Mystère

La femme, ce mystère pour l'homme...

Publié le 20 mars 2014 - Mis à jour le 12 novembre 2015
Olivier Clerc poursuit depuis 30 ans un cheminement personnel mêlant spiritualité et développement personnel, et un parcours professionnel en tant qu’auteur, formateur et traducteur, dans les mêmes domaines. Il anime régulièrement des conférences et ateliers en France et à l’étranger et est l'auteur d'une douzaine de livres.
Le respect du féminin, de son secret, de son mystère, c’est en soi qu’il faut d’abord le cultiver.
Le respect du féminin, de son secret, de son mystère, c’est en soi qu’il faut d’abord le cultiver.
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Femme sans tabou, oui, mais pas sans mystère. Ce qui est caché est précieux et ne se révèle qu'à quelques conditions. Ne pas tout mettre en lumière, voilà la clé d'un mariage parfait des polarités féminines.

"Féminin sans tabou, oui, mais pas sans mystère !". Le féminin, en effet, reste pour moi étroitement lié au mystérieux, dans le plus beau sens du terme. À ce qui est caché, précieux, à ce qui ne se dévoile et ne se révèle qu’à certaines conditions…

Mais ce qui est caché, ce qui est dans l’ombre, a mauvaise presse de nos jours. Aujourd’hui, il faut tout dire, tout révéler, tout mettre en lumière. À bas les non-dits ! Ce qu’on cache est forcément douteux, quelque secret honteux. Alors, exposons tout, éclairons tout ! 

L'ombre et la lumière du féminin, indissociables

Cette sorte de dictature de la lumière est d’essence profondément masculine et relève d’une méconnaissance des aspects positifs ET de l’ombre, ET de la lumière. Elle vise inconsciemment à imposer à tout ce qui est d’essence féminine à adopter les modes d’existence et d’expression du masculin : l’égalité par l’imitation de l’autre polarité, plutôt que par l’affirmation de sa propre essence, tout à fait unique et complémentaire. 

Bien sûr, il y a l’ombre qui sert à tisser sa toile, à manipuler en secret, à tricher, à dissimuler. Mais, ne l’oublions pas, c’est aussi dans l’obscurité protectrice d’un ventre maternel que le fœtus se forme pendant neuf mois. C’est dans les profondeurs obscures de la terre que germe la graine qui ensuite, le moment venu, s’épanouira à la lumière.

C’est dans le mystère de la nuit et sous la protection de la lune que nombre de belles amours ont vu le jour avant d’oser s’exposer.

C’est dans le secret de notre psyché intime que se forment nos projets et nos créations qui, si nous les exposons trop tôt à la lumière en en parlant, sont alors tués dans l’œuf. Car si la lumière – côté positif – éclaire, révèle, illumine, si elle fait croître la végétation, si elle dissipe les doutes et les zones d’ombre malsaine, il y a aussi une lumière – versant négatif – qui détruit, qui tue ce qui n’est pas prêt à s’y exposer.   

Libérer le féminin mais en respecter le mystère

Libérer le féminin des tabous qui l’étouffent, ça me semble une nécessité. Mais ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain. Gardons-lui aussi sa part de mystère, sa fécondité secrète, ses richesses profondes qu’une lumière inopportune peut profaner. C’est ce qu’enseigne l’histoire de la poule aux œufs d’or : elle cesse définitivement d’offrir ses trésors si on lui ouvre les entrailles. Prenons soin d’elle, respectons son mystère et son intimité, et elle restera longtemps féconde. 

J’ai employé à dessein les mots "féminin" et "masculin", sans jamais parler d’hommes ni de femmes. C’est que chacun d’entre nous porte en soi ces deux polarités à plusieurs niveaux : le plus évident est le couple formé par notre mental masculin, rationnel, qui projette partout ses lumières, et notre cœur féminin, plein de mystère, qui nourrit de la chaleur des sentiments les projets que nous mettrons au monde.

C’est là, en soi, que nous sommes d’abord invités à réussir à marier harmonieusement nos polarités en un véritable hieros gamos, une union sacrée. Le couple extérieur que nous formons ensuite avec notre partenaire – si l’on prend le temps de les analyser – est le plus souvent le reflet criant de celui que nous avons tout d’abord créé en nous-mêmes. 

Le respect du féminin, de son secret, de son mystère, c’est donc en soi qu’il faut d’abord le cultiver, en apprenant notamment à mieux connaître l’univers du cœur et des sentiments, que la phallocratie intellectuelle scolaire et éducative laisse encore injustement de côté, entraînant tant de misère relationnelle. La juste place que la femme parviendra à prendre dans la société sera à l’image de celle que chacun de nous saura réserver au féminin dans son propre for intérieur. 

L'expert :

Olivier Clerc poursuit depuis 30 ans un cheminement personnel mêlant spiritualité et développement personnel, et un parcours professionnel en tant qu’auteur, formateur et traducteur, dans les mêmes domaines. Il anime régulièrement des conférences et ateliers en France et à l’étranger et est l'auteur d'une douzaine de livres.

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