Où en sont les Français en matière de consommation durable ?

Publié le 12 avril 2011 - Mis à jour le 30 novembre 2012

Selon l'étude du cabinet Ethicity sur "Les Français et la consommation responsable" (enquête publiée le 31 mars 2011*), les Français cherchent à consommer mieux, dans un objectif  de santé et de bien-être des leurs et d'eux-mêmes. Mais si le développement durable est une priorité pour 71% d'entre eux, 60% demandent davantage de preuves de la qualité des produits et une meilleure visibilité des informations.

Où en sont les Français en matière de consommation durable ?
Où en sont les Français en matière de consommation durable ?

Les Français privilégient leur santé et le bien-être de leur famille
Malgré la crise, les consommateurs sont prêts à "consommer responsable" pour réduire leur impact sur l'environnement, mais surtout, pour leur santé et celle de leur proches. Selon une étude menée par WEI pour Max Havelaar, la crise a même renforcé l'intérêt des Français pour le commerce équitable, car "les thèmes fondamentaux du commerce équitable sont désormais en résonance avec les problématiques et les expériences sociales quotidiennes des Français". Dans tous les domaines, le marché du bio et les comportements responsables ont progressé en 2010. La vente de produits alimentaires issus de l'agriculture biologique a augmenté de 10% par rapport à 2009 (source Le Monde du 31.02.11) et le chiffre d'affaires du marché de la cosmétique naturelle et biologique en France a progressé de 11% entre 2008 et 2009. Quand à la bicyclette, longtemps synonyme de loisir, elle est de plus en plus utilitaire, fin 2010, on recensait 160 000 abonnés au Velib' à Paris (rapport "Les Chiffres de la consommation durable", mes courses pour la planète).

Mais, si 59% des Français considèrent que leur environnement (pollution, réchauffement climatique) peut avoir des conséquences sur leur santé et sont prêts à prendre de nouvelles habitudes de consommation, ils sont aussi de plus en plus exigeants en matière de transparence et de visibilité. Malgré la démocratisation du bio dans les hyper et supermarchés (Hausse de 14% du CA  pour l'alimentaire bio par rapport à 2009, selon Nielsen ScanTrack), 54% d'entre-eux ne croient pas les marques lorsqu'elles s'engagent en matière de développement durable et réclament des preuves de qualité (source Ethicity).

Des consommateurs en quête de qualité et de transparence
Selon Elisabeth Pastor-Reiss, Présidente d'Ethicity, dans le cadre d'une consommation plus raisonnée, "les Français souhaitent disposer d'une information claire et fiable qui leur permette de faire un choix éclairé lors de leurs actes d'achat". Pour 80% d'entre eux, les hypermarchés ont un rôle d'information sur les produits en magasin.C'est ce que prévoit l'article 228 de la Loi Grenelle 2, qui vise à mettre en place une meilleure visibilité de l'impact environnemental des produits de consommation courante. Dans cet objectif, l'Agence de l'Environnement et de la Maitrise de l'Energie (ADEME) et l'Association Française de Normalisation (AFNOR) ont réunis le ministère de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement, des ONG spécialisées dans l'environnement, des fabricants et des distributeurs, afin de réfléchir à la mise en place d'un système d'étiquetage environnemental au niveau national.

L'expérimentation de l'affichage environnemental produit à partir de Juillet 2011
L'affichage environnemental sera expérimenté dès juillet 2011 et concernera non seulement les produits, mais également leur emballage. Les informations porteront sur des critères comme l'émission de CO2 ou encore la consommation de ressources naturelles. Il incombera aux fabricants de récolter les données relatives à l'impact des produits sur l'environnement afin de les transmettre aux distributeurs, chargés de les diffuser.

Quel bilan de la politique nationale en faveur de la production biologique pour 2010 ?
En dépit d'une augmentation de 25% du nombre de producteurs bio en 2010 (rapport "Les Chiffres de la consommation durable", mes courses pour la planète), l'agriculture bio est la grande perdante de cette évolution des mentalités. L'objectif du Grenelle de l'environnement, qui prévoyait que 6% des terres agricoles françaises se consacrent à l'agriculture biologique en 2012 et 20% en 2020, a peu de chance d'être atteint. On est, à ce jour, encore loin du compte, avec à peine 3% de la surface agricole totale française cultivée en bio, la France est 5è en Europe, loin derrière l'Italie ou l'Espagne.

A ce titre, les politiques publiques françaises en faveur du développement de l'agriculture biologique manquent de cohérence: incertitudes quant à la mise en place d'un nouveau crédit d'impôt bio pour les plus petites fermes, absence de dispositif officiel concernant les aides à la conversion de la Politique Agricole Commune 2011, ...Là où Isabelle Saporta, journaliste et auteur du Livre noir de l'agriculture, dénonce une "logique shadockienne" de l'Etat, la Fédération Nationale d'Agriculture Biologique des Régions de France (FNAB) déplore le "rabot général sur le budget de l'agriculture biologique" et demande des garanties sur le long terme.

* Résultats de l'enquête Ethicity menée par Kantar Media Intelligence auprès d'un panel représentatif de la société française de 3557 individus âgés de 15 à 74 ans. Enquête terrain auto-administrée par voie postale du 15 février au 10 mars 2011.

Pour aller plus loin :

www.ethicity.net - www.blog-ethicity.net
www.fnab.org
http://affichage-environnemental.info

 

Agathe Thine
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Réaction à l'article
Par lunazen le 18 avril 2011 à 11h55
A lire

Article intéressant. Les consommateurs s'interrogent de plus en plus et tant mieux. Maintenant, on consomme de plus en plus bio mais le gouvernement octroie plus d'aide au secteur conventionnel, ce n'est pas juste !

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