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L’égalité entre femmes et hommes, une condition sine qua non de la justice climatique

Publié le 2 septembre 2016
Partout autour du monde, les femmes agissent pour le climat
Partout autour du monde, les femmes agissent pour le climat
© Pixabay

En 2016, nous avons commencé à vivre à crédit sur la planète le 8 août. Il est temps de revoir notre empreinte écologique, et pour cela, partout dans le monde, les femmes ont un rôle de premier plan à jouer, comme le rappelle le WECF.

Plus personne n’ignore les effets du changement climatique ni l’urgence d’agir à tous les niveaux –individuel, collectif, économique, politique, local et global- mais quelle contribution particulière peuvent apporter les femmes ? Et pourquoi demeurent-elles les « oubliées » des politiques climat ?  

En effet, tout un pan de solutions efficaces, que les femmes mettent en oeuvre, sont souvent ignorées des décideurs qui donnent la priorité aux réponses technologiques, aux grands projets coûteux plus impressionnants et censés maintenir croissance et activité économique globales.

Renforcer la résilience des territoires et des populations face au dérèglement climatique, voilà qui est crucial. Souvent détentrices de savoir-faire traditionnels, pour une agriculture résiliente, la gestion et la conservation de l’eau, des aliments ou des énergies, les femmes développent sur tous les continents des solutions qui permettent la survie des populations et la préservation de la biodiversité des écosystèmes…

Elles contribuent ainsi à mettre en place des stratégies d’adaptation et d’atténuation particulièrement en phase avec les besoins de leurs communautés et territoires : elles installent des coopératives d’énergies renouvelables en Géorgie, construisent des fours efficients au Sénégal ou au Nigéria , luttent contre la déforestation en Malaisie, s’entraident et jouent un rôle d’alerte essentiel lors de crues meurtrières au Maroc, innovent en agriculture pour redonner de la fertilité aux sols. Leurs réussites locales pourraient être amplifiées, répliquées, si elles étaient correctement mises en valeur, prises en compte dans les orientations internationales et financées par les fonds climat.

C’est pourquoi WECF s’emploie à les rendre visibles et à faire reconnaître leur puissance pour la transformation de nos modes de développement, dont nous avons besoin. Ainsi en Géorgie depuis 2010, WECF forme les populations rurales, en particulier les femmes, à la fabrication et l’installation de chauffe-eau et séchoirs solaires ; puis WECF a contribué en 2015 à la création de 4 coopératives d’énergie entièrement paritaires. Les femmes s’avèrent les meilleures promotrices des solutions solaires en Géorgie, qui permettent à chaque foyer d’économiser 1 tonne de CO2 par an et 30% de ses dépenses courantes. En Papouasie Nouvelle Guinée, c’est une femme, Ursula, qui a lancé le premier projet de relocalisation des 1700 habitants des Iles Carterets, menacés de submersion complète d’ici 2040. Le programme comprend une sensibilisation à travers l’éducation et la formation, et aussi des activités agricoles et de transformation de produits pour générer des revenus : une coopérative de cacao a été créée, presque entièrement gérée par des femmes. 

Ursula est l’une des 3 lauréates du Prix « Solutions Genre et Climat » décerné lors de la COP21  par WECF et ses partenaires, des ONG de femmes qui ont statut d’observateur au sein de la Convention de l’ONU sur les Changements climatiques. Lors de la COP22 (Conférence des Parties) à Marrakech en novembre 2016, WECF et ses partenaires présenteront à nouveau ce Prix, afin que les représentants des Etats reconnaissent et soutiennent les initiatives concrètes menées par les femmes, et les intègrent dans le plan d’action global pour le climat. Nous montrerons ainsi en quoi l’égalité entre femmes et hommes est une condition sine qua non de la justice climatique.

Afin de porter ce message à tous les niveaux nous participerons également au Sommet Climate Chance, à Nantes du 26 au 28 septembre. Ce sommet mobilise les acteurs non étatiques – villes et régions, entreprises, ONG, syndicats, paysans, jeunes et femmes pour le climat. WECF interviendra sur les financements pour dénoncer le manque d’investissement dans les programmes d’adaptation, et plaider pour l’accès des organisations de femmes aux fonds climats. 

Nous animerons aussi un atelier sur la gouvernance locale et la place des femmes dans les politiques d’échelle territoriale, afin que les indicateurs guidant les décisions ne soient pas seulement économiques (comme le PIB), mais intègrent la valeur des contributions non rémunérées (soins, activités et services) des femmes à leurs familles et communautés, qui permettent la résilience des territoires.

Plus d'infos sur le WECF : www.wecf.eu/francais    

Les rencontres de Nantes : Climate Chance 2016

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