Pour les cosmétiques: écologie ou décroissance? Le 16-01-2010 à 14:15
Coucou, Je voudrais connaître votre avis sur ce choix en ce qui concerne la cosméto-maison. Je pense que c'est une vraie question, qui se pose aussi dans les post sur les produits amazoniens ou qui viennent de ... loin, ou le choix de commander sur internet. Le livre de sylvie m'a beaucoup plus par la simplicité des ingrédients et des recettes: j'ai pu me fournir sans sortir de ma ville (bon à Grenoble, c'est gérable quand même) et sans trop de difficultés, j'ai fait toutes mes courses à vélo- il n'y a que pour la cire que j'ai galéré un peu car il a fallu trouvé un pharmacien qui était sous-traitant d'un labo. Et les produits sont "connus", simples eux-mêmes(facile de trouver des infos et de faire confiance à une HV bio et vierge ou pour une huile essentielle). Et puis je dois vous avouer que quand je vois tous les produits un peu rares qu'on peut commander sur internet (AZ ou autres) ça fait un peu peur à mon envie de simplicité( dans ce que j'utilise, dans les moyens que je mobilise pour pouvoir me procurer certains produits). J'en viens même à me demander en voyant certaines recettes maison(avec des tensio-actifs par exemples, même si tous ne sont pas dangereux semble-t-il; et pas sur femininbio j'avoue), est-ce qu'on ne retombe pas dans une cosméto dangereuse même si elle est sans doute mieux que la cosméto industrielle? J'espère que je suis assez claire. Mais voilà, je préfère malgré tout acheter mes produits en magasin et me débrouiller avec. Après, j'aimerais bien savoir comment celles qui commandent sur AZ, gèrent... leurs commandes (une grosse, du par-ci par là, etc...) Merci à vous!!
Re:Pour les cosmétiques: écologie ou décroissance? Le 18-01-2010 à 13:17
Léo lutine, ta question est tout à fait passionnante ! La cosmétique maison a en effet ces 2 écoles : - la cosmétique basique, avec des ingrédients simples et des recettes sommes toutes peu élaborées. - la cosmétique "sophistiquée", qui nécessite d'investir d'avantage en matériel et ingrédients très spécifiques (stabilisants, conservateurs, colorants). C'est vrai que j'ai choisi la première voie car elle correspond à ma nature. Je fais d'ailleurs la même chose en cuisine : je passe du temps à trouver les bons ingrédients, mais je les prépare simplement. On peut néanmoins reprocher aux produits cosmétiques fabriqués ainsi de manquer un peu de glamour, avec des consistances souvent grasses et épaisses (pour les crèmes) et parfois des parfums un peu limite (masques à la levure de bière, huile de massage au colza bio, huile de germe de blé... ). C'est pour cela que je ne critique absolument pas celles qui, dans leur cuisine, souhaitent obtenir des produits dont les textures et les parfums n'ont rien à envier à ceux du commerce. Elles sont nombreuses parmi les blogueuses à proposer des formules formidables : Mam'zelle Emie, Caly, Bluetansy... Elles sélectionnent les ingrédients "additifs" sur le bonne tolérance et leur caractère naturel. La plupart de ces ingrédients n'existaient pas il y a 10 ans (où n'étaient pas vendus au grand public). C'est pourquoi on trouve sur le web ou dans les livres un peu anciens (jusqu'aux années 90) des recettes employant des ingrédients peu fréquentables : borax, acide borique, ammoniac, huile de paraffine, vaseline, acide stéarique... J'ai un livre de 1959 où pas une recette de cosmétique maison n'est exempte d'ingrédients chimiques peu recommandables. Cette tendance du cosmétique maison "chimique" existe encore outre-atlantique, car la cosmétique "home-made" n'y a pas connu la phase d'éclipse qu'on a vue en France (de l'après-guerre à la fin du XXe siècle), par conséquent elle a continué d'être pratiquée avant même le retour au naturel et la prise de conscience écolo. On le voit bien dans l'excellent site canadien de Martine "Les banlieusardises" : l'auteure n'hésite pas à employer des ingrédients issus de biotechnologie ou de synthèse. Pour ma part, je pense que les 2 tendances ont leurs avantages et leurs inconvénients, et qu'elles se complètent mais ne s'opposent pas. Néanmoins, je conseille "ma" méthode (peu d'ingrédients, plutôt basiques) pour les produits destinés aux bébés et enfants, aux personnes ayant la peau sensible, notamment avec eczéma, et aux sujets allergiques.
Re:Pour les cosmétiques: écologie ou décroissance? Le 19-01-2010 à 19:33
Merci pour la réponse! En y réfléchissant bien, c'est sûre que ça fait rêver tous ces actifs bio disponibles et je dois dire que le site de Velvettulipe est dans mes favoris... C'est un choix mais les deux sont équivalents je pense, c'est ce qu'on préfère! rien que pour la texture, avant de découvrir ton livre, la crème que je préfèrais (pour la texture ... mais moins pour l'odeur) c'était la crème au pamplemousse de forest people, un peu grasse mais facile à étaler et efficace surtout. Et dedans il n'y a que du beurre de karité, de l'HV d'argan et de l'HE de pamplemousse... Quant aux recettes de sorcières, j'ai souvent vu ça dans certains livres à la maison, rien que dans le beau livre( aujourd'hui comme autrefois)qui doit dater des années 90, il y a des recettes qui me font froid dans le dos_ à _base_ d'axonge notamment mais elles sont compensées par d'autres choses qui rendent ce livre super. Enfin voilà, je fais plutôt le choix de la simplicité parce qu'il ne me "dérange" pas(j'aime bien avoir les pieds plein d'huile parfumée et dans des bonnes chaussettes quand je vais me coucher, et m'étant baladée ado avec la peau plus ou moins grasse,passée par le stade fond de teint--> catastrophe!! avoir le visage encore un peu luisant quand je sors le matin après avoir mis une huile ou une crème ne m'embête pas,ça fait pas de mal à ma peau et c'est tout ce que je demande). Après, c'est aussi parce que je me méfie de l'éthique des producteurs ou des distributeurs(mais je fais confiance aux filles pour ça) et ce que j'achète en magasin n'est pas forcément plus clair... Enfin la raison principale ça doit être que j'aime bien farfouiller et papoter .
Re:Pour les cosmétiques: écologie ou décroissance? Le 23-01-2010 à 15:48
Pour ma part, j'achète des cosmétiques BIO après avoir regardé leur composition mais j'aime aussi faire des recettes maison.
Concernant les cosmétiques maison, il faut avouer que l'on peut obtenir des produits tout aussi efficaces que ceux du commerce.
D'un point de vue "dépense" cela va dépendre de beaucoup de chose, on peut éviter les colorants, mais on doit avoir une _base_ et pour que ce soit plus agréable à utiliser, on y ajoute des extraits aromatiques.
Je t'avouerai que personnellement, je fais des commandes supérieures à 35€. Quand on veut juste tester une recette, il n'est pas toujours évident d'obtenir les ingrédients en faible quantité, parfois, ça existe et parfois non. Résultat, on se retrouve avec tel ingrédient en quantité et on ne sait pas quoi en faire.
Les cosmétiques maison élaborés, sont bien si l'on en fait beaucoup et souvent, ça évite le gaspillage.
Re:Pour les cosmétiques: écologie ou décroissance? Le 04-02-2010 à 20:05
Lunazen a raison, ce n'est pas toujours facile de gérer les stocks ! Je ne vous dis pas tout ce que j'avais dans mes placards à la suite de la rédaction de mes livres Ajoutez à cela, les flacons et autres petits pots, récupérés, chinés ou achetés compulsivement. Néanmoins, j'ai l'impression de dépenser moins d'argent dans les cosmétiques que dans ma vie antérieure (Sérapho, Cinobé, Galeries Farfouillette...) ! Au passage, j'ai adoré l'intervention fugace mais percutante de notre bonne fée Floradiane ! Et je suis de son avis, étant moi même plutôt utilisatrice de compositions basiques. Une simple huile végétale bien choisie avec une huile essentielle du même acabit peut donner des résultats spectaculaires, en antirides notamment. Au passage, Léo-Lutine, sais-tu que derrière Velvetulipe se cache une Grenobloise ?
Re:Pour les cosmétiques: écologie ou décroissance? Le 09-02-2010 à 11:02
sylviebio écrit: Au passage, Léo-Lutine, sais-tu que derrière Velvetulipe se cache une Grenobloise ?
Et oui! Ses fournisseuses en trésors de la ruche sont aussi les miennes (la fameuse Abeille d'or) et leur magasin est dans la rue de mon amoureux... Démasquée!!
Re:Pour les cosmétiques: écologie ou décroissance? Le 10-02-2010 à 16:15
Imaginons que nous parlons d'alimentation : en quoi serait-ce décroissant de faire, je ne sais pas moi, ses crêpes plutôt que les acheter toutes prêtes ou de faire sa ratatouille plutôt que de l'acheter en boîte ou en surgelés ?
Pour les cosmétiques, j'ai la même réaction, en quoi serait-ce décroissant de faire son huile de massage, par exemple ?
Au contraire, il n'y a rien de plus sain.
Nous sommes dans une société du vite fait mais pas forcément bien fait, on court tout le temps, on travaille tout le temps, etc.
Il faut s'organiser c'est vrai et savoir gérer ses priorités.
Maintenant, si on transpose cette réflexion au domaine des médicaments : j'ai choisi de faire mon huile de massage pour mes problèmes de dos, et j'en suis heureuse car je ne prends plus d'anti-inflammatoires ou d'antalgiques !
Mon chéri, ce matin en faisant les courses, me dit ah je n'ai plus de gel douche et ensuite, ce n'est pas grave tu m'en feras un, au-moins ce sera bio et meilleur pour moi ... lui qui n'achetait que les gels douche de la marque A--, vous savez la marque qui a sorti une gamme chocolat ?
Je suis très heureuse même quand il me dit "on prend de légumes frais pour faire ceci, etc".
Pourtant, je ne serais pas vu comme une décroissante car j'ai une voiture enfin chéri moi, je refuse de passer mon permis, je ne rejette pas toute la technologie mais je fais le tri pour conjuguer la société actuelle et mes principes concernant l'environnement et mon bien-être.
Re:Pour les cosmétiques: écologie ou décroissance? Le 20-02-2010 à 18:34
Lunazen, je partage ton opinion ! De nos jours, il faut savoir trouver un bon équilibre entre "être de son temps, vivre avec son époque" et être respectueux de l'environnement. Pour moi, faire ses cosmétiques, ses crêpes, ses confitures, retaper des vieux meubles, cultiver son potager : même combat ! Et ce n'est pas être décroissant. Au contraire, c'est réveiller la créativité que l'on voulait étouffer en nous et retrouver une certaine part de liberté et de fierté... Et en termes de santé, sais-tu qu'on a montré que participer activement à ses soins (par exemple préparer une tisane, faire un peu de gymnastique, marcher, se masser...) contribuait fortement à la guérison. Ce n'est pas forcément très net pour un rhume, mais ça l'est beaucoup plus pour des maladies chroniques (arthrose, migraine récidivante...) et même pour certains cancers.
Re:Pour les cosmétiques: écologie ou décroissance? Le 20-02-2010 à 18:45
Pour la santé, je l'ai remarqué car pour mon dos, c'est harpagophytum et cassis en gélules, et massage (HV millepertuis + HE romarin camphré + HE eucalyptus citronné) par les mimines de chéri !
Il est évident que depuis que je fais cela, je gère beaucoup mieux les épisodes douloureux (temps humide, froid, ou quand je fais la folle ! )
D'ailleurs, je ne prends plus aucuns anti-inflammatoires ni antalgiques. Les plantes (différentes formes) me soulagent beaucoup mieux.
Re:Pour les cosmétiques: écologie ou décroissance? Le 24-02-2010 à 18:28
Décroissance n'est le terme qui convient le mieux j'avoue!
Simplicité volontaire/autonomie (partielle ou complète??) , ce serait plutôt ça...
J'ai mis décroissance parce que c'est un peu ce à quoi j'aimerais aboutir à terme... et que je pense que c'est plus fort encore que l'écologie, plus politique aussi sans doute. Attention ceci dit, pour moi la décroissance c'est pas le retour au Moyen-Age.
Re:Pour les cosmétiques: écologie ou décroissance? Le 12-03-2010 à 20:03
Dans l'absolu, il faudrait aussi produire les plantes utilisées: ce n'est que partiellement possible (non, je ne réalise pas mon huile de rose musquée, et d'ailleurs, ce rosier manque à ma collection...)mais j'avoue que c'est agréable de produire, dans son jardin, son shampoing pour des cheveux lavés en douceur et autre lotions pour le visage... Si pas de jardin ou insuffisant, la nature, via une ballade dans la campagne, fournit de quoi ,réaliser de nombreux soins...
Re:Pour les cosmétiques: écologie ou décroissance? Le 13-03-2010 à 11:20
floradiane tu as tout à fait raison.
J'ai vécu, jeune en maison avec un grand jardin potager, et adulte, en couple, je vis en appartement et mon plus grand bonheur serait d'avoir un jardin pour y planter légumes, fruits, fleurs, herbes aromatiques, etc.
J'adore m'asseoir les soirs d'été et écouter les sons de la nature. Ecouter les oiseaux chanter après la pluie ...
Re:Pour les cosmétiques: écologie ou décroissance? Le 02-04-2010 à 20:14
Le jardin, quand on y a goutté on ne peut plus s'en passer, même quand il est tout petit, comme le mien (pas même 200 m2). Pourtant on y trouve une quinzaine de rosiers différents, dont la moitié divinement parfumés, des aromatiques dispersées au milieu des fleurs (lavande, thym, estragon, hysope, ciboulette, persil et cerfeuil qui se sèment où bon leur semble, verveine, laurier, romarin...), des fraises des bois, des groseilles, du cassis, des grenades, 3 pieds de tomate pas an qui fournissent bien, et toute une ribambelle de vivaces et de plantes à bulbes qui transforment le décor au fil des mois !
Re:Pour les cosmétiques: écologie ou décroissance? Le 03-04-2010 à 19:50
C'est vrai que quand on a eu un jardin ...
Là, je suis en appartement alors pas de tomates, fraises, etc qui poussent sans traitement car mes parents n'ont jamais traité leurs fruits et légumes.
Et oui, laisser faire la nature, elle vous le rendra bien !
Re:Pour les cosmétiques: écologie ou décroissance? Le 03-04-2010 à 20:20
Coucou Sylvie: vrai, que le jardin, quand on y a gouté, on ne peut plus s'en passer, à fortiori en étant tombé dedans petite ! Je comprends ton manque Lunazen... j'ai vécu en appartement pendant 2 ou 3 ans (région parisienne), et je rêvais d'herbe verte (authentique: parfois, je me réveillais le matin, avec un manque de verdure)... aussi, je mesure et apprécie pleinement ma grande chance actuelle !!!
Re:Pour les cosmétiques: écologie ou décroissance? Le 03-04-2010 à 20:54
Fort heureusement, nous sommes peu affectés par les bruits de la circulation bien que nous sommes très près d'une entrée/sortie d'autoroute.
Je regrette qu'il n'y ai pas plus de verdure.
Mes parents avaient un très grand jardin, typique de ceux des maisons des mines du Nord de la France. Là, ils en ont un plus petit mais ils en ont un !
On y avait poireaux, haricots verts/beurres, oignons, échalotes, tomates, concombres, cornichons, laitue, carottes, petit-pois, pommes de terre, thym, laurier, persil, fraises, etc
Je n'ai même pas de balcon ou terrasse !
Alors, la verdure, quand j'y "goûte" (sorties, etc), je fais durer le plaisir !