Témoignage

J'ai monté une école Montessori : témoignage de Marie Eloy

Publié le 28 septembre 2013
Journaliste par passion. A sillonné la planète pour @RFI. S'est tournée vers le Green et l'alternatif par amour maternel. Co-fondatrice de l'école #Montessori Les Mimosas (56)
Manuella Radenne (à gauche) et Marie Eloy (à droite), fondatrices de l'école des Mimosas / ©ThMartinez/Sea&Co
Manuella Radenne (à gauche) et Marie Eloy (à droite), fondatrices de l'école des Mimosas / ©ThMartinez/Sea&Co

Déjà la troisième rentrée pour l'école Montessori "Les mimosas" dans le Morbihan ! Marie Eloy, co-fondatrice, revient sur ce merveilleux projet, né de la rencontre de deux mamans à la recherche d'une autre éducation pour leurs enfants.

Début 2011, deux mamans cherchent une école différente pour leurs enfants dans le Morbihan. Comme il n’en existe pas, elles retroussent leurs manches et décident de la créer. Deux mois plus tard, l’école affiche complet, l’équipe pédagogique est trouvée et le matériel Montessori de l’école financé. Une grande cour où circulent draisiennes et vélos à quelques encablures de la plage, un potager bio, des poules, des rires d’enfants… 



L’école Les Mimosas entame sa troisième rentrée et apporte une sacrée énergie au petit village de Larmor-Baden (816 habitants) dans le Morbihan.



"Début 2011, quand Manuella Radenne et moi, nous nous rencontrons pour la première fois, l’école est à l’abandon. L’ancienne école privée Sainte Thérèse a, comme tant d’autres, fermé ses portes pour cause de restructuration de la carte scolaire. Mais avec ses sanitaires quasi-neufs, elle est aux normes et possède des classes grandes, claires, du parquet et une belle salle d’activités au milieu.

Manuella connait bien les locaux. Son fils aîné y était scolarisé avant la fermeture. Quant à moi, ex-journaliste à RFI spécialisée en éducation, je recherche une pédagogie alternative pour ma fille. Le hasard fait naître une belle histoire d’amitié. Tout ce que l’une ne sait pas faire, l’autre y parvient et inversement.



Avec pour adage "ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait", nous choisissons d’avancer pas à pas. Le choix de la pédagogie se porte vite sur celle de Maria Montessori. Puis le nom : Les mimosas autour de l’école étaient en fleurs à ce moment-là… Et nous y allons aussi un peu au culot ! Très vite, la presse locale s’intéresse à notre aventure, nous donnant un joli coup de pouce. 

L’étape suivante consiste en l’obtention des locaux, qui appartiennent à une association du village. En concurrence avec d’autres projets, nous présentons notre envie d’école Montessori un lundi d’avril 2011.

Nous obtenons la clé le mercredi. Le jeudi, Manuella et sa famille nettoient et déblaient l’école pendant que je mets des affiches un peu partout annonçant les portes ouvertes de l’école le week-end suivant. Pour le matériel Montessori si beau mais si coûteux, nous en achetons un peu et sommes aidées par l’école de Rennes. 

Le samedi arrive et nous nous regardons pleines de doutes. Et si personne n’était intéressé par Montessori ? A 14h, l’école est noire de monde. Le dimanche soir, elle affiche complet pour septembre et les enseignantes sont trouvées.

Des dons permettent l’acquisition du matériel de base. Les meubles proviennent de la récup’ et d’écoles voisines. Tout le monde s’y met, les parents, les amis, les pinceaux et scies à la main. 

Deux ans et demi plus tard l’école les Mimosas accueille 40 enfants dans deux ambiances (trois en 2014) avec deux éducatrices par classe et des intervenants l’après-midi.

Le matin est consacré aux apprentissages fondamentaux (lecture, écriture, mathématiques…), l’après-midi aux ateliers (sport, expressions artistiques, potager) avec chaque jour un temps de relaxation après le déjeuner.

Le jeudi, la journée se déroule en anglais.   

Notre petite école n’est pas parfaite, une création pouvant s’assimiler à l’évolution d’un être humain. D’abord, l’étape de l’enfance où l’école a besoin d’un cocon pour grandir et bâtir son socle. Ensuite, celle de l’adolescence avec ses turbulences qui permettent de réajuster ce qui ne convient plus et d’affiner la vision de l’école. Enfin, celle de la maturité, que nous commençons à atteindre, qui va vers l’ouverture aux autres et l’harmonie au sein de l’école. Une quête à la fois personnelle et collective, sans fin et incroyablement passionnante."

Découvrez le blog de l'école des Mimosas

Retrouvez cet article et une expérience de lecture optimisée sur votre
magazine FemininBio sur iPad.

Articles du dossier Éduquer autrement
Envie de réagir ? Je prends la parole
Déjà membre? Je me connecte ou Créer mon compte