Cosmétiques bio : quel système de conservation ?

Publié le 8 mai 2007 - Mis à jour le 24 août 2015
Journaliste indépendante, diplômée de l'École supérieure de journalisme de Lille, Laurence Wittner est cofondatrice, directrice de publication et rédactrice en chef de L'Observatoire des Cosmétiques.
© photl

Conservateurs doux, huiles essentielles et emballages intelligents comme la pompe airless, la cosmétique bio développe actuellement des méthodes innovantes.

Au naturel : quel système de conservation ?
Au naturel : quel système de conservation ?
Pour garantir sa sécurité microbiologique et sanitaire, un cosmétique doit pouvoir conserver intactes ses caractéristiques dans le temps. Mais conservation ne veut pas forcément dire "conservateurs".

Un produit fait de corps gras et d’eau (comme un cosmétique) et entreposé à température ambiante devient rapidement un milieu de culture foisonnant de moisissures et autres bactéries. Inacceptable dans un produit de beauté... qu’il faut bien conserver, d’une façon ou d’une autre.
Conservateurs tueurs
À la base, et c’est bien pour cela qu’on les utilise, les conservateurs sont des tueurs. De bactéries, certes, mais des tueurs quand même, et la plupart ne peuvent pas remplir leur mission sans causer quelques dommages collatéraux, qui se traduisent en irritations cutanées, allergies, ou risques de toxicité. Le législateur, qui les autorise le plus souvent en concentrations limitées, a tranché : mieux vaut garantir la sécurité immédiate, quitte pour cela à risquer de souffrir de quelques effets secondaires, plus ou moins maîtrisés, plus ou moins importants, et à plus ou moins long terme… même quand on parle de substances cancérogènes.
Conservateurs protecteurs
Tous pourtant ne comportent pas les mêmes risques, et quand ils sont indispensables, on peut se tourner vers ceux qui paraissent les moins suspects. La cosmétologie naturelle et bio en accepte ainsi quelques-uns, comme les Sodium benzoate, Potassium sorbate, Benzyl alcohol, Dehydroacetic acid… Au spectre d’action suffisamment large pour garantir une sécurité optimale des produits, et aux effets secondaires très limités.
Sans conservateur ?
Est-ce possible un produit sans conservateur ? Est-ce ce sûr et sans danger ? Parfois, oui. Quand le produit n’a pas besoin de substance particulière pour rester stable. C’est le cas des poudres qui ne risquent quasiment pas de contaminations microbiennes. Ou des huiles végétales pures et corps gras simples (comme le beurre de karité) qui n’ont besoin que d’antioxydants (comme la vitamine E) pour éviter le rancissement…
Conservateurs naturels
Et puis il existe, au naturel, des composés que la nomenclature officielle ne classe pas parmi les conservateurs, mais dont les propriétés antibactériennes peuvent tout à fait participer, avec efficacité, à un système de conservation alternatif aux substances classiques. C’est le cas de l’alcool, par exemple, de certains extraits végétaux aussi et bien sûr de nombres d’huiles essentielles. Dans ce cas, les produits qui en contiennent peuvent s’afficher sans mentir « Sans conservateur »… mais pas sans système de conservation !
Laurence Wittner
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