Clémentine Célarié

Clémentine Célarié, une artiste consciente

Publié le 24 juin 2013
Fondatrice de FemininBio, directrice de collection chez Eyrolles, dingue de bio, folle de nature, de running et par dessus tout de l'évolution de la conscience de l'être humain ;-)
Clémentine Célarié a eu une "révélation" en voyant le film de Pierre Rabhi  // Crédit Photo : Bruno Tocaben
Clémentine Célarié a eu une "révélation" en voyant le film de Pierre Rabhi // Crédit Photo : Bruno Tocaben

Actrice, chanteuse et écrivaine française, Clémentine Célarié parle d’une "révélation" depuis qu’elle a vu le film de Pierre Rabhi, Au nom de la terre. Interview d'une artiste consciente et rayonnante.

On ressent en vous un profond besoin de partager, est-ce l’une de vos principales sources de motivation ?

Le partage donne tout son sens à mon métier, et je n’imagine pas le vivre autrement. Je suis passionnée par ce que je fais, car j’ai l’impression que cela me permet de développer le monde de l’imaginaire, qui est en chacun de nous mais que trop peu d’adultes écoutent. De manière générale, et je l’ai moi-même expérimenté, lorsque l’on va mal, on cherche à s’exprimer. L’imaginaire et la création artistique qui en découle sont une force de partage.

Votre inspiration a-t-elle une source spirituelle ?

Nous avons tous une spiritualité en nous. Le nom qu’on lui donne peut varier. De même, je pense que nous avons tous une âme mais elle n’est pas du tout cultivée dans notre monde. Au contraire, elle est mise de côté. Pourtant, c’est essentiel. Aujourd’hui, tout ce qui est essentiel, on le met de côté. Or c’est exactement l’inverse qu’il faudrait faire !

Vous êtes la marraine du Festival Atmosphères à Paris. Qu’est-ce qui a été à l’origine de cette aventure ?

Une rencontre ! J’étais au Festival de Valenciennes, un festival de cinéma international. Je tenais à y être présente car je soutiens les initiatives qui sortent du petit monde parisien. Lors de la clôture, Xavier Thomass est venu me voir et m’a demandé si je voulais participer au festival. Il me parlait de développement durable, et je ne comprenais rien à ce qu’il me disait. Mais j’ai quand même dit oui car j’ai tout de suite pensé à la responsabilité que nous, humains, nous avons. La vraie révélation est venue un peu plus tard, grâce à ma découverte de Pierre Rabhi, ses idées et son action. Je ne le regrette pas !

Parlons-en justement. Votre rencontre avec Pierre Rabhi a entraîné une forte prise de conscience écologique de votre part…

Plus qu’une prise de conscience, cela a été un choc de conscience. Depuis que j’ai vu son film, Au nom de la Terre, j’ai vraiment un autre regard, disons… à peu prêt sur tout ! Quelques jours avant, j’avais vu Des abeilles et des hommes, qui m’avait déjà profondément choquée. J’en suis restée bouleversée plusieurs jours, et heureusement, j’ai vu le film de Pierre Rabhi ensuite ! Quand je suis ressortie, j’ai pu enfin respirer de nouveau.

Que vous a apporté votre "rencontre" avec Pierre Rabhi ?

Je pense que cette rencontre a eu lieu à un moment de ma vie où j’étais particulièrement réceptive à son message. Autrement, ça n’aurait pas eu une telle force. Depuis cette séance de cinéma, j’ai changé de comportement. Vraiment, c’est incroyable ! Par exemple, lorsque je cours, j’ai une toute autre façon d’être, j’ai conscience que je suis dans la nature, qu’elle m’entoure. De même, je ne regarde plus mon jardin avec le même œil ! J’ai désormais une conscience aiguisée, je sens que j’ai été grandie par cette expérience.

Pourquoi le message de Pierre Rabhi vous touche-t-il tant ?

Je ne le connais pas personnellement, mais j’ai entièrement confiance en lui. Il incarne des valeurs essentielles : la sincérité, la simplicité et l’intégrité. Finalement, je pense qu’il incarne parfaitement la vérité, tout simplement. Je sens que c’est quelqu’un d’absolument et de totalement humain et véritable. Pour moi, cette rencontre est une révélation. Grâce à Pierre Rabhi, j’ai aussi découvert que je vivais la sobriété.

Il semble que cela vous ait donné des ailes…

Oui, on peut le dire ! J’ai déjà regardé sur Internet pour les paniers bio dans mon quartier. Encore une chose que je viens de découvrir et que je trouve absolument formidable. Quand je vois tout ce que fait le mouvement Colibris, j’ai envie de m’engager encore plus. En fait, ca me fait beaucoup de bien. Nous sommes des êtres humains donc nous sommes responsables. De plus, nous ne sommes jamais coincés dans ce que l’on fait. Alors, si l’on peut marcher, courir… allons-y !

Parlons de vos nouveaux projets, seront-ils engagés ?

Certains sont encore secrets, les premiers concernés ne sont même pas encore au courant ! Par contre, je peux vous parler d’un projet d’écriture, qui lui, est déjà avancé. J’écris un livre sur la déshumanisation de la famille à cause des nouvelles technologies et qui retrouve son humanité grâce à une catastrophe naturelle. D’ailleurs, je ne suis pas sûre qu’il faille parler de catastrophe naturelle. La terre ne fait que nous rappeler qu’elle est là, elle lance des alertes, à nous d’y être attentifs. 

Pensez-vous qu’on assiste à un retour des valeurs du féminin ?

Tant que l’on aura besoin d’un homme pour avoir l’air crédible si l’on veut faire un achat un tant soit peu important, alors oui, les féministes doivent continuer à se faire entendre. Cependant, nous ne sommes pas à plaindre en France. Si j’avais une fille, je serais dure avec elle, car je suis convaincue de l’importance de la rigueur. Il faut que les femmes se respectent si elles veulent être respectées. Je ne pense pas que la liberté de la femme soit dans le fait de montrer ses jambes !

Quel est votre secret de bonheur ?

Je passe mon temps à remercier les gens. C’est important. Sinon, je pense que j’ai eu un grand cadeau : l’Afrique. J’y suis née et j’y ai grandi. Je l’ai quittée quand j’avais 14 ans. Mes parents étaient amoureux de ce continent, et là-bas, ils ont su nous transmettre des valeurs qui ne m’ont jamais quittées. Je me considère comme une voyageuse et je n’ai aucun sens matériel. Pour moi, la propriété enchaîne.

 

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Crédit Photo : Bruno Tocaben

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