Commerce équitable

Le commerce équitable : un commerce gagnant-gagnant

Publié le 13 mai 2016 - Mis à jour le 17 mai 2016
La banane, un fruit facile à trouver en version équitable
La banane, un fruit facile à trouver en version équitable
© Pixabay

Avec une croissance à deux chiffres, le commerce équitable affiche une bonne santé sur le marché français. Un signe encourageant de l'engagement militant des consommateurs, qui cherchent aussi à se faire du bien : la convergence avec la bio se renforce. Le commerce équitable ? On a tous à y gagner !

« Il faut harmoniser l'humanisme et l'économie réelle ». C'est le credo de Claude Gruffat, président de Biocoop, le réseau engagé de distribution alimentaire bio. Et ça tombe bien, car avec la Quinzaine du Commerce équitable qui commence ce week-end et durera jusqu'au 29 mai, c'est toute la filière Commerce équitable qui est mise à l'honneur. Une filière engagée, dont la démarche économique équitable a vocation à s'élargir mondialement. Ambitieux ? Et pourquoi ne pas voir grand quand on est convaincu de participer à un projet porteur de sens pour tous ? D'autant plus que  les chiffres y encouragent.

Entre 2012 et 2015, la croissance du marché du commerce équitable a été de 72 %. Un chiffre incroyable dans un contexte économique morose, mais qui montre l'importance croissante de la logique de consomm'action dans la société et qui s'explique aussi par l'apparition du commerce équitable Nord-Nord depuis 2014, qui valorise le travail des producteurs français.

Le commerce équitable, c'est quoi au juste ?
Dans la logique du commerce équitable, acheteurs et producteurs s'accordent sur un prix d'achat des matières premières, indépendamment des cours en bourse, de sorte que ce prix d'achat soit juste et permette au producteur de se projeter à long terme dans son activité. C'est ainsi qu'il peut envisager d'investir pour développer son activité et se projeter à long terme. De plus, l'acheteur verse des primes aux producteurs pour les aider à concevoir des projets de développement local : une école, un dispensaire, un grenier à graines… Les producteurs apprennent également à s'investir pour la chose commune, puisqu'ils participent à animer les coopératives locales. Ainsi, en favorisant le développement local, le commerce équitable valorise les savoir-faire traditionnels et réduit l'exode rural. Les communautés autochtones se renforcent tout en s'intégrant dans la mondialisation. 

On est cependant loin d'un monde de Bisounours ou d'une quelconque forme de charité. Les acteurs qui s'engagent sont certes animés par la volonté de participer à changer le monde, mais les logiques économiques sont bien présentes. Seulement, au lieu de se laisser guider par les lois du marché, les acteurs du commerce équitable se basent sur la confiance. Et il en faut tout au long de la chaine : pour créer des partenariats durables et utiles à toutes les parties, pour investir dans des projets de long terme qui peuvent changer les conditions de vie des producteurs et paysans, pour s'assurer de la qualité des produits proposés et pour décider d'acheter un produit labellisé plutôt que conventionnel, parce que l'on connaît l'engagement qu'il porte.

Tous consomm'acteurs
La demande de produits issus du commerce équitable croît, « mais nous sommes loin de la maturité du marché », assure Julie Stoll, déléguée générale de la Plate-forme pour le Commerce équitable. Qu'on en juge : les Français consomment chaque année presque 10 euros pour l'achat de produits labellisés équitables, contre 31,42 euros en Suède, 49,76 euros en Irlande et 58,02 euros en Suisse (le bon éléève de la classe). L'Hexagone est néanmoins loin devant la République tchèque (0,70 euros par an par personne), l'Italie (1,50 euros) et même, dans une moindre mesure, la Belgique (5,48 euros).

Le point positif, c'est la notoriété du label, désormais connu par 99 % des Français. Il faut dire que le commerce équitable est très présent en grande et moyenne surface, là où la majorité des Français fait encore ses courses. Sa visibilité en est renforcée. Notons néanmoins l'émergence des magasins bio comme lieux de distribution des produits équitables : entre 2012 et 2015, leur part dans les ventes est passée de 15,6 % à 22,6 %. Une croissance logique lorsque l'on sait que le commerce équitable et la bio convergent de plus en plus. En 2015, 71,2 % des produits labellisés équitables dans le cadre des échanges Sud/Nord étaient aussi bio ! Ce pourcentage atteint 100 % dans le commerce équitable Nord/Nord.

Pour aller plus loin, c'est aux citoyens de passer à l'action. La 16ème édition de la Quinzaine du Commerce équitable va dans ce sens, en invitant chacun à devenir Ambassadeur du commerce équitable. Avec les Equi'Tables du printemps, organisez des apéros équitables et faites connaître à vos proches, vos amis, vos voisins cette démarche économique éthique et responsable. Entre convivialité et gourmandise, le message passera certainement !

Tout le programme de la Quinzaine du Commerce équitable
Tout savoir sur les Equi'Tables du printemps

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