Copenhague : jour 1, on prend la température

Publié le 8 décembre 2009 - Mis à jour le 12 décembre 2012

Me voilà arrivé à Copenhague après un long voyage en bus. En effet, impossible de prendre l'avion pour rejoindre une ville concernée par le réchauffement climatique, qui accueille pendant ces 12 jours de décembre COP15, le sommet de l'ONU sur l'environnement. Les dirigeants du monde entier vont devoir mettre en pratique leurs discours, pour décider des accords internationaux post-2012, qui feront suite aux accords deKyoto.

A peine arrivé à mon hôtel, un groupe de jeunes rentre en même temps que moi : ils affichent tous des T-shirts « Greenpeace ». Je prends place dans ma chambre avant d'entamer ce lundi 7 qui annonce le début des meetings. Partout dans l'hôtel les gens ne parlent que d'environnement,d'écologie, d'agriculture, de bio... Toutes les langues se mélangent, les cultures se côtoient. Je rencontre un malien d'une institution environnementale africaine puis des jeunes participant au WWF. La motivation est là, l'ambiance est énergique.

Le temps est gris, menaçant et je me dirige aussitôt au Bella Center où l'ONU préside. Le métro aérien traverse des quartiers résidentiels enconstruction en dehors de Copenhague pour déboucher sur une nouvelle zone urbaine en développement. Du train on aperçoit au loin une éolienne et une sculpture géante de la statue de la liberté qui - je ledécouvrirais plus tard – représente le monopole américain dans l'exploitation et l'utilisation du pétrole. Le paysage est parsemé de champs en friche et de bâtiments en construction où les grues annoncent la couleur de cette nouvelle zone d'affaire. Le lieu est plutôt étonnant pour y tenir un sommet environnemental...

Dès ma sortie du métro d'autres sculptures s'enchaînent, aussi glauques les unes que les autres, montrant des cadavres marchant dans l'eau ou encore la Mort dominant le monde....Je suis enchanté ! Je me sens vite mal à l'aise et les pro-nucléaires, qui brandissent des pancartes «combattons le réchauffement grâce au nucléaire », rajoutent à un sentiment de melting-pot écologique incontrôlé à cette entrée de meeting. Il faut dire que le lieu est surprenant : le Bella Center est loin d'être « Bella », c'est en fait un hangar en tôles ondulées entouré de grilles, le long de laquelle une foule immense se presse pour entrer. On se croierait en pleine guerre mondiale et les policiers en uniforme, autant que les installations « artistiques » de lumières rouges clignotantes, rajoutent du décor à cet univers rappelant Berlin en temps de guerre froide. Mais peut-être va-t-on justement briser à nouveau un mur d'aveuglement ? Je l'espère... Derrière les grilles, j'aperçois une maison à énergie passive et « écolo » ainsi qu'un hangar avec des voitures « écolos » aussi, bien-sûr. On annonce quelques heures d'attentes : j' interroge les gens et tout ceux qui sortent semblent déçu de l'accès aux meetings. Je reprends donc le métro, direction le centre-ville.

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Matyas Le Brun
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