Ouverture

Barbara Steudler: "Ce que j'ai appris des indigènes Paiter Surui"

Publié le 30 septembre 2017
Barbara Steudler est la fondatrice de l’association NiceFuture. Elle a développé en Suisse un vaste réseau de personnalités économiques, politiques, de représentants de la société civile et des milieux académiques engagées pour penser la transition. L'organisation organise le forum G21 destiné aux leaders d’opinions et développe le programme NiceFuture Transition pour mettre en relation des initiatives de transition écologique et les professionnels de son réseau.
Barbara Steudler, fondatrice de NiceFuture
Barbara Steudler, fondatrice de NiceFuture
© DR

La directrice et cofondatrice de NiceFuture nous fait le récit de son voyage en Amazonie, au cœur d'une population indigène du Brésil qui n'a établi son premier contact avec notre civilisation qu'en 1969.

L’association NiceFuture s’est créée en Suisse dans le but d’encourager chacun à contribuer à l’émergence de ce nouveau monde, par ses choix et ses actes conscients traduits dans un nouveau rapport à la matière et à la nature. L’année 2016 restera marquée par notre voyage en Amazonie auprès des Paiter Surui, peuple indigène ayant établi son premier contact avec notre civilisation il
y a seulement quarante-cinq ans.

Nous avons pu vivre avec eux sur leur territoire de 250 000 hectares de forêt tropicale encore préservée à plus de 95 %. Quinze jours paraissent peu, mais ce fut suffisant pour comprendre à quel point ils vivent l’harmonie tant recherchée avec la nature et l’incarnent à chaque instant. De là découle la grande leçon de ce séjour : le bonheur est un effet secondaire de cette recherche d’harmonie continue. Cela passe chez eux par un chemin d’acceptation de ce qui est là, sans jugement.

Par exemple, si l’un des membres de la communauté ne se comporte pas de façon adéquate, il ne va pas être condamné par les autres, comme nous le ferions de notre côté. À travers des réunions, ils vont tenter de se réharmoniser en incluant sans jugement celui qui aurait "fauté". Ils ne le considèrent pas coupable, mais estiment que l’ensemble du groupe ne vit plus dans une harmonie commune et que cette dysharmonie s’est manifestée à travers l’un d’entre eux. Il n’existe ainsi pas de mauvaise personne intrinsèquement.

En définitive, ils ne sont pas limités par les frontières de l’individualisme, ils sont en lien permanent. Et cette conscience de l’ensemble ne s’arrête pas aux humains. Leurs sens et leurs perceptions de la nature leur permettent de sentir de multiples liens avec les animaux, les arbres et les mondes invisibles.

Si la société de demain appartient à la diversité, nous avons tant à apprendre d’eux pour repenser notre vivre-ensemble ! Les Paiter Surui nous font comprendre que nous ne détenons chacun qu’une partie de la vérité, ils nous apprennent de quelle manière nous enrichir en réunissant nos visions et nos sagesses, ceci dans le but de créer une réalité commune plus vaste que nos horizons.

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