Autolib’, la liberté se fait attendre…

Publié le 16 janvier 2012 - Mis à jour le 15 novembre 2012

Le service de partage de voitures électriques à Paris a attiré quelques 7000 personnes depuis son ouverture au public. Mais tout n’est pas rose pour la BlueCar.

Les débuts hésitants d'Autolib

Depuis son inauguration en décembre dernier, le service de voitures électrique en libre partage connaît à la fois un franc succès et des couacs en série. L’idée plait, mais la réalité peine à convaincre les utilisateurs. Premier soucis, la BlueCar est presqu’invisible dans les rues de la capitale et des villes voisines qui participent au dispositif (45 villes de la petite couronne parisienne).

Actuellement, 500 voitures électriques sont en circulation, sur 250 stations et bornes Autolib’. Autrement dit, on est encore loin des deux voitures par bornes. D’où une certaine frustration des utilisateurs, qui ne trouvent pas de voiture près de chez eux. Les choses devraient changer puisque le groupe Bolloré, à l’origine du projet, assure qu’environ 300 nouvelles voitures doivent être livrées chaque mois. Un programme à la hauteur des ambitions : le groupe annonce qu’en juin 2012, il y aura 1740 BlueCars en circulation, répartie entre 1100 stations et bornes Autolib’. L’objectif final est de 3000 voitures et 6000 bornes de rechargement.

D’ici là, le groupe a du travail pour résoudre les pépins plus ou moins gênants qui s’enchaînent : carte d’abonnement muette, système qui ne réalise pas que la voiture est partie (du coup, on ne peut plus la ramener), problème de pilotage informatique global… Les bugs informatiques concentrent une grande part des mécontentements.

La voiture n’est pas exempte de critiques. Sièges inconfortables, organisation peu pratique des commandes dans l’habitacle, fragilité de certains composants (le système de fixation des balais d’essuie-glace ou celui de basculement des dossiers avant par exemple)… Se balader en BlueCar n’est pas de tout repos. Surtout que la voiture refuse parfois de démarrer, s’arrête sans prévenir en pleine rue et que ses voyants d’alerte peuvent se mettre en route soudainement et sans raison.

En terme de sécurité, la BlueCar laisse perplexe. Alors que toutes les voitures sont aujourd’hui équipées de deux air-bag pour les deux passagers avant, la BlueCar n’en compte qu’un, pour le conducteur. De même, la BlueCar n’a pas de système de blocage de la ceinture en cas de choc. Ce système, appelé « prétentionneur de ceinture », permet de retenir le corps lors du choc, ce qui le protège. Plus gênant encore, la voiture ne dispose pas du système ABS, alors qu’il est obligatoire sur toutes les voitures.

Malgré ces défauts, Autolib’ a connu un franc succès dès ses débuts, au point que le nombre d’abonnés a dépassé les estimations du groupe Bolloré. Les Parisiens seraient-ils si nombreux à chercher une alternative à la voiture individuelle ? Ce serait la grande bonne nouvelle à retenir un mois après l’ouverture du système Autolib’. Reste alors à rendre la BlueCar plus fiable pour que l’autopartage devienne une habitude pour tous.

Claire Sejournet
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