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Le bio trop cher ? Interview vérité du docteur Lylian Le Goff

 Quels sont vos arguments clés pour convaincre les familles de manger bio ?

L’intérêt de consommer des produits bio, mais aussi de saison et de proximité,  est double, conciliant une démarche à la fois individualiste et altruiste :

  • sur le plan individuel, les produits bio sont sains pour ne pas générer à la production de facteurs de risques (nitrates, pesticides, additifs de synthèse …), mais surtout pour leur richesse en nutriments protecteurs (antioxydants, fibres, oméga 3, etc …), prouvée scientifiquement ; cette densité nutritionnelle allant de paire  avec de bien meilleures qualités organoleptiques.

  • sur le plan de l’intérêt général, utiliser son pouvoir d’achat pour promouvoir des produits dont la production respecte les équilibres naturels, c’est donner du sens à un développement soutenable par le contenu de son assiette : préserver l’environnement et la biodiversité, la santé publique, l’aménagement du territoire, l’emploi agricole de proximité, une meilleure gestion des ressources alimentaires et énergétiques.

 

Trouvez-vous que les pouvoirs publics, les distributeurs font un réel effort pour démocratiser le bio (le rendre plus accessible,...).

A l’évidence non !

Concernant les pouvoirs publics, les aides européennes de la PAC sont distribuées en fonction de critères quantitatifs et non qualitatifs, ce qui pénalise évidemment les pratiques conformes au « développement durable », dont la bio est un modèle ; mais aussi la plupart des agriculteurs conventionnels puisque 80% des aides vont à 20% des plus grosses exploitations ! De plus, en France la répartition de ces aides aggrave cette inégalité par rapport à nos voisins européens expliquant le recul de la bio française qui importe près de 70% de ce qui est consommé.

Quant à la distribution, s’il n’y a pas de bio « à plusieurs vitesses » selon les étals du fait de la transparence et de l’indépendance des contrôles, ce qui les différencie est le respect ou non d’une éthique conforme au « commerce équitable » selon laquelle producteur et consommateur ne soient pas grugés. Des chaînes de distribution bio pionnières comme Biocoop se sont imposées une charte en conséquence.


Qu'attendez-vous des pouvoirs publics et des distributeurs ?


Tout le contraire de la situation actuelle ! Appliquer le « développement durable » aux productions agricoles – comme le préconise d’ailleurs le Grenelle de l’environnement – : dès la formation ; distribuer les aides à la production en fonctions de critères environnementaux et sociaux ; mais aussi des aides aux restaurations collectives pour commander régulièrement des produits bio de proximité. Quant à la distribution, elle comprendrait très vite les signaux ainsi adressés, particulièrement ceux des « consom’acteurs » !


Comment voyez-vous l'avenir du bio en France ?

Je suis relativement optimiste lorsque je constate un peu partout en France, lors de mes déplacements pour des conférences ou formation, la volonté de plus en plus de collectivités territoriales de parvenir à une restauration collective de qualité et de proximité, relayant une démarche de « consom’action » individuelle amorcée depuis deux à trois décennies. Il est grand temps, car nous nous devons d’appliquer de vraies solutions à de vrais problèmes en termes de santé et de préservation de l’avenir des générations futures.

 

 

Pour aller plus loin...

Lisez notre article C'est bio, c'est bon, c'est ... cher ?


Vos réactions

7 réactions à cet article

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Michèle | 09/03/2011

Faisons un calcul rapide : mauvaise alimentation = organisme encrassé = maladie. Alimentation bio = organisme beaucoup moins encrassée = - de maladie = - de frais pour la sécu presque en faillite. Je crois vraiment que nous sommes arrivés à un moment où chacun doit comprendre les enjeux et surtout la vérité. Nous nous sommes habitués à voir le prix immédiat en oubliant les vrais coûts, la vérité c'est que tous coûts réunis, la bio est beaucoup moins chère pour chacun de nous et beaucoup plus rentable pour la nation entière, quantitativement et qualitativement.

frujomi | 26/02/2010

Tout à fait vrai : bio veut dire vie ! Tout à fait vrai : manger bio ne revient pas plus cher si l'on choisit un circuit de distribution court et si l'on réduit considérablemet la viande (on peut s'en passer . Manger bio : plus de nutriments essentiels, pas d'OGM, pas de chimie, pas d'aliments irradiés)Il y a longtemps que j'ai choisi : l'agroalimentaire ne m'imposera pas sa chimie !

lilith_lyon | 26/02/2010

Beaucoup paye sans regarder leurs factures de téléphones portable ou d'électricité, gaspille leur argent dans des achats de vêtements tout au long de l'année sans regarder et sans compter...alors que ce n'est pas le cas de la nourriture. On peut très bien consommer bio sans vider son porte monnaie, et prévoir des loisirs. Ce n'est pas incompatible.
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