Le lait : calcium et polémiques

Publié le 23 janvier 2012 - Mis à jour le 15 novembre 2012

Partisans et détracteurs du lait affûtent depuis des années leurs arguments, brandissant études scientifiques et rapports officiels. Qui a raison et qui a tort ?

Le lait : calcium et polémiques

Pendant des décennies, le lait a été considéré comme source de bienfaits pour la santé. Riche en calcium, phosphore, magnésium et protéines, on a assuré qu’il favorisait la croissance osseuse et le bon développement des dents. Il jouerait un rôle préventif de l’obésité et réduirait le risque de cancer colorectal et de cancer du sein.

Le problème, c’est que depuis quelques années, ses détracteurs affirment exactement le contraire. Ils assurent que le lait augmente le risque de cancer et de diabète, qu’il fait grossir et qu’une grande majorité des adultes (75% dans le monde, mais 15% seulement en Europe) sont intolérants au lactose, donc doivent éviter d’en consommer.

Il est très difficile de faire la part des choses, car les partisans de chaque camp réussissent à trouver des études scientifiques qui vont dans le sens des thèses qu’ils défendent. Le lait est un élément complexe, et les études manquent pour que les scientifiques puissent se faire un avis plus tranché sur la question. Toutefois, une affirmation fait presque l’unanimité : le lait n’est pas un aliment indispensable. Mais pour la majorité des gens, il n’est pas dangereux d’en consommer en dose raisonnable (un à deux verres par jour).

Une chose est sûre, mieux vaut consommer du lait de vache bio que du lait de vache conventionnel. L’environnement des vaches laitières a une influence très forte sur la composition du lait. Par exemple, le lait est naturellement riche en graisse, or les pesticides sont lipophiles, c’est-à-dire qu’ils ont tendances à s’accrocher aux graisses, et des études tendent à montrer qu’ils ont un lien avec l’apparition de la maladie de Parkinson. De même, dans l’agriculture conventionnelle, les vaches reçoivent plus d’antibiotiques, qui passent dans le lait. Le consommateur ingère donc à son insu des antibiotiques, ce qui peut être dangereux en cas d’allergie à certains composants (la pénicilline par exemple).

Les alternatives au lait de vache sont variées, mais elles ne sont pas toujours évidentes à mettre en place, notamment avec des enfants en bas âge. En effet, le lait de chèvre, brebis et buffle, qui sont plus riches en calcium que le lait de vache, ne sont pas recommandés pour les enfants de moins de deux ans. Pas plus que ne le sont les laits végétaux (soja, riz, noix).

De même, considérer les laits de noix (amandes, noix de cajou…) comme des alternatives au lait de vache n’est pas juste. Ces laits ne contiennent pas les mêmes éléments nutritifs, et il y a donc des risques de carences. Quant aux laits de soja ou de riz, préférez ceux achetés en commerce, car ils sont renforcés en calcium et en vitamines A, D et B12, ce qui en fait de bonnes alternatives au lait de vache.

Si le but n’est pas de remplacer le lait par une autre boisson, vous trouverez facilement d’autres sources de calcium : amandes, noisettes, noix, pistaches, brocolis, légumineuses, algues… Et les légumes riches en calcium présentent un avantage non négligeable : leur calcium est beaucoup plus assimilable que celui du lait (50 à 60% contre 30%).

Claire Sejournet
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