Mode éthique

Ni fourrure ni cuir dans nos vêtements, c'est plus éthique et aussi chic

Publié le 8 janvier 2014
Porte parole du comité Pro Anima et du fond EthicScience pour une recherche plus éthique, chargé de campagne "merci la mode" pour une mode sans fourrure.
De la fourrure de Doliphan, un animal imaginaire, une campagne du WWF.
De la fourrure de Doliphan, un animal imaginaire, une campagne du WWF.
© WWF

Et si le vrai chic était avant tout une question d'éthique ? Chiche ! Troquons cuirs et fourrures pour des matières respectueuses de l'environnement et des animaux. Le style et l'empathie ne se faisant pas forcement concurrence, il n'y a pas à choisir entre l’un ou l’autre.

La fourrure, qui n'en finit pas de revenir sur le devant de la scène jusqu’à l’indigestion, n'est pas là pour rien! Depuis des années, la filière a construit un discours déculpabilisant "prêt à penser" qui a pris remarquablement bien dans le terreau de notre société individualiste et trop matérialiste! En cousant de toute pièce le mythe d'une filière écologique, le secteur de la fourrure a fait très fort dans l’art du greenwashing! Un véritable tissu de mensonges reposant sur une  confusion entretenue entre "fibre naturelle" et industrie écologique, ce que ne sera jamais la fourrure.

80 visons pour un manteau de fourrure

Les élevages ont un impact certain sur l'environnement. Les usines à fourrure participent à la dégradation de notre planète et au gaspillage des ressources naturelles. Aucun textile n’est réellement green! Cependant, tous n’infligent pas autant de souffrances aux animaux. Une valeur ajoutée dans la cruauté qui n’est pas un mythe: les ONG possèdent des informations sur les conditions d'élevages des animaux.

Tout le monde ne sait pas forcément que pour obtenir de la fourrure, il faut élever un animal à cet effet, avant de l’écorcher pour lui prélever son précieux pelage. Les animaux passeront 6 à 8 mois dans des cages en batteries. Il leur sera impossible de courir, de creuser ou de socialiser avec d’autres congénères…Que de souffrances psychologiques pour eux avant de subir le pire : gazage, électrocution voire mise à mort à coup de bâton en Chine…

Les pelages sont apprêtés et traités avec des produits chimiques afin de stopper la décomposition, puis parfois teints.

Ainsi donc, il faudra jusqu'à 80 visons pour un manteau de fourrure. Et pour une simple décoration de capuche, 2 animaux devront être sacrifiés (raton-laveurs, coyotes, renards…).

Les peaux sont ensuite vendues par lots lors de ventes aux enchères organisées régulièrement par les maisons de fourrures, comme la puissante saga furs, organe responsable du retour de la fourrure dans l’univers de la mode.

Pourtant, les images fortes d’animaux maltraités dans les usines à fourrure font échos au discours de certains experts, nous rappelant le caractère sensible des animaux. Loin d’être un discours purement militant, la question animale s’infiltre aujourd’hui dans nos dressings room.

Alors vous hésitez avant de  profiter des soldes pour acquérir une de ces fameuses parkas avec décoration en fourrure ? Ne désespérez pas ! Évitez simplement les poils de coyote et picorez dans ces quelques idées shopping, liste non exhaustives.

Ces créateurs de mode qui vendent faux cuir et fausse fourrure

Des marques prestigieuses proposent des capuches ornées de fourrure synthétiques haut de gamme comme Guess.

Le cuir, quant à lui, bien que souvent issu d’animaux ayant été consommés (sauf cuirs exotiques), est également une matière synonyme de souffrance ainsi qu’une filière polluante.

Tout le monde connait la prêtresse de l'éthique chic, Stella Mc McCartney. Elle n’utilise aucune matière animale et a contribué à donner ses lettres de noblesses aux matières synthétiques et végétales. La créatrice vient de  créer son propre cuir alternatif : le nappaécologique. Il s’agit d’une matière innovante avec un revêtement élaboré issu d’huile végétale à hauteur de plus de 50%. Cette methode, qui permet d’utiliser moins de pétrole dans les produits, est aussi 100% animal friendly.

L’équivalent masculin de la créatrice pourrait bien être Bruno Pieters, ancien de chez Hugo Boss avec sa marque Honest by. Cette nouvelle maison offre une mode éco consciente dont beaucoup sans matières animales. Elle propose pour chaque article une fiche de traçabilité (origine, matières, impact environnemental): le comble du luxe.

Matt & Nat, Mademoiselle Pimpante, April 77 : 100% éco !

Plus abordable, la marque Matt & Natt propose des articles en maroquineries vegan vraiment très beaux!

Leur motto est de n’utiliser que des matériaux éco/recyclés autant que possible. L’idée par exemple d’utiliser des bouteilles en plastique recyclées pour les doublures des sacs est très ingénieuse pour un résultat esthétique parfait ! Très réussi également l’ajout de pièces de liège pour certaines pochettes…

Envie d’un perfecto? Rendez-vous chez April 77 pour en essayer un en coton ciré. La marque rock branchée fondée par Brice Partouche est surtout connue pour avoir popularisé les jeans slim pour le meilleur et pour le pire (!).

Enfin, pour des peaux lainées plus belles que les vraies, c’est sur le site de Mademoiselle Pimpante qu’il faut se rendre. Les deux sœurs végétariennes proposent, entre autre, fausse fourrure ou ce superbe blouson en peau lainée sans cruauté animale.

Vous l’aurez compris, en matière de textile, et d’un point de vue strictement environnemental, sans même évoquer le problème que représentent certaines conditions de travail inacceptables (travail des enfants, ouvriers sous payés), rien n’est simple.

Il appartient à chacun d’entre nous de faire des choix respectueux de l’écologie  et des animaux. Ces notions ne sont pas toujours faciles à déceler lors de nos achats mais il faut garder en tête certains principes de base:

Les fibres synthétiques, même si elles ne sont pas la panacée en terme environnemental, ne sont pas choquantes pour autant dans un monde qui reste dépendant du pétrole. Elles ont tout de même le grand mérite d’épargner des vies animales. Quand aux fibres végétales, elles sont à privilégier, sauf pour le coton qui est extrêmement gourmand en eau…

En un mot entre une veste en fourrure de chien fabriquée en Chine et un habit en fibre de lin réalisé en France, le choix est vite fait, n’est-ce pas?

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