Papa Noël

Le Père Noël : histoire et marketing

Publié le 21 décembre 2011 - Mis à jour le 11 septembre 2015
Et si on évinçait le Père Noël cette année ?
Et si on évinçait le Père Noël cette année ?
© Fotolia

Impossible de le manquer : en rouge et blanc, il attire l’œil immédiatement. Dans les vitrines des magasins, sur les fenêtres des maisons, et même en balade sur les trottoirs…  Le Père Noël est partout. Mais mérite-t-il vraiment qu’on lui accorde autant d’importance ?

Doit-on le laisser croire au Père Noël ?
Doit-on le laisser croire au Père Noël ?

L’inévitable enquête de novembre est symptomatique : chaque année, on tient à nous informer du montant moyen que les Français dépenseront pour les fêtes de Noël. Si le montant diffère selon les enquêtes (pour Noël 2011, la fourchette va de 484 à 606 euros), et les conclusions s’opposent selon les chiffres retenus, ces chiffres offrent l’occasion de disserter pendant des heures sur le « moral des Français », qui se résume apparemment à leur capacité à consommer pendant les fêtes de fin d’année. Mais à qui doit-on cette nouvelle vision de Noël ? Peut-être bien au Père Noël. Car depuis qu’il est devenu le symbole de Noël par excellence, cette fête chrétienne s’est transformée en événement commercial.

La popularité du Père Noël est d’ailleurs le fruit d’une opération marketing parfaitement réussie. Arrivé aux Etats-Unis au XIXème siècle, il supplante peu à peu Saint Nicolas lors les festivités de Noël. Il en tire son nom anglais, Santa Claus (du néerlandais Sinterklaas – Saint Nicolas), et en reprend l’apparence : manteau rouge et barbe blanche. Au cours du XIXème siècle, la légende qui l’entoure se renforce : il aurait un traineau magique tiré par des rennes qui volent, serait aidé par des lutins pour préparer les cadeaux et habiterait au Nord du Cercle Polaire. Mais il faut attendre les années 1930 et la campagne de Coca-Cola pour que sa popularité explose.

Sous le pinceau de Haddon Sundblom, le Père Noël prend le visage d’un vieil homme jovial qui se requinque à grand coup de Coca-Cola, entre deux descentes dans une cheminée. Les publicités représentent des enfants s’affairant pour laisser des bouteilles de Coca-Cola au Père Noël, et d’autres les montrent entrain de boire avec lui près du sapin de Noël. Avec cette campagne publicitaire, Coca-Cola popularise aussi bien sa boisson que le personnage.

Après la Seconde Guerre mondiale, le Père Noël revient en Europe fort de son succès en Amérique. Déjà connu des Européens, il s’impose rapidement au détriment des personnages chrétiens qui se chargeaient jusqu’alors d’apporter les cadeaux aux enfants la nuit de Noël. Le marketing et l’entrée dans la société de (sur)consommation se chargent de renforcer son assise. Désormais, un Noël sans Père Noël ne serait pas Noël.

Malgré cela, quelques régions d’Europe continue à célébrer d’autres fêtes : en Europe du Nord et en Alsace-Lorraine, la Saint Nicolas (le 6 décembre) est célébrée avec faste et les enfants reçoivent des cadeaux à cette occasion. En Espagne, ce sont les Rois Mages qui apportent les cadeaux lors de l’Epiphanie (le 6 janvier). Ces deux exemples rappellent que Noël n’est pas, à la différence d’Halloween, une importation « Made in USA », que les gourous du marketing auraient cherché à greffer en Europe.

Pour les Chrétiens, la fête de Noël un message d’amour, de partage, d’humilité et de paix. Et le Père Noël le plus high-tech ne pourra jamais offrir la chaleur d’un foyer, l’amour d’un cadeau fait main, le plaisir d’une balade, une soirée ou un moment partagé avec ceux que l’on aime. Autant de cadeaux qui ne sont pas dans les catalogues de jouets que les enfants dévorent avec plus d’appétit qu’ils n’en ont pour des bonbons. Alors pour une fois, pourquoi ne pas faire le pari d’un Noël sans Père Noël ?

Claire Sejournet
Articles du dossier Noël 2012
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