Jeûne

Jeûner pour être en bonne santé

Publié le 18 mars 2015
© photl

Le docteur Jean-Pierre Willem, fondateur de la faculté libre de médecines naturelles à Paris nous parle des extraordinaires vertus thérapeutiques du jeûne.

Prévenir les maladies plutôt que les guérir, c’est la philosophie du docteur Willem. Son livre Le jeûne, une méthode naturelle de santé et de longévité est une initiation à cette pratique détoxifiante et assainissante. 
Que signifie jeûner ?
Il y a plusieurs jeûnes. Le jeûne hydrique est le jeûne complet. On ne boit que de l’eau peu minéralisée, c’est important car les minéraux qui sont présents dans l’eau ne sont pas assimilables par le corps. Au départ, on puise dans le glucose, ça dure un à deux jours, puis dans les graisses abdominales par le foie. Nos réserves nous permettent ainsi de nourrir le cerveau. 
Il y a aussi la solution de la réduction alimentaire, qui consiste supprimer les deux-tiers de notre alimentation normale. 
On a tendance à penser qu’il faut manger pour prendre des forces. Vous prétendez au contraire que le jeûne peut aider à être en bonne santé…
Du temps de Néanderthal et de Cromagnon, il y avait des épisodes de faim car on ne trouvait pas toujours d’animaux pour se nourrir. Notre code génétique est programmé pour le jeûne. Tous les peuples dont l’espérance de vie est très haute, les Hounza, les centenaires de Vilcabamba en Equateur et la population d’Okinawa au Japon, ont ceci en commun qu’ils ont une alimentation très frugale. C'est aussi une pratique culturelle. Les trois religions monothéistes ont toujours observé des périodes de jeûne : le Carême, le Ramadan, Yom Kippour. La privation de nourriture est un gage de longévité pour le corps. Jeûner pour être en bonne santé, c’est vieux comme le monde !
Vous recommandez un jeûne hydrique de quarante jours, comment un tel jeûne se vit-il au quotidien ?
Aux alentours du 3ème jour sans manger, on passe en acidocétose. On se sent mal car on élimine tout. On a mauvaise haleine, des migraines... Puis il y a une bascule bénéfique : la tryglycémie et l’insuline chutent. C’est là que la sérotonine monte. Ce neuromédiateur nous procure une sensation de satiété et de joie de vivre. Le jeûne se passe alors bien, on se sent heureux et léger.
Selon la densité des graisses abdominales, le jeûne peut durer un mois ou deux. Mais il suffit d’une quarantaine de jours pour atteindre la plénitude. Dès que la faim revient, c’est un signal : il n’y a plus de graisses abdominales et on attaque les protides, des nutriments nobles, le cœur et les organes. Il faut donc recommencer à s’alimenter. Le jeûne hydrique total est un peu difficile. Ne pas manger pose un problème psychologique, on a peur de mourir. C’est pour ça qu’il vaut mieux le faire en groupe et être accompagné médicalement.
Le jeûne paraît peu compatible avec la vie active…
Au contraire ! On préconise une activité physique modérée lors du jeûne. On peut donc tout à fait travailler et jeûner. Seuls les trois premiers jours sont douloureux, durant cette période il vaut mieux en effet ne pas travailler. 
Quel est l’effet du jeûne sur le cancer ?
La pratique du jeûne est intéressante pour soigner le cancer. En effet, la cellule cancéreuse a un régime anéarobique ce qui signifie qu’elle n’a pas besoin d’oxygène pour se développer. Par contre, elle a besoin de vingt fois plus de glucose qu’une cellule normale. Quand on est en acidocétose, le terrain est acide ce qui signifie que le cancer ne peut pas profiter du glucose. Le terrain cancéreux peut ainsi être assainit. C’est la théorie du docteur André Gernez qui a guéri 80 % des cancers du foie chez le rat en suivant cette méthode. 
Le jeûne a-t-il des effets secondaires néfastes pour le corps ? 
Non, à part une difficulté psychologique les premiers jours et notamment le troisième. Après 5ème jour, c’est la plénitude. Certains écoutent de la musique classique, d’autres retrouvent la spiritualité, on est dans une certaine euphorie. Et pendant ce temps là, la graisse abdominale disparaît peu à peu. Les gens se plaignent de leur embonpoint, cette thérapie est un régime radical.
Quelles précautions particulières faut-il prendre avant de se lancer dans le jeûne ?
Il est recommandé de s’adapter peu à peu à l’absence de nourriture, mais beaucoup jeûnent spontanément. Il faut être préparé psychologiquement. Si vous êtes stressé retrouvez le calme avant de vous lancer. C’est bien aussi d’être entouré.
 
Jean-Pierre Willem a écrit Le jeûne, une méthode naturelle de santé et longévité, paru aux éditions Guy Trédaniel.

>> Pour une lecture optimisée, retrouvez cet article dans votre magazine iPad de mars 2015

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Réactions à l'article
Par michaela le 27 mars 2015 à 10h38
Je confirme!

J'ai fait un jeûne de 23 jours chez moi l'été dernier, je peux confirmer 100% les effets bénéfiques de cette expérience! Il est plus facile quand on est seul, mais j'ai même pu préparer les repas pour ma famille, après la première semaine!

Par orevavie le 4 mai 2015 à 20h13
demain

Bonjour, je commence mon 1er jeûne spontanément. Avez-vous quelques conseils à me soumettre ? Merci.

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