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Je suis végétarienne : témoignage de Marion 26 ans

Publié le 8 mars 2013 - Mis à jour le 10 mars 2013
Curieuse de tout, piquée d'écriture. Ex-responsable édito de FemininBio, blogueuse empathique aimant raconter la vie des autres @parisbylight.
Marion, 26 ans, trouve qu'il devient facile de se nourrir sans animaux
Marion, 26 ans, trouve qu'il devient facile de se nourrir sans animaux
© Fotolia

Marion a 26 ans. Pour elle, être végan est un choix de la vie, qu'elle a fait en conscience. Aujourd'hui, il est beaucoup plus aisé de se nourrir sans produits animaux ou d'origine animale et les excuses sont vaines.

Ancienne grosse "viandarde", manger de la viande deux fois par jour n'était pas un problème pour moi (poulet, agneau, boeuf, tripes, crêtes de coq, fromages, oeufs, lait etc). Les légumes étaient rares, voir complètement absents de mon alimentation. Ce n'est qu'après 3 ou 4 ans de végétarisme et 1 an de végétalisme que j'ai appris à aimer les légumes, les cuisiner, m'en régaler.

Le choix de me tourner vers le végétarisme n'était pas, à l'origine, dû à la conscience de la souffrance de l'animal. A ce moment-là je m'en moquais, je faisais toujours cette distinction entre côte de porc / cochon vivant, steak / vache ...etc.

La manie que les gens avait de surconsommer, me posait problème (plus facile de voir la paille chez le voisin que sa propre poutre dans l'oeil). Et pire encore, la surproduction de l'industrie agro-alimentaire, le gâchis, a commencé à me poser problème. La pollution dûe à cette industrie, le fait qu'une même quantité de terre cultivée et irriguée pour produire "x" quantité de céréales, ces céréales qui permettent de nourrir un boeuf, qui à son tour nourrira deux personnes... Cette quantité "x" de céréales en aurait nourri 20.

Quand on parle de famine dans le monde et qu'on connait les réalités de vie de certaines populations, ça pose un problème de conscience. Chemin faisant, toutes ces questions que l'on se pose, nous donne un vrai cas de conscience.

Le déclic s'est fait, lorsque face à mon congelateur ouvert je me suis dit : "Je n'ai plus de viande ni de poisson à cuisiner, qu'est-ce que je vais manger ?" Ce fut l'électrochoc.

"Plus jamais je n'en aurais chez moi" a été ma réflexion suivante.

Je peux me qualifier d'épicurienne et de bonne cuisinière. Le poids de la tradition culinaire française est tel que finalement, on compartimente tout dans des cases on associe des épices, des légumes qui vont avec telle ou telle viande. Devenir végétarienne pour moi a aussi été une manière de sortir de ces règles et de réapprendre à cuisiner.

Devenir ensuite végétalienne était une évidence, en accord avec mes convictions. Pourtant, il a été beaucoup plus long à mettre en place. Végétarienne, j'avais déjà arrêté d'avoir chez moi du lait de vache ou du beurre, crème fraiche ou yaourts, seul le fromage restait. C'est long à réapprendre, on trouve du lait, des oeufs, du beurre ou produits dérivés partout. Gâteaux, corn flakes, j'ai même trouvé du lait dans une sauce tomate qui, selon l'étiquette, était nature !

Aujourd'hui, on peut manger et répondre à ses envies par des produits végétaliens qui sont des similis carné ou des faux fromages. Ils sont bons, réalisables chez soi sans trop de difficultés, parfois un peu onéreux, c'est vrai. 

Voici une scène de vie quotidienne : 

- "Tu as vu le prix du faux jambon au kilo ?!" 

- "Est ce que tu as vu les prix de la lotte ? De certains fromages ? Des crustacés ? Il ne t'arrive jamais de manger des produits de "luxe" ? Et bien nous aussi, on peut se faire plaisir !"

Des excuses seront toujours trouvées, mais elles sont très souvent basées sur de la mauvaise foi. Car même à la campagne sans magasin bio à moins de 50km à la ronde, sans internet, ni téléphone... si l'on veut vraiment consommer du simili carné, qu'est ce qui empêche de se déplacer, d'aller frapper chez les voisins pour passer une commande qui sera livrée chez vous ?

D'autant plus qu'il n'est absolument pas nécessaire d'avoir tous ces produits que j'estime être de luxe pour les végé ! On peut s'en passer et manger très bien simplement, sans faux steak, jambon, merguez ou encore fausses crevettes, faux mages etc... 

Les réactions des omnivores sont récurrentes et rarement originale : carences / cri de la carotte / coût / extrémisme...

Etre végétarien n'implique pas forcément d'arrêter la junk food les pizzas et les burgers (les frites aussi peuvent être vegan) . Oui on mange de manière beaucoup plus saine, les économies faites nous permettent, même en étant précaires, de faire des courses en magasin bio pour s'acheter des céréales, légumineuses ou autres...

Donc, oui, un végétarien peut être carencé en continuant à manger déséquilibré, mais probablement moins qu'un omnivore qui mangera du thon en entrée, suivi par une côte de porc, un fromage et un fruit à midi et qui le soir, se fera son poulet rôti accompagné de pâtes à la crème fraiche et d'un yaourt... Celui-là même qui ne verra pas le problème et vous dira "qu'il fait attention à sa consommation de viande et n'en mange pas tous les jours". 

C'est tellement ancré dans les mentalités que la consommation d'animaux est devenu inconsciente. Un sandwich, un kebab, une pizza, n'importe quel repas est pris avec des produits issus d'animaux.

Si les personnes se souciaient vraiment des carences ou de la mauvaise qualité nutritive de leur alimentation, cela ferait bien longtemps qu'ils auraient choisi la voie du végétalisme !

Après quelques années de végétarisme, il me semblait évident de devenir végétalienne et vegan, pour être totalement en accord avec mes idées. Avoir la conscience claire !

Pour résumer, végétarien, c'est un choix. On se donne juste les moyens de le vivre de manière agréable sans se priver. Il ya toujours une grande désinformation quant à cette manière de vivre mais cela s’est amélioré depuis quelques années.

Oui, cela demande une réelle connaissance des produits, il faut lire les étiquettes, se renseigner sur les tests sur les animaux, les labels vegan... Mais nous sommes en 2013 et avec internet, parfois des propos faux sont tenus simplement pour servir un enrichissement financiers de certains lobby et/ou grosses sociétés.

Il est essentiel, de se poser les questions et d'aller chercher les informations. Nous avons tous les moyens à notre disposition, elles sont vérifiables, les commandes par correspondance sont possibles. Aujourd'hui, un vegan vit bien et n'a pas de problème, alors qu'il y a 10 ans, les mêmes devaient lutter pour un certain confort et respect.

Les bénéfices au niveau mental et physique valent bien quelques pertes de temps et cafouillages au début du passage au végétalisme. Il n'y a plus vraiment d'excuses.

Marion, 26 ans, Vegan

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