Artiste

Estelle Brattesani : son spectacle invite à l'estime de soi et au respect de la vie

Publié le 10 mai 2013 - Mis à jour le 3 juillet 2017
Curieuse de tout, piquée d'écriture. Ex-responsable édito de FemininBio, blogueuse empathique aimant raconter la vie des autres @parisbylight.
Rencontre avec Estelle Bratessani
Rencontre avec Estelle Bratessani

Estelle Brattesani est auteure, comédienne, chanteuse passionnée d'écriture depuis toujours. Sa dernière oeuvre : une pièce de théâtre nommée "les deux faces de la Lune". Rencontre.

Après des études de droit international, Estelle Brattesani décide de se consacrer à sa passion : l'art.

Racontez-nous votre parcours

Lorsque j'étais étudiante à la fac en droit international, je chantais dans un cabaret le weekend et je prenais des cours de danse et de théâtre. Avec plus de trente heures hebdomadaires à l’université, les devoirs et les révisions, des nuits courtes répétées pour m’épanouir artistiquement, je vous laisse imaginer mon état physique après des années à cette cadence.

Un beau jour, je me suis retrouvée sans voix sur scène alors que je me déchaînais sur une chanson de Piaf, puis près de deux mois alitée… Ce repos forcé a été un déclic et m’a obligé à faire un choix : le droit, ou le milieu artistique ? La sécurité, mais au prix d’un ennui sans borne, ou la créativité, au prix de lendemains incertains ?

Le moment où j'ai décidé de choisir la seconde possibilité fait partie des meilleurs moments de ma vie. Je suis alors devenue intermittente du spectacle. J’ai vraiment vécu ces événements heureux comme une récompense de la vie pour avoir pris ce risque. Je m’étais donnée tout de même une limite : si à 25 ans, je n’avais pas "réussi", je reprendrais le droit chemin des études. J'ai 33 aujourd’hui et j’ai toujours la flamme en moi, de plus en plus grande ! Et plus je n'ai plus du tout la même idée de la notion de "réussite". 

Quel est le thème de votre pièce "Les deux faces de la Lune" ? 
Le réveil de la conscience… avec humour ! C’est pourquoi certains ont dit de mon spectacle qu’il était "une comédie philosophique" ou "une prière humoristique". Pour résumer : Léna, une trentenaire égocentrique, matérialiste et agressive se lève un beau matin très agacée par son petit ami qui a entrepris un voyage de 3 semaines dans le désert. Elle se sent complètement abandonnée. Alors qu’elle croit qu’elle va pouvoir oublier ses angoisses grâce à son travail, les sorties et les flirts parallèles, elle se retrouve coincée chez elle sans aucun moyen de communication. C’est alors que vont commencer ses 3 semaines de désert à elle, en plein centre-ville.
Le public vit en direct l’ouverture du cœur et de l’esprit de cette jeune femme, partagée jusqu’au bout entre sa partie obscure et sa partie lumineuse. Tout cela en oscillant entre rêve et réalité, avec drôlerie et émotion, animé par des voix off et quelques touches musicales.
Votre pièce est "une invitation à l'estime de soi et au respect de la vie". Quels messages souhaitez-vous faire passer ?
"Aime-toi toi-même pour pouvoir aimer autrui ". Je pense qu'une fois que l'on est bien dans ses baskets, on a envie que tout le monde le soit. On a maintes fois entendu ce discours mais quand je regarde autour de moi et en moi, je vois qu’il y a encore du boulot ! Cela demande une remise en question consciente qui n’est pas de tout repos, une véritable "traque" de nous-même.

Certains préféreront la psychanalyse, d’autres essaieront des méthodes de développement personnel alternatives. Le mot "aimer", s’il peut sonner mièvre et donner des boutons au début, sera prononcé sans raillerie et deviendra onguent… Mais encore faut-il le souhaiter. Comme le dit la voix de la conscience dans le spectacle à Léna, "si tu veux aimer, tu aimeras "… 

Pourquoi avoir choisi d'adapter le roman de Katherine Pancol " Les hommes cruels ne courent pas les rues" ? 
A l’époque, j’avais des questionnements plus psychologiques que spirituels, philosophiques ou politiques. Je m'interrogeais beaucoup sur la relation amoureuse, les raisons et l’analyse de l’instabilité affective. Ce livre de Katherine Pancol exprime très bien le lien qu’il y a entre notre vision de l’amour et l’image transmise par nos parents. 

A travers notre éducation, nous recevons des "bagages" parfois lourds à porter qu’on se doit de rendre à leurs propriétaires s’ils nous heurtent toujours une fois adultes et nous empêchent de nous épanouir. Cette pièce a été pour moi une première étape nécessaire vers cette transition intérieure. J'ai ensuite fait un bilan. Pendant 2 ans, je me suis demandée quelles étaient les sept valeurs essentielles auxquelles j’aspirais. Cette réflexion a abouti à mon premier livre intitulé "Mes 7 Alliés Capitaux ".

D'où vous vient votre inspiration ?
La première source qui me vient est le rêve… J’écris chaque jour mes rêves et ils sont souvent remplis de messages ou de mélodies que j’ai ensuite envie de retransmettre. Après, d’où vient le contenu de nos rêves, c’est une autre question à laquelle je n’ai pas de réponse exacte, même si j’en ai ma petite idée ! (Rires). Je puise aussi mon énergie en Dame Nature auprès de qui je me réfugie lorsque la coupe est pleine… ou vide ! C’est un allié qui ne m’a jamais déçue jusqu’à présent et qui m’a toujours rechargée.
Le silence m’aide aussi beaucoup, ou à l’inverse, la musique. Sans oublier les films porteurs de messages forts tels que "Into the Wild" de Sean Penn, " la Belle Verte " de Coline Serreau, " Blueberry " de Jan Kounen, ainsi que toutes les lectures spirituelles ou engagées qui ont changé ma vie comme "La société toxique, manuel de dépollution mentale" de Pryska Ducoeurjoly ou "Le livre du bonheur" de Marcelle Auclair pour ne citer qu’eux. 
Mais ma créativité et ma sensibilité à de tels sujets n’auraient jamais pu autant se développer sans toutes les formes de méditations et de relaxations que j’ai essayé. S’il fallait résumer, j’ai l’impression que tout et tous m’inspirent ! Le plus dur est de trier, de canaliser ce qui vient pour ne pas partir dans tous les sens. Mais je ne m’en plains pas. 

Quelle association engagée soutenez-vous  ?

Il m’est impossible de ne pas citer le collectif "Jeudi Noir " qui réfléchit et milite chaque jour sur les problématiques liées au logement, et "Sauvons les Riches" qui œuvre pour que l’argent soit créé et utilisé de manière plus éthique.  Tout dernièrement, j’ai également flashé sur "Les Colibris", ce mouvement citoyen en lien avec Pierre Rabhi, qui nous propose de nous rassembler, de penser et d’agir pour transformer la société actuelle en une société plus respectueuse de la nature et de l’humain  
Pour moi l’écologie est une façon globale et complète de combiner l’autonomie et les interactions, dans un but d’équilibre et de santé, avec joie et responsabilité, quitte à passer parfois pour des fous en proposant des alternatives encore peu développées à ce jour. Toutes les grandes avancées ont eu lieu parce qu’au départ il y avait ce qu’on appelait  "utopie" ou "idéalisme" 
Quelles valeurs de FemininBio résonnent le plus en vous ?
J'inhale ds bouffées d'espoir à chaque fois que je lis Feminin Bio. Vous mettez en valeur toutes ces idées, toutes ces personnes positives, créatives, qui mettent tout en œuvre pour que le monde évolue vers un mieux-être ensemble de manière non-violente.

C’est pour moi un magazine de résistance pacifique ! Si ça ne tenait qu’à moi, au moins une fois par semaine, je conseillerais à tous les professeurs de commencer la journée avec leurs élèves par la lecture de l’un de vos articles, pourquoi pas suivie d’un débat pour stimuler leur optimisme et leur réactivité face aux problèmes. Plutôt que dénoncer ce contre quoi vous êtes, vous exprimez ce pour quoi vous êtes et ce qui fait du bien, c’est que c’est contagieux !

Quel est votre coup de cœur bio food du moment ? 
C’est en marchant dans un tout autre but que je suis tombée sur  "La boutique pédagogique" à Paris où l’on peut trouver des produits bio et issus du commerce équitable, ou récupérer des paniers de fruits et légumes de saison et bio. C’est un endroit particulier, un magasin-école qui s’occupe aussi de jeunes en difficulté scolaire et les forme aux métiers du commerce ! Education, écologie, économie et solidarité sont donc liées, j’adore ce concept ! 
Quelle adresse bio que adorez-vous ? 
J’ai découvert une boutique incroyable aux effluves régénérantes et à l’accueil très aimable : "Les Artistes de nature". La boutique propose des crèmes, des baumes, des huiles, élixirs à toutes sortes de textures et de senteurs qui donnent envie de prendre soin de soi.
Prochaines dates du spectacle :
Théâtre Sous le Caillou
15 et 16 mai 2013 à 20h30
23 rue d'Austerlitz
69004 Lyon
Théâtre Octave Mirbeau
Du 31 mai au 2 juin 2013 au théâtre
31 mai au 2 juin 2013
Rue Cadot
78510 Triel-sur-Seine

Retrouvez plus d'informations sur son site internet.  

 
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