Zero déchet

Refuser, réduire, remplacer, recycler: les 4R du Zéro déchet

Publié le 15 septembre 2017
Tiphaine Guillermou est la fondatrice de "Zorro Déchet", la première box zéro déchet : engagée, made in France et design. Elle anime également le blog "Tiff in Lyon".
Prête pour relever le défi du Zéro déchet ?
Prête pour relever le défi du Zéro déchet ?
© Anton Dee/Unsplash.com

Le zéro déchet, on en entend beaucoup parler, mais en quoi ça consiste exactement ? Tiphaine Guillermou nous explique tout en 4 mots-clés.

Devenir zéro déchet. Voilà un vaste programme dont on entend de plus en plus parler. Mais qu’est ce que le zéro déchet implique réellement, et comment s’y tourner progressivement ?

Avant d’être une ‘simple’ envie de moins sortir ses poubelles, le zéro déchet est surtout une sacrée prise de conscience. Imaginez-vous chez vous. Dans votre cuisine, dans votre salle de bain, dans votre bureau ; des poubelles. Pour comprendre le zéro déchet, il faut faire face à ce gros sac noir, et le regarder d’un peu plus près. Jusqu’ici, ce qui se passait dans votre poubelle restait dans cette poubelle ‘what happens in poubelle stays in poubelle’, comme à Vegas. Une fois sortie de la pièce et balancée dans la benne, on n’y pensait plus.

Oui mais voilà. En voyageant ou sur les réseaux, en ligne, à la TV, dans les livres, on voit de plus en plus d’images de scandales écologiques en tout genre. Pour n’en citer que trois, le haze, brouillard intense et toxique lié aux feux de forêt primaire ‘repensées’ pour planter des palmier à huile de palme en Indonésie, les oiseaux gavés de bouchons de plastique photographiés par Chris Jordan, ou encore les rivières polluées par les déchets en tout genres et les teintures chimiques… bref, que de bonnes nouvelles (#seconddegré).

Alors vous vous direz : « Mais quel est le rapport entre ma poubelle et les feux de forêt ? » Le rapport, c’est notre regard sur ce gros sac noir. Si ce regard change, alors tout change.

Devenir zéro déchet, c’est simplement ouvrir les yeux sur une poubelle qui, à première vue, ne nous concernait pas jusqu’alors. C’est comprendre d’où viennent ces déchets et ce qu’ils vont devenir. C’est considérer le déchet non plus comme cette chose que l’on jette et que l’on oublie (Végas, vous vous souvenez) mais comme un objet fascinant que l’on cherche à comprendre et donc à éviter.

Comment changer alors ? En appliquant la fameuse règle des 4R, dans l’ordre.

Refuser.
Dire non au superflu, à ce dont on n’a pas réellement besoin, ou à ce qui pollue trop. Cet échantillon, cette paille, ce ticket de caisse, ces choses sur-emballées ou à base de plastique… Pourquoi dire non ? Parce que pour produire chacune de ces choses minuscules et insignifiantes, il a fallu puiser énormément d’énergie et de ressources. Parfois même, elles ont déjà fait le tour de la Terre ! Pourtant une fois entre vos mains, elles ont une durée de vie d’environ 40 secondes avant de finir dans le gros sac noir. Cela en vaut-il la peine ?

Concrètement : dire « non merci je n’en ai pas besoin » et/ou « j’essaye de réduire mes déchets ». Encouragements à la clef.

Pour aller plus loin : si l’on refuse, il faut trouver des alternatives durables. Faites vos courses fraîches au marché avec des boîtes en tout genre. Achetez vos produits secs (pâtes, farines etc) dans les boutiques qui proposent du vrac. Remplacez vos produits ménagers et vos cosmétiques par des produits naturels et locaux. Vous trouverez des tas d’astuces dans le guide pratique Zorro Déchet ou dans la box Zorro Déchet.

Réduire
Aller à l’essentiel. Vivre mieux, avec moins. Pourquoi réduire ? Le monde produit toujours plus, on croit avoir besoin de toujours plus d’objets, et l’on en oublie l’essentiel : l’être au lieu de l’avoir. Cela fait très prière Bouddhiste mais tous les sages heureux vous le diront, et ils n’ont pas tort.

Concrètement : c’est le moment de faire le vide chez vous, de donner ces babioles, de vendre ces vêtements et trop et de louer cet appareil à raclette qui ne sert qu’une fois par an. Vide-greniers, vide-dressings, minimalisme… on s’y met ! Et avec les sous gagnés on s’offre un beau voyage, un restaurant, un beau moment immatériel.

Remplacer
Faire tourner l’économie circulaire, c’est s’assurer que chaque chose dure plus longtemps, en apprenant à réparer plutôt que racheter. En achetant de l’existant ou en réparant on affirme que l’on peut se satisfaire de ce que l’on a déjà. On peut par exemple remplacer ses 10 paires de chaussures par une paire plus résistante et que l’on pourra facilement faire réparer. L’investissement en vaut la chandelle. Pensez à vos grands-parents, c’étaient les rois des débrouillards, réparateurs-bricoleurs. L’avantage que nous avons sur eux ? Les tutos YouTube.

Recycler
Le recyclage est l’étape ultime de la réduction des déchets, et non la première. À vrai dire si vous avez appliqué les 3 premiers R, vous ne devriez plus avoir grand chose à mettre dans votre poubelle. Si vous achetez en vrac, et au marché, alors vous n’avez déjà plus d’emballage. Si vous avez dit non au plastique, encore moins. Il vous reste sûrement quelques enveloppes ou tickets de caisse, qui iront directement dans la case poubelle jaune. Ici encore, il s’agit de se poser la question de « quelles ressources sont nécessaires pour recycler mes déchets ». Quand on sait que le plastique est parfois envoyé jusqu’en Asie pour nous revenir sous forme d’isolant, cela fait réfléchir.

Dans tous les cas, si vous avez absolument besoin d’un produit emballé, prenez toujours l’emballage carton; c’est celui qui consomme le moins de CO2. Si vous avez envie de réutiliser le contenant, alors choisissez toujours le verre. Le verre est le plus polluant en terme de CO2, mais il est robuste et durable, et vous permettra par la suite de remplacer des tas d’emballages.

À cette étape vous ne ferez que progresser, à force de prendre de nouvelles bonnes habitudes. Jusqu’à même revenir à la consigne si les commerçants vous le proposent !

(bonus) Composter
À tout moment de votre aventure zéro déchet, vous pouvez soit investir dans un compost, soit dans un lombricompost (avec les petits vers dedans, oui oui) soit trouver un compost de ville ou dans un jardin partagé. Le compost, c’est le bonheur. C’est la fin de la boucle : vous ne verrez plus jamais vos épluchures comme des saletés mais comme une ressource incroyable. Non seulement vous éliminez les 2/3 du contenu de vos poubelles, mais vous faites pousser des plantes. Bizarrement en progressant, on en vient à tout aimer chez les plantes ! On peut apprendre à faire des tas de choses avec les épluchures (chips, tartes, bouillons…) et même réduire ce que l’on jette au compost.

Voilà, vous avez ouvert les yeux sur votre poubelle et vous ne verrez plus jamais les déchets comme avant. Étant donné que vous êtes lancés sur un parcours du combattant, on pourrait comparer cette prise de conscience à deux articles de l’Art de la guerre de Sun Tzu :
1/ Celui qui excelle à résoudre les difficultés le fait avant qu'elles ne surviennent. Le zéro déchet est simple à mettre en place, à condition de comprendre toutes les étapes de la boucle, et le pourquoi du comment. On en vient alors à s’intéresser et questionner tous les maillons de la société.
2/ Connais ton ennemi et connais-toi toi-même ; eussiez-vous cent guerres à soutenir, cent fois vous serez victorieux. Maintenant que vous connaissez les déchets et que vous avez de bons moyens pour les éradiquer, vous pouvez commencer à vous préparer à la victoire. Alors GO !

Pour aller plus loin : la box Zorro Déchet

Retrouvez aussi Tiphaine sur son blog bio Tiff in Lyon !

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