière de poulets bio par l’industriel Duc illustre les conséquences d’une réglementation trop souple
L’industriel Duc exploite le manque d’exigence du cahier des charges européen. Ce dernier permet la réduction du nombre de jours d’élevage et ne contraint pas au lien sol. Ainsi :

  • Les poulets bio du volailler DUC seront abattus à 70 jours (au lieu de 81 jours prônés par les différents opérateurs Bio et Label Rouge).
  • Ils seront élevés dans des fermes potentiellement non bio pour le reste de leur production et ne seront donc pas nourris en équivalence avec des céréales bio, produites dans ces fermes.

La FNAB rappelle dans son communiqué du 26 octobre que : « le prix de vente consommateur est défavorable aux producteurs. En effet, ceux-ci tirent un plus faible revenu d’un poulet abattu trop jeune et l’auto-production de céréales bio pour l’alimentation aurait été pour eux une assurance contre la volatilité des prix de l’aliment bio. »

Biocoop qui s’engage depuis près de 25 ans pour le développement de l’agriculteur biologique en France, construit, en partenariat avec des groupements de producteurs, des filières bio durables et équitables. Concernant la filière viande bio, Biocoop la construit dans ce même esprit d’équité et de pérennité depuis près de 10 ans avec des exigences qui vont au delà de la réglementation européenne. La démarche de Biocoop est globale tant au point technique, social et qu’économique :

  • Ferme 100% Biologique
  • Abattage des poulets à 84 jours minimum
  • Lien au sol obligatoire d’au minimum 50%
  • Alimentation 100% bio des poulets
  • Élevages à taille humaine
  • Intégration de critères sociaux et économiques

Biocoop, la FNAB et ses partenaires, au travers du logo Bio Cohérence mettent en place un cahier des charges dont les exigences visent au développement d’une agriculture biologique cohérente, la construction de filières durables pour les producteurs/transformateurs et le développement de produits bio de qualité pour le consommateur. Plus d’informations sur la viande bio selon Biocoop

La rédaction
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