Voilà quelques temps que je voulais ouvrir ce sujet de discussion, notamment à la suite d'un échange téléphonique avec une créatrice de parfums. Le monde des parfums me fascine et j'en ai créé quelques uns, qui je dois l'avouer, étaient plutôt réussis (dont une Cologne épatante dont j'ai... égaré la formule). J'aimerais bien me perfectionner, c'est pourquoi j'aimerais partager votre expérience, si vous aussi vous avez créé vos propres "jus" !
Bonjour Sylvie ! Eh bien comme toi je suis une amoureuse des parfums. J'en ai fait quelques uns à la maison, le premier était immonde mais les autres sont assez bien réussi.
J'adore faire mes parfums... ce que je regrette par contre est leur faible tenue. Cela malgré les fixant comme l'iris. Mais c'est pour ma part une vrai joie de découvrir mon parfum après un mois d'attente
Peux tu me donner ta recette de parfum réussi, stp ??.
J'ai testé pour ma part un "déo" maison, il était immonde aussi du coup je l'utilise sur mes jambes pour leur donner de la fraicheur (alcool à 90 % + eau florale de rose + HE citron + (je ne sais plus et je n'ai pas le produit etiqueté vers moi)...) bref je ne conseille pas du tout ce genre de mélange). Je crois que l'odeur de l'eau de rose m'insupporte en fait et il faut faire attention avec quoi on la mélange.
Sinon j'en ai une autre aussi exotique qui est pas mal du tout ! Tu n'auras qu'à aller voir dans mon index de recette section "Parfum". Je metterais aussi bientot des petites recettes sur mon blog ici chez Femininbio.
Voilà !
Sinon Sylvie j'aimerais bien découvrir ta recette de parfum !!
Je vais essayer de recréer de mémoire, cette Cologne, qui est si réussie (sans fausse modestie) : je me souviens que la touche d'originalité venait du romarin. L'autre formule est un fleuri, un peu classique, qui convient plutôt à une dame qu'une une toute jeune fille (comme toi...). C'est amusant, car je l'ai fini, liquidé, plus une goutte, le semaine dernière. Je recherche la formule et la met en ligne aussi sec.
Voici la dite formule (pour 50 ml d'alcool à 90°) • Formule "Green de Verlaine" : 22 gouttes de petit-grain, 16 gouttes de : ylang-ylang, litsea, géranium rosat, 12 gouttes de bois de rose, 8 gouttes de lavande fine, 6 gouttes de citron jaune (zeste) 4 gouttes de ciste ladanifère. Je l'ai appelée ainsi, car dedans il y a des fruits, des feuilles, des feuilles et des branches... http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/paul_verlaine/
green.html
En ce qui concerne l'alcool à 90°, je vais vous en reparler d'ici peu.
Pour es parfums, j'emploie des HEs de marques diverses, achetées notamment chez des "petits producteurs". En ce qui concerne les absolus, j'ai fait ma commande auprès de Néroliane. Mais je viens de découvrir ce site : http://desfragrances.canalblog.com/archives/2009/04/01/7997043.html (indisponible ces jours-ci, mais c'est provisoire...)
Pour ce qui est du temps de repos, je pense que c'est un peu comme pour le vin : il faut laisser le produit se bonifier. Je ne suis pas spécialiste, mais dans un mélange parfumé à _base_ d'HEs et d'absolus, on peut trouver plusieurs centaines de molécules odorantes. Il faut bien qu'elles s'équilibrent entre elles et se répartissent uniformément dans le solvant alcoolique.
Puisque j'y suis, je vais donc parler de l'alcool : on emploie généralement pour les parfums de l'alcool à 90° car on le trouve en pharmacie. Il dissout bien les HEs, mais il est un peu insuffisant pour les oléorésines (benjoin, myrrhe, patchouli, styrax...). Le résultat, c'est que le parfum peut demeurer un peu laiteux (comme du pastis!) ou trouble, malgré le glaçage et la passage à travers un filtre. Une spécialiste m'a dit que dans ce cas, il faut acheter de l'alcool ARO, qui est encore plus pur (94-95%). Malheureusement, il est très difficile de s'en procurer en France ! Si quelqu'un a un tuyau, ce n'est pas de refus.
Sylviebio, connais-tu le site www.herbessence.ch ? Je l'ai parcouru (il y a un peu de temps déjà) et il vendait, me semble-t-il, de l'aromathérapie. Mais sous réserve parce-que je vois que l'adresse est bizarre !!!! Et bien je crois que c'est bon puisque je viens de rechercher et ils vendent de l'alcool aro.
C'est intéressant de faire ses parfums soi-même. Pour tout vous dire, je n'ai JAMAIS (de ma courte vie) trouvé de parfum qui m'aille. Je dois avoir quelque chose sur la peau qui transforme le parfum et ça ne donne jamais quelque chose de bon (odeur trop forte, écœurante), et pourtant j'en ai testé des parfums ! Concernant ton site, naturbelle, je pense qu'il vaut quelque chose, c'est un site suisse, surtout cette page, qui détaille très bien une foule de choses http://www.herbessence.ch/index1.html . Il propose également de l'alcool aro, que vous avez mentionné plus haut, mais c'est précisé "Alcool dénaturé avec du phényl et du romarin", je ne sais pas ce que ça signifie. Quelqu'un peut m'aider? :_b_link__:
En effet, c'est du sur mesure. j'ai lu l'article quand il a été mis en ligne.
Je pense en effet que c'est intéressant. Ce parfum personnalisé n'a pas que la vocation de parfumer, n'oublions pas que l'on utilise des huiles essentielles et qu'elles sont thérapeutiques.
J'aime beaucoup le processus pour arriver au choix des huiles : parler de soi.
Pour celles et ceux qui vivent en Ile de France, allez-y!!
De plus, après ses multiples interventions dans l'émission Bien-être, et après l'avoir rencontré et félicité pour son livre (Le Guide de l'Aromathérapie, Ed. Albin Michel), je pense pouvoir dire que Guillaume Gérault est une personne de très instinctive, qui sait utiliser à merveille ses cinq sens.
Pour répondre à Naturbelle : je ne connais pas le site de Herbessence, du moins le nom me dit franchement quelque chose, mais pas la présentation visuelle. Cela-dit, il est possible que celle-ci ait changé depuis ma dernière visite. En tout cas, pour l'avoir parcouru, il me semble franchement bien : la sélection de produits est intéressante et la qualité semble au rendez-vous (je pense qu'on peut faire confiance à nos amis suisses !). Pour répondre à Miminichou : si l'alcool est dénaturé avec du phényl et du romarin, c'est pour le rendre impropre à la consommation (j'entends par là : consommation sous forme de boisson alcoolisée, hipps:_b_link__: ). Il est bien précisé que c'est pour employer en spray, dans le cadre de l'aromathérapie (càd que c'est la préservation des propriétés pharmacologiques des HEs qui est recherchée, mais pas forcément celle de leur parfum). Je crains donc que cet alcool ne soit pas adapté à la parfumerie. Néanmoins, pourquoi pas pour une composition type Cologne ou eau de Hongrie, auquel cas si on sent l'arôme du romarin, ça ne sera pas gênant. Quant au phényl, j'avoue ne pas savoir ce que ça veut dire, car pour moi, phényl est un préfixe qui signifie qu'une molécule donnée porte un groupement phényle -C6H5. Le terme peut désigner également un radical libre du benzène (C6H5.), càd une molécule instable. C'est peut-être celle-ci qui est employée dans cet alcool, mais j'en doute. Je penche plutôt pour une faute de frappe et je crois qu'il s'agit en fait de phénol (hydroxybenzene), qui est effectivement employé pour dénaturer l'alcool. Il a une odeur de solvant (évoquant les encres de feutres).
Ce que Lunazen dit de Guillaume Gérault a éveillé ma curiosité : j'ai bien envie de me procurer son livre ! Quant au message d'Anne, merci pour le lien : j'étais passée à côté ! Il est vrai que FémininBio est devenue aussi dense qu'une forêt vierge (dans laquelle il est toujours très agréable de se perdre !).
Le lien qu'Anne a mis te ramène à l'article fait par Stéphanie Jarroux qui a rencontré Guillaume Gérault pour cette création de parfum à _base_ d'huiles essentielles.
Pour lui avoir parlé lors du Green Dating Anniversaire, je ne peux nier ce que j'ai ressenti et faisant confiance à mes émotions, je dois dire qu'en mon fort intérieur, j'ai perçu en lui, une personne sincère,qui s'écoute, quelqu'un de très proche de la vie. Il me semble qu'il doit être fin psychologue et empathe. Rares sont les personnes qui savent écouter leur corps, et faire confiance à leurs sens, et je pense que Guillaume sait écouter son corps.
Son livre est très bien conçu et je pense qu'il est bon de l'avoir dans sa bibliothèque.
Bonjour Sylvie ! et d'abord un grand merci pour toutes vos contributions à ce site, que je lis toujours avec intérêt ! Je me demandais si le fait que le mélange avec l'alcool à 90% reste un peu trouble change quelque chose à la qualité du parfum (mauvaise dissolution ?) ou si c'est juste moins esthétique et peut-être plus susceptible de faire des taches sur les vêtements (le cas échéant !)Merci pour vos réponses.
Voici une réponse qui s'est fait attendre (vacances obligent + rentrée chargée...). Le trouble vient bien de la dissolution insuffisante de certaines substances balsamiques des oléorésines (myrrhe, benjoin, encens, patchouli...). Le pb est purement esthétique, cela ne nuit pas à la qualité du parfum. Les amateurs de boissons alcoolisées à l'anis seront bien d'accord avec moi ! On peut essayer d'y remédier par glaçage puis filtration, mais sans garantie de réussite. La seule solution est l'alcool à 96° ou... un flacon opaque !
Cérès, il faudra nous donner des nouvelles de tes créations. A ce propos, je peux vous donner à toutes des nouvelles à propos d'une formule que j'ai publiée dans le livre "Secrets de beauté des plus belles femmes du monde" (éditions Eyrolles, collection FemininBio). Il s'agit d'un jus que j'ai appelé "Rose épicée" (page 38 du livre). Je l'ai fabriqué lors de la rédaction de l'ouvrage, au début de l'année 2009. Au départ, il était un peu trouble malgré le déglaçage et la filtration. Puis je l'ai "oublié" quelques mois dans un placard. Et il y a quelques jours, je l'ai redécouvert : il était parfaitement clair et limpide. Quant au parfum, il s'est bonifié en vieillissant, et il est vraiment très agréable : il sent la rose, l'oeillet et le jasmin (bien qu'il ne contiennent aucune de ces essences, mais des HEs beaucoup moins chères). Il est à la fois frais et fleuri. Il est tenace (bien plus que je n'espérais). Bref, je suis contente, c'est un essai transformé ! Je n'a pas l'habitude de me vanter, mais là, je fanfaronne !