Témoignage

L'humanitaire et le commerce éthique ont changé sa vie : Jean-Marc Attia, créateur de Marron Rouge

Publié le 31 janvier 2014
Curieuse de tout, piquée d'écriture. Ex-responsable édito de FemininBio, blogueuse empathique aimant raconter la vie des autres @parisbylight.
Jean-Marc Attia, créateur de Marron Rouge.
Jean-Marc Attia, créateur de Marron Rouge.

Jean-Marc Attia est le créateur de Marron Rouge, marque de design et accessoires éthiques. Après plusieurs chocs psychologiques et émotionnels, il a tout quitté pour l'humanitaire. Un parcours émouvant et inspirant.

Personne ne m’a forcé, ce jour de 1999, à parrainer deux enfants orphelins de père, vivants dans le sud de l’Inde. Ce parrainage avait pour but de financer leur scolarité. Je vous parle de cela en préambule car c’est l’un des éléments déclencheurs qui m’a fait changer de vie en plusieurs étapes.

Tout quitter pour l'humanitaire

En l'année 2001, plusieurs disparitions de proches sont intervenues : ma mère renversée par une voiture, mon chat qui avait 14 ans, et la personne qui partageait ma vie depuis 10 ans. Et cette année s’est terminée par un "remerciement professionnel" car j’étais le n° 2 de la boîte et nous venions d’être rachetés.

Que faire après tout ça ?
Rebondir et s’occuper des autres. L’année suivante a donc été utile pour mettre en place mon engagement au sein d’une Organisation Humanitaire Internationale. Je quitte Paris et m'installe à Lyon.

Début 2003, je pars pour La République Démocratique du Congo, pour une mission dans le sud du pays. C'est mon premier changement de vie effectif. Au-delà de la volonté de s’investir dans cet engagement, cette mission, à titre personnel, constituait une thérapie.

Le retour à l’ancienne vie

Début 2004, le manque de mes proches m’a fait revenir en France. J’ai repris mes anciennes activités de Directeur Des Opérations Europe au sein d’une société informatique Européenne. Les rythmes de vie sont devenus infernaux : Départ de Lyon tous les lundis (et parfois le dimanche soir) soit pour Paris, Amsterdam ou Munich et parfois Montréal !

Ma mission consistait à contenter des actionnaires pour rendre cette boîte profitable et donc économiser au maximum par notamment la mise en place de plans sociaux à répétition... J’étais épuisé, une vie personnelle quasi inexistante, et je gagnais beaucoup d’argent.

J’ai craqué le jour où j’ai mené un entretien de licenciement avec un employé de 58 ans. L’entretien s’est terminé, il a fermé la porte et j’ai éclaté en sanglots. Je ne voulais plus faire ça ! C’était mon quotidien et je n’en pouvais plus. Le déclic s’est alors fait tout naturellement. J’avais pris ma décision, j’arrêtais tout !

Pour faire quoi ? Je n’en savais rien encore, quoique...
Le changement de vie était là mais non encore réellement défini.

Le grand déclic en Inde

Novembre 2008, je suis parti de cette boîte. Janvier 2009, j’étais en Inde, au sein de l’association Parrainages Inde dont je vous ai parlée en préambule.

L’idée d’un commerce éthique lié au recyclage a commencé à germer dans mon esprit.
J’ai commencé à monter le projet Marron Rouge et puis j’ai vraiment "tout quitté". J’ai vendu mon appartement pour investir dans le projet Marron et dans cette nouvelle vie.

Je ne regrette rien, si c’était à refaire je le referais. Je suis heureux de créer, de soutenir des ONG et autres projets sociaux en Inde, d’essayer de contribuer à la construction d’un monde plus vert avec le recyclage. L’humain reste au cœur de mes préoccupations personnelles et professionnelles.

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