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Je suis végétarienne : témoignage d'Amandine 36 ans

Publié le 6 mars 2013
Curieuse de tout, piquée d'écriture. Ex-responsable édito de FemininBio, blogueuse empathique aimant raconter la vie des autres @parisbylight.
Amandine, 36 ans, ne supporte pas la souffrance animale. Elle est quasi-végétalienne.
Amandine, 36 ans, ne supporte pas la souffrance animale. Elle est quasi-végétalienne.
© Amandine

Amandine a 36 ans. Elle est végétarienne depuis 21 ans, son premier choix d'adulte. Quasi-végétalienne depuis 2 ans, c'est pour elle, une évolution normale chez un végétarien.

J'ai 36 ans, je suis végétarienne depuis 21 ans. Lorsque je discute avec des végétariens, il apparaît que très souvent, ils le sont devenus vers l'âge de 15-16 ans. C'est un peu notre première vraie décision d'adulte...

J'avais toujours ressenti qu'il y avait quelque chose d'anormal, de dégoûtant et d'injuste dans le fait de manger de la chair, du sang, du nerf. J'ai demandé à ma mère d'arrêter de me servir de la viande, elle a cru à une blague. La blague dure depuis deux décennies à son grand désarroi. Car pour elle, pour mes parents, il est absolument inconcevable de réaliser un seul plat sans une viande ou un poisson. 

A mon sens, cela procède d'un véritable manque d'ouverture d'esprit. Oui j'ai mes habitudes, non je ne les changerais pas, on a toujours fait comme ça, pourquoi changer ? La véritable blague c'est que lorsque je me rends chez eux pour un week end, c'est toujours le même casse-tête pour ma mère, même 20 ans après : "mais qu'est-ce qu'elle va manger ?". Alors qu'il y a tant de choix, mais voilà, il faut accepter d'être un peu curieux, accepter de voir plus loin que ses habitudes culturelles. 

Parfois (souvent), j'ai pu ressentir de l'incompréhension, mêlée de sarcasme et de dédain auprès de mon entourage quant à mon mode d'alimentation. Ce qui est par ailleurs, à mon sens, totalement injuste dans la mesure où je n'ai jamais fait de prosélytisme. 

Depuis près de 2 ans, je suis quasiment végétalienne. Je ne mange plus de produits laitiers et consomme des oeufs de manière très parcimonieuse. Je pense qu'il s'agit là d'une évolution normale chez un végétarien. 

J'observe en ce moment avec beaucoup d'ironie le scandale relatif aux "lasagnes au cheval".

Les gens acceptent de se nourrir d'une barquette de viande industrielle à très bas coût et s'étonne de la qualité relative du produit et de sa traçabilité. Oui, on choisit, en tant que consommateur, de manger ou non de la qualité.

Nous sommes tous responsables, parce que lorsque l'on consomme, on fait un choix qui a un véritable impact. Et puis au delà de ça, pourquoi distinguer telle ou telle viande ? C'est quelque chose qui m'a toujours dépassé.

On va trouver scandaleux de bouffer du canasson, mais pas un veau qui a été retiré au bout de 2 jours à sa mère, qui a volontairement été anémié afin que sa chair soit tendre et blanche comme le consommateur l'apprécie, qui a vécu une existence misérable et douloureuse, qui a tremblé de terreur durant le transport qui le menait à l'abattoir, qui, arrivé à l'abattoir, n'a souvent même pas la force de se tenir sur ses pattes tant il est affaibli par son "régime" et ses conditions de vie...

Et après, on va me rétorquer que la viande est bonne, que c'est un plaisir, que je passe à côté de bonnes choses... Mais de quel plaisir parle-t-on lorsque l'on connaît la vérité sur les conditions d'élevage, de transport et d'abattage ? A l'ère de Youtube, il suffit de quelques clics pour voir des images que je qualifie d'insoutenables. 

 

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Réactions à l'article
Par noor le 6 mars 2013 à 15h45
Vivre végétarien

Je comprends tout à fait ce que traverse Amandine. La différence, c'est que ma mère était aussi végétarienne lorsque j'ai décidé, vers 15-16 ans (j'en ai 46), de le devenir. Et je comprends combien il est frustrant d'entendre les gens vous répéter "nous avons besoin de viande"! Et dès qu'on tombe malade, avec une baisse de tension ou autre, c'est forcément imputable à la viande que nous devrions consommer ! Je souhaite vivement qu'à travers ce triste et douloureux épisode de la viande de cheval, de plus en plus de gens comprendront combien il est absolument incroyable de manger de la viande tandis qu'on fait de l'équitation, qu'on dorlotte son chat ou autre animal de compagnie. Merci aux témoignages, plus ils sont diffusés, mieux c'est pour nous.

Par meli90 le 7 mars 2013 à 17h49
Merci

Bravo Amandine pour ton témoignage! Tu as parfaitement raison! Les parents ont ne les changera pas... Mes parents aussi me trouve compliqué en tant que végétarienne. Mais tu as raison il existe beaucoup de repas pour nous. Et respect à toi pour le vegan!

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