Méditation

La méditation pour faire taire l'ego

Publié le 25 novembre 2015
Naturopathe Iridologue, Stéphanie s'est spécialisee dans l'accompagnement des femmes enceintes, bébés et jeunes enfants.
Méditer, c'est aussi pour les enfants !
Méditer, c'est aussi pour les enfants !
© Fotolia

Cri du coeur suite aux événements du 13 novembre, renforcé par les actualités qui ont suivi, cette chronique de Stéphanie Grosieux nous invite à remettre l'ego à sa place et à réfléchir à l'opportunité de proposer l'apprentissage de la méditation dès l'école primaire.

Les événements tragiques de ces derniers jours nous ont tous profondément touchés. Le sentiment d'impuissance est parfois grand.
A-t-on le pouvoir, à l'échelle individuelle, de ramener la paix dans notre pays, mais aussi dans le monde?
Est-il possible que notre propre comportement, nos propres pensées, sentiments ou émotions, puissent avoir un quelconque impact sur la société toute entière, voire sur le monde?...
Nous serions tentés de répondre par la négative. Et pourtant... Réfléchissons à la source de toute cette violence.
Selon le psychanalyste Carl Gustav Jung, "Nous ne voyons pas les choses telles qu'elles sont, mais bien tels que nous sommes".
Nous voyons la vie et ses événements à travers le filtre de nos perceptions et interprétations, différents pour chacun, et nous agissons donc en conséquence. En d'autres termes, notre mental, et son monologue incessant, nous mène par le bout du nez, nous fait agir selon ses peurs, ses angoisses, et nous empêche donc de suivre les indications de notre Être véritable, c'est-à-dire notre âme, ou notre coeur, selon le terme que l'on souhaite employer. Ce dernier sait parfaitement ce qui est bon et juste pour nous, il est un parfait conseiller, nous pouvons donc lui faire entièrement confiance et suivre le chemin qu'il nous indique.
À contrario, la violence, la haine et les atrocités qui en découlent, sont les fruits du mental, de l'ego. Nous pouvons observer la meilleure preuve de ceci en contemplant un nouveau-né. Il n'est qu'Amour... Pourquoi ? Car il n'est pas encore mené, guidé par son mental. La seule différence avec un adulte est que son cerveau, son système nerveux, n'est pas encore assez mature pour "percevoir", traiter et mettre en action, concrétiser l'information qu'il a perçu par son âme.
Si l'on souhaite ramener la paix, que ce soit chez nous ou partout dans le monde, il est donc important de redonner sa véritable place à l'ego, qui a pris dans notre société bien trop de pouvoir, au dépend de nos aspirations profondes. L'ego devrait être uniquement au service de celles-ci pour leur permettre de prendre forme, de se matérialiser. Les rôles ont été inversés...
L'un des moyens de redonner sa juste place à ce mental est la méditation. Celle-ci permet en effet de prendre conscience du monologue mental permanent, des émotions, et de ne pas s'y identifier, pour ensuite être à l'écoute et disponible pour percevoir les messages, via notre intuition, de notre guide intérieur, celui qui sait...
De nombreux parents s'interrogent et s'inquiètent quant à l'avenir de leurs enfants. Quelle société allons-nous leur laisser? Il est légitime d'avoir peur et de se sentir impuissant face à tant de tragédies. Mais nous avons TOUS le pouvoir d'agir. Ces enfants d'aujourd'hui sont la société de demain. C'est par conséquent à travers et grâce à eux que nous avons la possibilité de la faire évoluer positivement.
Et pour ce faire, nous revenons donc au moyen évoqué plus haut, la méditation. Le projet peut paraître utopiste. Mais si tous les enfants, dès 7 ans, apprenaient à garder le contact avec leur guide intérieur, leur coeur, et à ne pas se laisser mener par leur mental et ses peurs, il est évident qu'à terme l'Amour reprendrait le dessus sur la haine et la violence...
Certains pays d'Europe du Nord, ou le Canada, et quelques écoles françaises, souvent "alternatives", ont commencé depuis quelques années à mettre en place l'apprentissage de la méditation, ou de la pleine conscience. Mais cet initiative reste encore assez discrète chez nous.
Serait-il envisageable d'instaurer dans nos écoles françaises la méditation comme matière à part entière au même titre que le français ou les mathématiques ?... L'appel est lancé.

Si la méditation était enseignée à tous les enfants âgés de 8 ans sur la terre, nous ferions disparaître la violence du monde en une génération
Le Dalaï-Lama

 
Stéphanie Grosieux est naturopathe, elle suit actuellement une formation de sophrologue. Retrouvez-la sur son site Internet et sur Facebook.
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Par Kzardeling le 28 novembre 2015 à 21h52
Utopiste n'est pas bouddhiste :)

Tout d'abord, merci Mme Grosieux pour cette belle proposition. Comme beaucoup d'entre nous, je suis certain qu'il est possible d'améliorer notre quotidien par un travail de fond qui tend à se pacifier soi-même pour permettre une meilleur vie commune.

Ceci dit, et je me pose des questions car je crois réellement en ce projet et réfléchis à sa faisabilité, je me demande comment procèdent les pays canadiens et nord-européens pour le recrutement et la transmission de cette pratique qui exige un niveau de réalisation, quelque peu élevé à mon sens.

Pour que les élèves, notamment des enfants, puissent opérer un changement et une action réelle sur leur égo, et ce, en toute sécurité, il faut des enseignants capables de les guider grace à une capacité qu'ils auront eux-même acquis et démontré.
Quel est l'examen pour prouver cette capacité ?

La méditation propose un voyage intérieur qui peut durer très longtemps avant de donner des résultats probants et rencontrer de nombreux obstacles qui parfois peuvent être nuisibles sans le soutien et l'expérience d'un guide confirmé.
Si l'objectif est d'aider à transformer un enfant en inversant son intelligence discriminante (ignorance) vers une intelligence qui par le regard profond relie les phénomènes entre eux (réalité), il faudra selon moi, tôt ou tard répondre à certaines de ses questions.

Je crois qu'il est admis dans le bouddhisme, qu'un maitre de méditation a pour devoir de bien diriger son élève et ce sur une durée plus ou moins longue afin que ce dernier ne tombe pas dans une sorte de matérialisme spirituel, trouble de la personnalité, dépression, perte de repères, refoulement de la colère etc...

En effet, le temps et la façon de trouver un maitre suppose de respecter quelques conseils transmis par le bouddha pour ne pas tomber dans des dérives spirituelles comme, prendre son temps avant de donner sa confiance, bien observer et s'assurer que son futur maitre soit à la hauteur de ce qu'il enseigne, ne rien accepter sans en avoir fait l'expérience etc...

Si je ne me trompe pas, dans le but de démasquer l'égo et de comprendre son caractère illusoire afin de s'en détacher, l'élève doit, par la méditation, être amené à observer et expérimenter de façon directe que le "soi" n'est que le résultat des cinq agrégats que sont la forme, la conscience, les perceptions, les sensations et les volitions.

Tous ces agrégats, impermanents et sans existence propre, ont des caractéristiques bien éloignées de celle que l'on admet instinctivement.
Le monde phénoménal incluant le soi, n'existe que par "l'ignorance initiale" qui nous impose une vision permanentes et autonomes des phénomènes que nous vivons et qui nous entourent, de là, naissent les poisons mentaux tels que le désir de posséder, la colère de ne pas obtenir ce que l'on veut etc...).
C'est par une attention constante et une analyse profonde de ce qui nous constitue que l'on peut démasquer la réalité de l'égo et ne plus en être esclave.
Cette expérience peut-être, toujours selon moi, déroutante pour un esprit fragile qui serait mal accompagné.

Mes question sont donc les suivantes, toujours dans une préoccupation de faisabilité.
En France, y aura-t-il des cours théoriques pour accompagner la pratique ?
Si oui, quelle serait cette théorie ?
Y aura-t-il un diplôme certifiant de ces qualifications de transmission et d'accompagnement ?
Ceci ne déclencherai-t-il pas une polémique éthique et religieuse ?
Peut-être est-ce plus une pratique du yoga et du civisme que vous suggérez ?
Une discipline du corps et de l'esprit dans le but d'un renforcement et d'une relaxation.

Ce qui me préoccupe sur l'acceptation d'une telle discipline dans un milieu scolaire français laïque, c'est que pour tendre efficacement, à la transformation et au renoncement du pouvoir destructeur de égo comme base de souffrance, et sans tomber dans un matérialisme spirituel qui pourrait consister à penser faire une fleur à l'autre ou à se priver soi-même pouvant engendrer frustration, perte de confiance, colère et jalousie refoulée, il faut amener l'élève à la compréhension juste de ce qu'il est, en enseignant certaines vues de l'esprit propre à la philosophie bouddhiste.

Un point de divergence entre les religions théistes et la religion bouddhiste réside dans le fait que les uns croient en l'existence d'un Dieu créateur et de l'âme (comme existant par le pouvoir d'un Dieu et immuable et donc d'un "soi" immuable) alors que dans le bouddhisme il n'y pas de croyance en un Dieu créateur, mais une constatation d'une création des phénomènes par interdépendance et causalité (sans âme mais avec une conscience migrante de vies en vies sans cesse changeante).

Peut-être existe-t-il des enseignements intermédiaires, mais ne sous-estimant pas la capacité intellectuelle d'un enfant de huit ans qui s'interrogera certainement sur l'expérience qu'on lui propose, je pense que, si l'ambition est de faire ça correctement, les enseignants devront être de bons pratiquants capables de provoquer, premièrement par l'exemple, puis par des connaissances accrues, un réel changement chez les bambins. J'estime, et ce n'est que mon opinion, qu'être enseignant, quelle soit la matière, n'est pas à la porté de tout le monde et qu'un bon nombre d'élèves sont en difficulté également par la faute de leurs enseignants qui, bien que certainement qualifiés en terme de "connaissances",ne savent pas forcement les transmettre.

De plus, si le but de la méditation est de faire de nos enfants de futurs hommes libres et heureux, cela sert-il vraiment l'intérêt d'une société de plus ne plus liberticide ?

Merci en tout cas pour cette proposition, une solution concrète, qui mène à (me faire) réfléchir.

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