Produits bio : qu’importe-t-on réellement ?

Publié le 5 mars 2012 - Mis à jour le 30 novembre 2012

Les kiwis bio de Nouvelle-Zélande sont l’exemple le plus connu des grands écarts que fait l’agriculture bio pour répondre aux attentes des consommateurs. Mais que se cache derrière ce cas extrême ?

Produits bio : qu’importe-t-on réellement ?

On dit souvent que l’agriculture bio française n’est pas capable de subvenir à la demande toujours croissante des consommateurs hexagonaux. A l’occasion de la conférence pour les dix ans de l’Agence Bio, Elisabeth Mercier, sa directrice, a fait le point sur le vrai et le faux. « La situation est contrastée selon les produits », reconnaît-elle. Les grands succès sont le vin bio, les viandes bovine et ovines, la volaille et les œufs frais, qui sont 100% français. « Les fermes bio qui les produisent sont présentent sur tout le territoire, ce qui permet d’offrir ces produits à tous les Français », ajoute-t-elle.

La situation est plus conjoncturelle pour le lait. « La production laitière bio a vocation à satisfaire la demande française », affirme Elisabeth Mercier. « Depuis 2007-2008, la demande a beaucoup augmenté. Le temps que les conversions aient lieu (il faut trois ans pour passer d’une exploitation conventionnelle à une exploitation bio, NDLR), nous sommes obligés d’importer. Nous importons du lait bio depuis la Grande-Bretagne, la Belgique et l’Allemagne ». En 2011, la part des achats extérieurs a diminué de 25%. L’orientation est donc à l’équilibre offre/demande pour le lait bio.

La production de céréales bio augmente, et plus généralement, le mouvement est enclenché. « Selon les variétés, le rattrapage entre l’offre et la demande est plus ou moins rapide », explique Elisabeth Mercier. Mais dans certains cas, la France exporte.

Alors, qu’est-ce qui pèse dans la balance ? « Il existe certains produits qui dépendent structurellement de l’achat extérieur, c’est le cas de l’épicerie (inclus le café et le thé par exemple, NDLR) et des fruits et légumes exotiques ». Les fruits exotiques représentent à eux seuls 30% des importations. Et comme la demande augmente pour ces produits, les importations sont à la hausse. « Par ailleurs, nous avons aussi une politique d’achat complémentaire pour certains fruits et légumes », précise la directrice de l’Agence bio. Ce sont les achats de proximité. Il est par exemple plus intelligent de faire venir en Alsace des produits de Bade-Wurtemberg que d’Aquitaine.

« Le contenu des importations diffère selon les années », résume Elisabeth Mercier. « En 2005, 20% des produits bio consommés venaient de l’étranger, en 2009, nous en étions à 38% », précise-t-elle. Depuis 2010, la tendance est repartie à la baisse (35% de produits bio importés). « Pour conclure, je rappelle que la France est aussi exportatrice. Nous nous avons à certains moments une trop grande offre pour des produits comme les choux et les choux-fleurs », souligne la directrice de l’Agence bio, qui conclue avec un petit cocorico : « La qualité française est appréciée à l’étranger ».

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Claire Sejournet
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