COP 21

COP 21 : 5 questions à Vaia Tuuhia

Publié le 4 décembre 2015 - Mis à jour le 7 décembre 2015
Vaia Tuuhia est déléguée générale de l'association 4D (dossier, débat, développement, durable)
Vaia Tuuhia est déléguée générale de l'association 4D (dossier, débat, développement, durable)
© Vaia Tuuhia

Décrypter, démontrer, faire se rencontrer… au sein de l'association 4D (dossier, débat, développement, durable), Vaia Tuuhia conduit les projets internationaux, motivée par l'idée de faire émerger des solutions collectives. Car demain se construit ensemble !

Quelle problématique est la plus urgente à vos yeux pour cette COP21 ?
L'engagement de tous. Tous les pays, tous les acteurs... Les décisions qui seront prises ne pourront être réalisées que par l'action des villes, des territoires, des citoyens, des filières, des entreprises, des "change Makers"...  Mais s'il y a tous les pays, les mauvais élèves ne pourront plus se dédouaner, comme c'était le cas avec le protocole de Kyoto. C'est un point de départ nécessaire pour construire une vision plus équitable. 
Face à l'urgence climatique, quel pays vous semble avant-gardiste et quel pays vous parait en danger ?
Les meilleures contributions sont parmi les pays africains en développement : il y a une volonté de leur part de prendre en main un futur qui ne sera pas la réplique du 20e siècle. Et cette COP 21 est un tournant important pour les modes de développement : d'autres énergies, d'autres agricultures, d'autres modes de consommer et produire, d'autres approches de l'innovation, d'autres richesses et bien être...  Il y a une densité dans les déclarations qui me permet d'espérer que ce ne sera pas que sur le papier ! Néanmoins, j'ai entendu des îles demander que les terres risquant d'être englouties comptent toujours dans leurs zones territoriales, et j'ai trouvé cette perspective très triste. Qu'elles l'envisagent et recherchent déjà un dispositif juridique. 
Il y a aussi une contribution particulièrement faible de l'Union européenne, des positions très conservatrices des pays les plus émetteurs. Mais à l'inverse une société civile qui marque sa présence dans le processus. Ils ont dit "trouvez le cadre, on fait le reste" . 
Quels sont les choix citoyens qui permettraient de sauver la planète ? 
L'ouverture, l'empathie, le respect de l'autre... Il va y avoir des temps d'apprentissage, car les changements que nous aurons à faire doivent démarrer dès à présent et tenir longtemps. Il n'y a pas un chemin mais des chemins que chacun peut prendre selon sa situation de vie, sa culture, ses moyens, ses difficultés... Notre étude nous montre que la somme d'actions propres à chacun permet de mieux coller à une division par deux des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial que de plaquer des solutions moyennes à des individus moyens. Qui n'existent pas d'ailleurs.
Mais cela signifie un sursaut démocratique, une reconnaissance commune des enjeux, un accompagnement du changement. Et donc plus de dialogue, de souci du collectif... Peut être que le premier pas serait d'entrer en résistance contre le cynisme ambiant qui nourrit des visions courtes et individualistes. 
Quel peut être l'engagement féminin pour le climat ?
Les négociations traitent de financements, de technologie... Et malheureusement l'éducation est la grande absente. 
Ce n'est pas de notre seule responsabilité mais nous sommes importantes dans la transmission à nos enfants, à nos proches, du respect de la nature, de l'autre, du dialogue... il n'est pas évident de comprendre que nos actions émettent des émissions qui ont des impacts pour des habitants de pays lointains. La culture de l'autre est en ça précieuse et les femmes peuvent la porter. 
Les citoyens pensent-ils le climat différemment des chefs d’État ?
Les citoyens ne se projettent pas dans des relations diplomatiques. Ils essayent déjà de comprendre ce que ça signifie au quotidien à leur échelle de lutter contre le changement climatique ou de s'adapter. C'est mal expliqué. Le message véhiculé est celui de la privation et non celui de la progression, mais c'est en train de changer. Les citoyens donnent de la chair et une âme à l'urgence, au manque d'ambition. Ils sont nombreux ceux qui veulent aussi contribuer au changement, en commençant déjà par eux même ou en innovant. L'innovation sociale est une clé, les états sont des grosses machines qui prennent du temps. Les citoyens peuvent être source d'accélération, d'expérimentation. 
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