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Interview

Laurent Gounelle et Bernard Werber : des peuples primitifs au futur de l’humanité

Laurent Gounelle et Bernard Werber se sont prêtés avec allégresse au jeu de l’interview croisée, l’un les yeux pétillants, l’autre avec malice, lisez vite pour savoir qui est qui.

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En interviewant l’un puis l’autre, j’ai eu l’idée de cette rencontre entre ces deux hommes de même génération, passionnés par des thèmes communs. L’un mange sans gluten, l’autre évite la viande de porc, mais tous deux aiment la vie, le bio, manient les mots avec légèreté et se passionnent pour la nature et l’exploration de l’âme humaine.

Dans vos livres respectifs, il est question des rapports de l’homme occidental avec les peuples premiers. Quelle importance cette relation revêt-elle à vos yeux ?

Laurent Gounelle : Je pense que ces peuples, qui n’ont jamais été en contact avec la culture occidentale, ne sont pas contaminés par notre façon de penser. Ils ont gardé une sagesse ancestrale que nous avons certainement eu dans un passé lointain, mais qui a clairement disparu aujourd’hui. Il est intéressant de confronter leur modèle de société au nôtre.

Bernard Werber : Tout à fait d’accord ! J’ai eu la chance de vivre avec une tribu des forêts en Côte d’Ivoire. C’était un peuple cannibale qui basait sa vie sociale à 200% sur la sorcellerie. Ils étaient coupés du monde, n’avaient peur ni de la maladie ni de la mort et ils étaient profondément heureux. Je ne crois pas qu’ils étaient un modèle à suivre, mais il y avait dans leur façon de vivre quelque chose qui devrait nous amener à réfléchir à nos modes de vie.

Le progrès de nos sociétés occidentales serait donc un problème ?

LG : Vivre en ermite dans la forêt n’est pas la solution. Par contre, il y a un moment où il faut se déconnecter et revenir à la nature car nous sommes des animaux et nous vivons sur une planète. Les villes sont des créations artificielles, mais elles nous permettent un accès à la connaissance qu’il serait idiot de rejeter. Les peuples primitifs ont quelque chose de bon dont il faudrait que nous nous inspirions : la vie au milieu des arbres, la conscience d’être vivant, la joie de vivre malgré un milieu hostile… Cependant, il me parait aussi stupide de rejeter toute la société moderne que de vouloir redevenir primitif.

BW : Encore une fois, je ne peux qu’être d’accord ! Le futur de l’humanité n’est pas un retour en arrière, mais une évolution qui intègre les bienfaits du progrès tout en permettant une reconnexion à la nature. L’homme est un être de liens, avec son environnement, ses proches et soi-même. Il faut recréer ce lien qui se perd.

A travers vos héros, vous montrez une certaine attirance pour les états de conscience modifiée. Pourquoi avoir voulu en parler ?

BW : J’en parle, mais je sais que ça ne parle qu’à ceux qui en ont déjà l’intuition. Le talent d’un écrivain, c’est de rappeler à son lecteur ce que ce dernier a enfoui dans son inconscient et qui n’attend que d’être stimulé par s’exprimer. Je l’ai par exemple très fortement ressenti en lisant Conversations avec Dieu de Welsh. Plus je lisais, plus je me sentais stimulé.

LG : Jusqu’à l’âge de 25 ans, je ne me posais aucune question, je n’étais pas du tout dans une quête spirituelle. Je dirais même que j’étais plutôt très matérialiste ! Et puis, un jour, je me suis demandé ce que je faisais, j’ai réalisé que ça n’avait pas de sens et je suis tombé dans une profonde déprime. Je le cachais, car dans ma famille, ça ne se disait pas. Cependant, cette épreuve s’est révélé un cadeau car je me suis remis en question et finalement, j’ai découvert de nouveaux horizons. Je partage cette expérience.

Pratiquez-vous des états de conscience modifiée ?

LG : Je pratique l’autohypnose,car je ressens le besoin de me reconnecter à moi-même. Nous sommes tous très sollicités par notre environnement extérieur, or je suis convaincu que nos ressources sont à l’intérieur.

BW : Concrètement, ça se passe comment ?

LG : Je m’installe au calme et je commence par une séance de relaxation, de détende profonde. Quand je suis décontracté, je me connecte à mon corps, je pense mes sensations tout en respirant consciemment. C’est très rapide, dix ou douze minutes tout au plus, mais c’est fort. J’arrive dans un état de confiance et de lâcher-prise qui me fait du bien. Il ne faut surtout par avoir d’objectifs, sinon le mental entre en action et on ne peut pas lâcher prise. Je me contente d’accueillir ce qui vient.

BW : Je m’y mets dès aujourd’hui ! Blague à part, j’ai eu de la chance quand j’étais jeune. A 13 ans, certainement la pire année de mon adolescence, je suis parti un mois en colonie de vacances. J’ai très vite remarqué un garçon de mon âge qui avait toujours l’air serein. Quand je lui ai demandé pourquoi il était toujours calme, il m’a répondu qu’il pratiquait du raja yoga et il m’en a enseigné les bases : respirer, poser son regard, se tenir droit, être en conscience, suivre le rythme du soleil… Bref, il m’a tout appris, et je ne l’ai compris que récemment…

D’où vous vient l’inspiration pour vos romans ?

BW : Parfois, j’ai l’impression d’être un vampire. Je vois quelqu’un et je me dis que ça pourrait faire un personnage. Après, quand cette personne me raconte sa vie, ça conforte souvent mon avis ! Bien sûr, je mélange plusieurs personnes pour créer mes personnages. Je suis aussi nourri par mes amis et les informations qu’ils m’apportent. Ils sont une formidable source d’inspiration.

LG : C’est à mon tour d’approuver !

Comment vous voyez-vous aujourd’hui ?

BW : Je n’aime pas me voir dans un miroir : face à une glace, on ne voit que son reflet, c’est très réducteur. Il est bien plus intéressant de se voir à travers le regard de l’autre, c’est un miroir bien plus profond ! De manière générale, les autres nous apprennent beaucoup sur nous-mêmes, c’est intéressant de chercher les rencontres. Cependant, il m’est difficile d’être dans le métro. Il y a un tel concentré d’ondes négatives ! J’en ressors toujours épuisé, c’est dur d’être entouré de gens tristes. Les Parisiens sont tous en noir ou en gris. Quand je suis allé en Thaïlande, j’ai été frappé par le festival de couleurs qui m’a entouré pendant tout mon séjour.

LG : Je suis entièrement d’accord, et d’ailleurs j’ai exactement le même problème dans le métro. J’essaye alors de puiser dans mes forces intérieures pour ne pas être déstabilisé et même réussir à être souriant.

Merci Bernard Werber et Laurent Gounelle.

Retrouvez leurs deux derniers romans, très inspirants :

Le philosophe qui n’était pas sage. Ed. Kero – Plon 

Troisième humanité. Ed. Albin Michel

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