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Je suis végétarienne : témoignage d'Adeline 35 ans

Publié le 6 mars 2013
Curieuse de tout, piquée d'écriture. Ex-responsable édito de FemininBio, blogueuse empathique aimant raconter la vie des autres @parisbylight.
Adeline, 35 ans, le végétarisme en mode de vie
Adeline, 35 ans, le végétarisme en mode de vie
© adeline

Adeline est végétarienne depuis 15 ans, un choix qu'elle a réussi à affirmer avec les années. Pour elle, le végétarisme est un mode de vie qui s'inscrit dans une démarche globale.

J’ai 35 ans, je suis végétarienne depuis une quinzaine d’années. Tout a commencé l’été de mes 19 ans. 

Un soir, je suis tombée sur un reportage télévisé sur la fabrication de jambon. J’ai été absolument effarée de voir le processus d’abattage des porcs que j’ai trouvé particulièrement violent. Ce fut un électrochoc. Je vivais chez mes parents et dès le lendemain, je leur ai annoncé que je ne pourrais plus jamais manger de jambon. Je ne pouvais pas cautionner ce système de torture sur les animaux.

En y repensant, je dois avouer que déjà toute petite je n’appréciais pas le goût de la viande et je détestais le poisson.

Contrairement à certains végétariens, je n’ai pas l’impression de faire un effort particulier ou de me priver car je ne suis tout simplement pas attirée par les produits d’animaux.

J’ai donc arrêté de manger du jambon subitement et rapidement tout s’est enchainé ‘logiquement’. Je suis devenue une vraie végétarienne sur une année je dirais, cela s’est fait progressivement.

J'ai petit à petit supprimé viande rouge, charcuterie, viande blanche et poisson. À la maison, je ne cuisinais pas de viande ou de poisson et j’ai découvert des aliments alternatifs. Mais lorsque j’étais invitée à diner, devant l’incompréhension des gens, bien souvent je cédais en disant "ok, je mange du poisson". Pour certaines personnes, il était inconcevable de faire un vrai repas sans viande ou poisson.

A l’âge de 21 ans je suis partie un an en Grande-Bretagne. Là, j’ai pu affirmer mon statut de végétarienne bien plus facilement qu’en France. Lorsque j’étais invitée à diner, on me demandait systématiquement si j’étais végétarienne. D’ailleurs pour les mariages, les invités doivent préciser s’ils suivent un régime végétarien/végétalien, s’ils sont allergiques à des aliments, etc. En Grande-Bretagne, tous les restaurants proposent au moins un plat végétarien, bref, il est très facile de passer inaperçu.

Les années ont passé et je me suis de plus en plus affirmée dans mon choix. Maintenant lorsque je suis invitée à diner chez quelqu’un que je ne connais pas bien (car les gens qui me connaissent savent tous que je suis végétarienne), je précise que je suis végétarienne et suggère d’apporter quelque chose.

On trouve toujours une solution ! Les gens autour de moi n’ont pas toujours compris ma démarche mais, dans l’ensemble, j’ai beaucoup de chance car mon entourage proche me comprend tout à fait.

Mon compagnon est végétarien aussi (nous l’étions tous les deux avant de nous rencontrer) et cela facilite beaucoup notre quotidien. Ma famille a très bien joué le jeu : ma maman, qui cuisine beaucoup, s’est mise aux recettes végétariennes et nous a fait découvrir des plats délicieux.

Aujourd’hui, être végétarienne est pour moi une évidence, je ne me verrais pas autrement, cela fait partie de moi. J’ai toujours aimé les animaux en général, je défends la cause animale ; je suis végétarienne par principe écologique et éthique, et je pense aussi que c’est un bon choix pour la santé.

Au fil des années je me rends compte que je me suis affirmée dans mon choix et je vais plus loin dans ma réflexion (j’évite de porter du cuir autant que possible lorsque je juge que ce n’est pas nécessaire, ex. ceintures, sacs à mains).

Pendant des années, j’ai senti qu’il fallait tout le temps me justifier mais avec le temps j’ai l’impression que ce sentiment d’incompréhension s’atténue… ou alors j’ai appris à passer outre et m’entourer des bonnes personnes. 

Je vois aussi que les choses évoluent doucement : il y a quelques années, lorsque nous faisions un repas de famille dans un restaurant, on me servait une omelette/frites alors qu’aujourd’hui, je vois que les restaurateurs s’adaptent et proposent des menus raffinés, parfois originaux.

A plusieurs reprises j’ai dû défendre mes idées face à des personnes parfois agressives (collègues de travail, connaissances) qui ne comprennent pas comment on peut être végétarien. Avec les années, on se rend compte que leurs arguments sont réfutables, et bien souvent il s’agit de personnes qui pensent avoir raison sur tout alors cela ne vaut pas la peine d’aller trop loin dans le débat.

Puis j’ai moi aussi appris à argumenter mon choix du végétarisme et à répondre aux attaques.

Aujourd’hui mon attitude se résume ainsi : le végétarisme me convient parfaitement, plus qu’un régime, c’est un mode de vie qui me correspond. Cela s’inscrit dans une démarche globale : j’aime la nature, je cuisine des plats de saison, je questionne mon mode de consommation, je m’intéresse aux problèmes environnementaux et surtout aux solutions que l’on peut apporter au quotidien.

Je ne cherche pas à convaincre les gens de devenir végétariens car nous sommes tous différents, mais si mon parcours peut amener au questionnement, alors tant mieux pour la cause animale et pour la planète. Je suis un petit colibri, "je fais ma part" et je me sens en accord avec moi-même.

Adeline, 35 ans, Haute-Savoie. 

 

 

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Par Justine DAHAN le 7 mars 2013 à 11h18
je me reconnais dans la

je me reconnais dans la description d'Adeline !
Je reviens d'une année à Londres et il est vrai que tout est plus facile pour les végétarien et végétalien là-bas ! Les végétariens ne sont pas perçu comme des extraterrestres comme en France..

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