Le sucre, poison gourmand

Publié le 23 janvier 2012 - Mis à jour le 11 septembre 2015

Difficile de ne pas craquer pour un bonbon, un gâteau ou tout autre petit plaisir sucré. Et pourtant… Les médecins tirent la sonnette d’alarme : non seulement nous consommons trop de sucre, mais en plus nous y sommes accros.

Le sucre, poison gourmand
Le sucre, poison gourmand

Une drogue, le sucre ? Oui répondent sans hésiter certains médecins. Nous naissons avec une propension à aimer le sucre, et ce goût pour le sucre se renforce en grandissant. Rapidement, plus on aime le sucre, plus on en mange. Et plus on en mange, plus on l’apprécie. Un cercle vicieux dont il serait temps de sortir.

Chaque année, les Français consomment en moyenne 35kg de sucre par personne. Nous sommes loin des 63kg des Américains, mais c’est malgré tout un chiffre bien trop élevé. Or si les consommateurs ont conscience que certains produits sont hyper-sucrés (bonbon, biscuits, boissons gazées…), une grande partie de la consommation de sucre est bien souvent involontaire. Tout comme le sel, le sucre se glisse presque partout dans l’industrie agro-alimentaire. La raison est double : le sucre est utilisé comme conservateur, et il modifie le goût des aliments pour le rendre plus adapté à nos attentes gustatives (qu’il a créé et entretient).

Les résultats de cette surconsommation sont connus : obésité, diabète… Ces maladies se sont largement développées dans la population depuis les années 1980. Au point que les médecins parlent d’« épidémie d’obésité ». Parmi la population adulte française, près de 30% étaient en surpoids en 2006 et plus de 12% étaient obèses. Chez les enfants, la situation est pire. En 2005, un rapport l’International Obesity Task Force révélait qu’un enfant sur cinq est obèse en Europe. Et alors qu’en 1970, l’obésité infantile augmentait de 0,2% par an, elle augmente aujourd’hui de 2% par an.

Les statistiques s’affolent et les médecins s’inquiètent. Mais le surpoids et l’obésité ne sont pas les seuls ravages du sucre. Le diabète, maladie grave, connaît lui aussi un fort développement dans le monde. Comme pour l’obésité, les médecins parlent de pandémie mondiale. En France, plus de 3 millions de personnes sont diabétiques. Longtemps considérée comme une « maladie de la soixantaine », le diabète touche les personnes de plus en plus tôt. Plus grave encore, elle touche aussi les enfants, surtout dans les pays développés.

Alors que faire ? Difficile de passer des heures au supermarché pour déchiffrer les étiquettes et choisir les produits à faible teneur en sucre. Et encore faudrait-il savoir lire les étiquettes. Sucre, sucres saturés, glucides… les noms varient, mais pas les conséquences. Pourtant, c’est le premier geste à faire pour sa santé. On peut ensuite préférer le « fait maison » aux achats de l’industrie agro-alimentaire. Attention toutefois si la recette contient du sucre. Tous les sucres ne se valent pas, et mieux vaut privilégier le sucre complet ou le sucre intégral. Le sucre roux peut être du sucre blanc coloré, or rien n’est pire que le sucre blanc ! Dépourvu de l’immense majorité de ses qualités nutritionnelles, le sucre blanc est un concentré de calories qui donne une énergie passagère tout en épuisant le système digestif.

Anti-sucre ou envie de consommation alternative ? Vous aurez le choix ! Le sirop d’agave, le sirop d’érable et le miel sont certainement les alternatives les plus connues. Ils sont par conséquence facilement disponibles dans les grandes surfaces à des prix très abordables. Il n’en va pas de même avec la poudre de stévia. Tirée des feuilles du stévia, elle dispose d’un atout maître : un très fort pouvoir sucrant pour une valeur calorique quasi nulle. Mais elle est chère (prix moyen : 10 euros les 50g, disponible dans certains magasins spécialisés et en ligne).

Claire Sejournet
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