Comment je trie, moi ?

Publié le 23 juillet 2008 - Mis à jour le 30 novembre 2012

Un individu produit 360 kg de déchets par an (chiffres de 2002), dont 70 kg sont recyclés, et 290 kg sont incinérés ou stockés. Cette quantité de déchets coûte 85 euros par personne et par an. Mais au-delà des chiffres, voyons plus en détail ce qui peut poser problème dans les comportements de tri et de recyclage…

Comment je trie, moi ?

Le tri est l’un des premiers gestes effectués lorsque l’on commence à être sensibilisé aux problématiques environnementales.

Pour preuve, le tri des déchets apparaît en seconde place dans le “TOP 15 des écogestes les plus cités” réalisé par l’Argus de la presse (spécialiste de la veille et des études médias) en collaboration avec l’ADEME depuis mars 2007 (voir les 3 premiers mois de 2008).

Pour prendre un exemple très concret, j’avoue avoir été troublée il y a quelques mois quand nous sommes redescendus de Paris à Bordeaux avec mon ami : dans le genre “sensibilisés”, je crois que nous sommes pas trop mal placés… or plusieurs choses nous ont surpris :

  • Dans le XVIII ème arrondissement de Paris, le tri existe depuis longtemps et les poubelles de tri dans l’immeuble.
  • A Bordeaux, les choses avancent peu à peu : pour prendre un exemple, en décembre dernier il n’y avait pas de poubelle de tri dans une rue située dans le quartier historique et donc les habitants devaient marcher sur un petit kilomètre avant d’atteindre les bacs de tri pour le verre et le papier.

Concernant la couleur des bacs de tri, là aussi  les choses ne sont ni uniformes ni faciles pour ceux qui veulent faire des efforts :

  • A Paris, il y a un code couleur tel que jaune = papier et emballages, vert = verre et du gris = tout le reste.
  • A Bordeaux, il y a du vert foncé pour le tri des papiers et emballages, les bornes de tri pour le verre ne sont pas encore uniformément réparties dans la ville - elles sont en bleu - et pour le reste, c’est aussi en gris avec généralement un gros autocollant indiquant “ordures ménagères” puis le numéro de téléphone à composer en cas de doute.

Qui plus est, malgré la campagne de sensibilisation menée par la collectivité à Bordeaux, le message ne passe pas facilement…

Beaucoup de gens sont plein de bonne volonté mais sont rapidement découragés! Dernier exemple en date à Bordeaux : lors d’une soirée de blogueuses mi-mai, plusieurs nanas “non écolos” mais “sensibilisées” et ayant l’envie d’agir étaient surprises que le tri ne soit pas plus facile dans leur cité.

Pourquoi les choses ne sont-elles pas uniformes au niveau national ? Un début de réponse est donné sur le site de la collectivité urbaine du Grand Lyon… mais il faut bien se renseigner avant de trouver une explication fiable…

Qui plus est, ce très bon article de Guillemette Faure publié fin mai sur Rue 89 explique bien que “les erreurs représentent près d’un cinquième des tonnages de tri sélectif, de 8% dans les coins à habitat pavillonnaire où chaque habitant a son bac jusqu’à un quart dans les communes à “habitation verticale”.

 
Paradoxalement, la plupart des erreurs ne sont pas le fait de personnes négligentes qui jettent leurs poubelles dans le premier bac venu mais sont plutôt dues à de l’excès de zèle des trieurs".

Parmi les déchets qui posent problèmes : le plastique, la céramique, mais aussi les “sculptures” de certains pour gagner de la place.. Puis surtout : videz les contenants, mais ne lavez pas le verre que vous jetez (grand débat que cette question d’ailleurs!).

Car une erreur de tri suffit à envoyer au refus un bac entier: comme le souligne Bruno Genty, de France Nature Environnement, “le tri, ce n’est pas sans impact, ce sont des camions qui tournent. Quand il y a des erreurs, ça rallonge encore le transport, quand les refus de tri repartent en décharge ou en incinération.”

 
Car oui, les déchets, ce ne sont pas que les poubelles, mais une infrastructure logistique et des coûts de transports important (financièrement et écologiquement parlant!).

Alors comment faire, dans ces conditions ?

Plusieurs solutions s’offrent à vous :

  • Le bon sens : limiter un maximum les déchets “à la source”, i.e. lors de chaque achat, demandez vous si oui ou non vous pouvez réduire le nombre d’emballages et de déchets à venir après consommation du produit acheté. Ces emballages sont-ils vraiment utiles?

 
Et surtout : qu’est-ce qui m’empêche de refuser systématiquement les sacs plastiques qu’on me donne d’office? Pourquoi ne pas arborer un joli sourire et dire “non c’est bon, pas pour moi merci, je fais attention vous savez…”

  • Se renseigner en détail sur le tri et sur les dispositions de votre communauté urbaine (en charge du tri) : mais comme le rappellent Alexandra et Stéphanie, les axes de progrès sont énormes et les collectivités doivent “soutenir les entreprises en amont pour réduire les déchets via l’écoconception et pour développer le principe de réemploi des produits”, mais aussi “acheter des produits éco responsables pour avoir un effet de levier positif sur le marché” et “sensibiliser les consommateurs encore et toujours”.

Chacun doit faire des efforts en somme, chaque partie prenante doit inciter l’autre!

  • Réfléchir ensemble à des solutions innovantes : comme nous l’explique Elvire (les inveteurs), “la ville de Philadelphie, à travers l’entreprise Recycle Bank, offre à ses citoyens la possibilité de gagner des bons de réductions pour des produits d’entreprises partenaires de l’opération (Whole Foods, RiteAid, Starbucks, mais aussi de nombreuses entreprises locales)… et cela,  pour le simple fait de jeter ses déchets dans les poubelles qui convient“.

Ce concept est en fait proche du système de pesée-embarquée (système qui a par exemple permis, dans une commune du Haut Rhin, de passer de 400 kg à 96 kg de déchets par an et par habitant), sachant que le succès de l’initiative menée à Philadephie par Recycle Bank encourage de nombreuses autres villes améircaines à se lancer dans des expériences similaires.

Même si le système est critiqué car il a parfois encouragé certains citoyens à recourir à de la décharge sauvage, il est somme tout très incitatif et…instructif vu que tout le monde y gagne!

Enfin, à signaler avant de conclure : deux initiatives lancées par des blogueurs: l’une par Boris Perchat donc nous parlions il y a deux jours via l’opération "1 million de dvd pour la planète.com". Cette fois-ci, il s’agit du projet Open Future destiné à mener une réflexion de concert afin de trouver des solutions innovantes. La première série de propositions concerne justement les questions de recyclage!

Autre projet : le “RecyclingPin“, sorte de post-it électronique que les webmaster et blogueurs peuvent mettre sur leur sites/blogs pour rappeler à leurs lecteurs la fameuse règle des 3 R: Réduire, Réutiliser et Recycler !

Pour aller plus loin sur le Web :

 Cet article est tiré du blog Ecolo Info qui a pour vocation d'informer sur l'écologie, le développement durable et l'environnement.

Anne-Sophie Novel
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