Environnement

Tchernobyl : du cimetière radioactif à la ferme solaire ?

Publié le 24 août 2016
La grande roue abandonnée de Pripyat bientôt rasée ?
La grande roue abandonnée de Pripyat bientôt rasée ?
© Flickr-Hélène Veilleux

Trente ans après l'explosion du site nucléaire ukrainien qui relâchait dans les airs une quantité radioactive supérieure à 400 fois la bombe d'Hiroshima, l'Ukraine sollicite les investisseurs pour soutenir un projet de développement durable dans la ville fantôme.

Tchernobyl bientôt transformé en ferme solaire ? C'est le rêve du gouvernement ukrainien. Selon le Guardian, l'Ukraine a envoyé  aux banques internationales une présentation pour transformer les 1000 km² de zone d'exclusion de la radiation en paradis de l'énergie solaire. Le gouvernement évoque ainsi plus de 6000 hectares de terrain aptes à l'installation d'infrastructures de production d'énergie solaire, de biogaz et de chaleur.

Déterminé à se doter d'une nouvelle source d'énergie, propre et renouvelable cette fois-ci, le gouvernement ukrainien prévoit 1000 mégawatts d'énergie solaire et 400 mégawatts d'autres énergies renouvelables, soit un tiers des capacités du site avant la catastrophe de 1986. Des prévisions hâtives mais qui laissent rêveur. Une société américaine et quatre entreprises canadiennes sont intéressées par ce projet de ferme solaire. 

« Le chantier n'est pas impossible en termes de sécurité mais d'importantes précautions doivent être prises » tempère le directeur adjoint de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) Jérome Joly dans le quotidien Libération. Par conséquent, les travailleurs sur le site devront très certainement se soumettre à une série de mesures comme le changement régulier de vêtements, le port de masques et des relevés fréquents d'expositions aux radiations

Ce projet a aussi pour but de se rapprocher de l'Union Européenne et « d'avoir les meilleurs conditions environnementales et les meilleurs standards en énergies propres » a ajouté le ministre de l'Environnement ukrainien Ostap Seremak. L'autre objectif ? Réduire la dépendance énergétique de l'Ukraine envers la Russie. En effet, après les conflits à Donbass et en Crimée, le pays tente de se détourner de son voisin. Alors que la Commission européenne a déclaré que l'Ukraine ne serait pas membre de l'Union Européenne avant 2020-2025, cette nouvelle ambition écologique pourrait jouer en sa faveur. 

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