Rencontre avec une Amazone : Emilie Barrucand

Publié le 22 novembre 2010 - Mis à jour le 30 novembre 2012

Regard bleu profond et charisme naturel, Emilie Barrucand, la grande gagnante de lamissbio.com édition 2010, dans la catégorie "engagée",  partage sa vie entre Paris et l’Amazonie. Brillante ethnologue de 30 ans, spécialiste des modes de vie des Indiens Kayapo, elle nous livre ses engagements et ses secrets de beauté.

Rencontre avec une Amazone : Emilie Barrucand

Vous vivez plusieurs mois par an en Amazonie, qu’emmenez-vous dans votre valise ?
Des carnets et des stylos pour noter tout ce que j’entends. Cela m’aide à rédiger les projets que les Indiens Kayapo souhaitent soutenir : préservation de leur culture, protection de leurs droits et de leurs terres. Et du guaraná, pour garder la forme !

Comment restez-vous belle en pleine Amazonie ?
Je respire l’air pur, me laisse bercer par les bruits naturels et je mange des aliments sains, sans conservateur, ni OGM, ni pesticide, ni fertilisant chimique. Vivre d’une manière harmonieuse, au rythme du soleil, auprès de gens généreux, ingénieux et respectueux de l’environnement : c’est cela mon secret de beauté et d’énergie !

Les secrets naturels de beauté des femmes amazoniennes ?
Après le bain, les femmes s’enduisent les cheveux d’huile de noix de babaçu et les peignent afin qu’ils deviennent lisses et brillants. Les Indiens Kayapo peignent leur corps de pigments noirs provenant du fruit de génépa qui restent une dizaine de jours sur la peau et du rouge de l’urucum. Les corps sont ainsi transformés en une sorte de « carte d’identité renouvelable ». L’assemblage des motifs révèle la classe d’âge, l’appartenance ou si la personne vient de vivre un décès… La peinture est aussi un atout de séduction.

Votre geste beauté à Paris ?
Levure de bière dans tous mes plats pour la beauté de la peau et des cheveux et une cure de gelée royale pour la forme générale.

Comment faites-vous pour moins polluer ? Et moins vous polluer ?
Pour l’environnement, je ne laisse pas l’eau couler ni la lumière allumée inutilement. Je ne jette jamais rien qui ne soit pas organique dans la nature. Je n’utilise pas les sacs plastiques des supermarchés. Pour mon bien-être, je mange sainement : beaucoup de légumes, de fruits et de céréales. Mais, à Paris, la pollution est surtout d’ordre mental : les gens sont stressés, l’individualisme règne. Pour ne pas me faire happer, je pratique la méditation, tente de cultiver le plus possible la générosité et la simplicité.

Vos coups de coeur en cosmétique bio ?
Les crèmes de Melvita pour l’hydratation de la peau.

Votre geste écologique quotidien ?
Je roule à vélo ou prends les transports publics.

Wayanga ou la solidarité interethnique
Auteur de Wayanga, Amazonie en sursis (Cherche midi), Emilie Barrucand recueille les paroles des Indiens du Brésil. En 2002, elle crée, à leur demande, l’association Wayanga qui a pour vocation de donner aux populations les moyens de mettre en place eux-mêmes une politique de défense contre les maux qui les touchent.
Avec les Indiens Kayapo, Emilie travaille sur un projet qui leur permet de préserver leur patrimoine culturel (chants, mythologie, connaissances en développement durable...) et leur mode de vie. Wayanga a par ailleurs pour ambition de sensibiliser les enfants à l’environnement et de leur faire comprendre l’importance des cultures autochtones pour la préservation de la planète. Avec la ville de Besançon et ING Real Estate Development France, elle vient de mettre en place un programme pédagogique novateur à destination des écoles.



Stéphanie Jarroux
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