Racisme

Pénélope Bagieu : "La publicité véhicule un terrible racisme ambiant"

Publié le 9 décembre 2013 - Mis à jour le 13 décembre 2013
Curieuse de tout, piquée d'écriture. Ex-responsable édito de FemininBio, blogueuse empathique aimant raconter la vie des autres @parisbylight.
Pénélope Bagieu dénonce le racisme véhiculé par la publicité
Pénélope Bagieu dénonce le racisme véhiculé par la publicité

L'illustratrice Pénélope Bagieu partage son expérience de dessinatrice pour de grandes marques et dénonce, dans cet extrait vidéo, le racisme à peine masqué véhiculé par la publicité.

Pénélope Bagieu était sur la scène du Théâtre du Rond-Point le 2 décembre 2013, à l'occasion de la soirée de mobilisation du monde de la Culture contre la xénophobie. 

Elle évoque ici une commande d'une marque de robot ménager, lui demandant de représenter une femme "ni-ni" c'est à dire ni belle ni moche, ni grosse ni maigre, ni vieille ni jeune... Soit une femme "rien de spécial". Les allers-retours entre la dessinatrice et la marque en disent long sur le racisme sous-jacent à cette demande en apparence anodine. 

"On connait toutes les malveillances de la publicité. On sait qu'elle ment, qu'elle enjolive, qu'elle arrondit les angles, mais ce à quoi on pense un peu moins, c'est qu'elle est (...) responsable de beaucoup de clichés et de véhiculer un terrible racisme ambiant, banal, larvé et passif. Malheureusement, même si on le déplore, la publicité est la forme d'images à laquelle nous sommes le plus confrontés au cours de notre vie".

Voir la vidéo sur le site du théâtre du Rond-Point

La Peste disait-il ! La culture contre la haine

Organisée par Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication et Jean-Michel Ribes, directeur du Théâtre du Rond-Point, cette soirée de mobilisation du monde de la Culture a réuni le 2 décembre dernier des artistes de divers horizons, de toutes les générations et des acteurs du monde culturel.

Lectures, chansons, graff, dessin, danse… autant de moyens d’expression pour dire leur refus de cette dérive inadmissible dans notre République.

Parmi les participants: Abd Al Malik, Alexandre Astier, Ayo, BabX, Pénélope Bagieu, Nicolas Bedos, Valeria Bruni-Tedeschi, Charb, Jeanne Cherhal, Anne Consigny, Natalie Dessay, Eva Doumbia, Laurence Equilbey, Caroline Fourest, Jean-Claude Gallotta, Nicole Garcia, Jean-Claude Grumberg, Caroline Huppert, Régis Jauffret, Kyan Khojandi, Yannis Kokkos, Pierre Lemaitre, Blanca Li, Didier Lockwood, Jacques Martial, François Morel, Yaël Naïm, Marie Nimier, Stanislas Nordey, Pierre Notte, Plantu, Riss, Rost, Benjamin Stora, Patrick Timsit, Jacques Weber, les artistes urbains Marko93 et Hopare avec Art Azoï…

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Par Paul pas content le 19 décembre 2013 à 11h15
L'art de la confusion et de la réduction de pensée.

Le climat de racisme en France est en ce moment très médiatisés, nous entendons souvent des phrases chocs comme "la France raciste...", "les français racistes...", c'est une accroche forte qui fait beaucoup parler mais qui reste fausse. une partie de la France, une partie des Français sont racistes certes, mais pourquoi généraliser à un pays entier un méthode de pensée qui ne concerne qu'une partie de la population? pour moi c'est du racolage...

Bref, cet article est un stéréotype de pensée anti raciste, certes louable dans la démarche, mais vulgarisé , non nuancé qui ne mérite pas de faire le tour d'internet à l'heure ou la tension raciale dans laquelle nous nous trouvons est aussi importante. La publicitaire a une démarche économique et non sociale, elle veut vendre son produit, donc la logique publicitaire dit "trouvons un concept, un personnage qui sera le plus représentatif de l'ensemble des personnes que va toucher notre campagne". Donc encore dans une démarche "ÉCONOMIQUE", le publicitaire regarde ses petits graphiques et constate qu'effectivement il a plus de personne blanche en France que de personne d'une nuance de couleur différente. Nous ne sommes donc pas face à un problème de racisme mais face à un problème de logique économique/publicitaire.

C'est la que l'illustratrice aurait dut lancer un débat, pas un débat autour du racisme mais un débat autour de la logique (que nous connaissons malheureusement tous) de fonctionnement d'une pensée stéréotypé de publicitaire. Ce n'est pas parce qu'il y a un questionnement sur la couleur de peau qu'il y a forcement du racisme derrière! De la meme manière un publicitaire qui fait une pub pour de la nourriture pour chat va chercher à montrer un chat d'une race particulière avec un poil de couleur particulière et pourtant ce n'est pas du racisme "anti tel race de chat", c'est une logique de publicitaire qui cherche à standardiser ce qu'il montre aux gens. J'extrapole. Pourquoi dans ce cas ne pas parler de la discrimination anti gros, anti moche, anti blond anti tout dans ce que tu veux dans la pub?? Mais bien sur l'illustratrice a décidé d'enfoncer le couteau dans la plaie en parlant de "RACISME DANS LA PUB"! Franchement comment peut on avoir un raisonnement aussi standardisé aussi réducteur aussi calibré?

Bien sur c'est cool d’être anti raciste, c'est cool de parler de discrimination! mais s'il vous plait pas n'importe comment, pas de raccourcies aussi bêtes! Maintenant l'interlocutrice de l'illustratrice était peut être personnellement raciste, c'est une éventualité, alors pourquoi associé UNE publicitaire à l'ensemble de la profession? Bref je trouve que la logique de Pénélope Bagieu est aussi hypocrite et stéréotypée que ce quelle dénonce, elle n'apporte rien d'utile au débat anti raciste, elle nous plonge encore plus dans une confusion, une généralisation de pensée réductrice.

Il serait donc temps de faire la part des choses et de ne pas parler de racisme pour un oui ou pour un non, la vie n'est pas manichéenne, la société non plus (peut etre que la pub oui?), ce n'est pas parce qu'un publicitaire préfère mettre un type de couleur de peau en avant plutôt qu'un autre que son raisonnement est raciste. Si je préfère mettre du bleu comme couleur dominante dans ma pub ca ne veut pas dire que je déteste les autres couleurs, si je préfère le sucré ca ne veut pas dire que je n'aime pas le salè... mettre en avant une préférence plutôt qu'une autre n'engendre pas forcement un dégout de ce qui est différent de cette préférence.

Le vrai débat je pense est le questionnement sur la standardisation de la beauté physique, les femmes noires se blanchissent la peau, se lissent les cheveux, les asiatiques se débrident, les brunes veulent être blondes, les femmes aux petites poitrines veulent en avoir une plus grosse. Sont elles influencées par les pubs stéréotypées? est il question de racisme ou de gout?...

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