Devenir "blande"

Audrey assume ses cheveux blancs : "Ils n’ont jamais été aussi beaux!"

Publié le 14 septembre 2017
Trentenaire, Audrey assume désormais ses cheveux blancs
© Photo personnelle Audrey Cha

Il y a quelques jours, notre article intitulé "Comment (et pourquoi) assumer ses cheveux blancs" vous a fait vivement réagir. Nous avons recueilli le témoignage d’Audrey, fidèle lectrice de 36 ans, qui nous raconte comment elle a fini par assumer et même à aimer sa chevelure grisonnante.

Le livre de Sophie Fontanel, "Une Apparition", met en lumière un sujet de société très fort : la peur de vieillir des femmes… ou plutôt la peur que la société a des femmes qui vieillisent. Audrey partage avec nous le cheminement qui l’a poussée à laisser réapparaître ses cheveux blancs… Et les enseignements qu’elle en a tiré. Un témoignage pour le moins inspirant!

A lire sur FemininBio : Cheveux blancs, pourquoi (et comment) les assumer!

Des premiers cheveux blancs apparus "bien trop jeune"
"J’ai eu mes premiers cheveux blancs à 22 ans, à l'époque je me teignais déjà les cheveux depuis l'âge de 18 ans… Pour l'effet de mode! Je testais les couleurs un peu tendance (acajou, violine, bleuté)… Toutes chimiques, achetées en grande surface et, une fois par an, chez le coiffeur. Très vite, je n’ai plus réussi à m’en passer. Je me trouvais encore bien jeune pour avoir des cheveux blancs… Je ne supportais pas, à la moindre repousse, de voir mes cheveux grisonnants. Je devais également faire face à de nombreuses critiques, ce que je vivais très mal.

Des complexes et la peur de vieillir qui poussent à cacher les cheveux blancs
J’ai eu une adolescence et un début de vie de jeune adulte compliqués en tant que femme et je suis persuadée que mon manque de confiance en moi, mon mal être et mes complexes m’ont poussée à "cacher" ce signe de vieillesse… Car oui, pour moi, c’est la peur de vieillir qui dominait. Déjà à cette époque, j’étais très mal à l’aise en présence de personnes âgées - ou du moins celles qui sont physiquement marquées par l’âge.

A lire sur FemininBio : Comment prendre de l'âge sans vieillir ?

Un long travail de développement personnel pour enfin s’accepter
Lorsque j’ai eu 25 ans, j’ai entamé un gros travail personnel. Je voulais être enfin épanouie et cela passait par me libérer de tous les schémas qui bloquaient mon évolution et mon accomplissement. Cela m’a pris 8 ans… 8 longues années de développement personnel à devoir affronter mes peurs et mes complexes pour enfin m'accepter comme je suis et tout simplement ressentir et constater mon bien être intérieur à l'extérieur.

Arrêter les colorations en douceur en utilisant le henné
J'ai commencé, à 33 ans, par arrêter progressivement les colorations chimiques que j'ai remplacées plus naturellement par du henné. Je voulais permettre à mes cheveux de se ressourcer et de retrouver tout doucement leur véritable nature. J'ai continué le henné jusqu'à ce que la démarcation avec la coloration chimique ne soit plus flagrante.

A lire sur FemininBio : "La coloration végétale tient mieux que la coloration chimique"

"Mes cheveux blancs sont aujourd’hui une fierté !"
Mes proches n'ont pas toujours compris ma décision d’arrêter les colorations : mes amis, ma famille et même mon coiffeur ! Je pense qu’ils ont les même a priori que moi : la société nous impose de cacher les signes de vieillesse. Pourtant, aujourd’hui, je suis tellement fière de mes cheveux blancs. Ils m’ont permis de m’affirmer, d’assumer ma féminité. Je me sens belle et bien dans ma peau… Tout simplement : femme ! 

Une transition longue mais qui en vaut la peine
Lorsque l’on a été complexé par ses cheveux blancs pendant des années et qu’on a pris l’habitude de les camoufler, le chemin peut être long… Il faut prendre le temps de réaliser que cacher ses cheveux blancs n’est pas toujours un choix. Qu’il nous est souvent imposé par notre entourage, notre coiffeur, notre employeur… De mon côté, je n’en pouvais plus d’être étouffée, j’avais besoin de retrouver ma féminité naturelle. La transition peut être longue, mais finalement pas davantage que lorsque l’on passe d’une coupe courte à une coupe longue : il y a des longueurs intermédiaires, pas forcément faciles à tenir, mais ça en vaut la peine !

A lire sur FemininBio : Appliquer l'auto-compassion en tenant un journal

Des cheveux plus beaux, brillants et denses que jamais
Mon conseil ? Y aller, à son rythme et laisser ses cheveux respirer ! Mes cheveux n’ont jamais été aussi beaux, brillants, souples et denses... Aujourd’hui, je reçois de nombreuses remarques bienveillantes voire envieuses sur ma couleur de cheveux. On me demande même parfois la référence de ma couleur, l’adresse de mon coiffeur… Quel bonheur de répondre : 'Je ne touche plus à mes cheveux, c’est ma couleur naturelle !' Si je n’avais qu’un mot à dire, ce serait : Osez! Osez être vous-même! Assumez votre âge, votre apparence, votre corps et vos convictions. Le naturel d’une femme est tout ce qu’il y a de plus beau!"

A lire sur FemininBio : 4 choses à savoir sur le mouvement Body-Positive

Articles du même dossier