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La nature : fondement de l'art sámi.

La nature : fondement de l'art sámi

Article du : 02/06/2008

Réalisé par :
Matyas Le Brun

 

La nature : fondement de l'art sámi

L'expression de leur culture est ce dont les Sámis ont le plus souffert durant les siècles derniers. En plus d'être blâmés pour ce qu'ils étaient, la moindre manifestation de leur art était condamnée.

 

Cela a commencé très tôt lorsque les prêtres protestants brûlèrent tous les tambours chamanes et autres objets de culte traditionnels Sámis. Autrefois en effet, le chamane se servait de ce tambour pour prédire l'avenir et accompagnait les séances de prédiction par son chant appelé le "Joïk", chant dont les Sámis disent hériter des Uldas, êtres de la Terre. Interdits de "joïk" pendant des siècles, les Sámis ne trouvaient le moyen et le courage de l'exprimer que sous l'effet de l'alcool, qui y a du coup été associés par les occidentaux, considérant ce chant guttural comme diabolique.


C'est avec l'arrivée, dans les années 70, du jeune Nils-Aslak Valkeapää, que les choses commencèrent à changer et qu'enfin la richesse de l'art Sámi fut exposée au grand jour. Ce poète d'une famille de berger fréquenta les écoles norvégiennes aux côtés de jeunes scandinaves le considérant très tôt comme inférieur. Très sensible et fasciné par la puissance de la nature,Valkeapää se réfugia dans les livres et se mit à écrire des poèmes, à les chanter. Comme empli de l'énergie de son peuple, il écrivit "Trekkways of the wind" (Les pistes du vent), qui est aujourd'hui la source d'inspiration de tous les Sámis. Ce livre révéla une poésie simple et fragile, puissante comme l'énergie du vent et bouleversante comme la beauté des paysages lapons. En effet, la source d'inspiration de Valkeapää ainsi que de tous les Sámis qui l'ont précédé et suivi, est la nature et le lien que l'homme a avec ce qui l'entoure : les animaux, les rivières, les montagnes, l'océan, les éléments...


Il est donc surprenant et véritablement inédit, à l'heure où les Sámis peuvent enfin exprimer ce qu'ils sont à travers leur expression artistique, de comprendre la cohérence écologique totale de leur culture ancestrale, autant dans leur propre rapport à la nature que celui à l'autre, à l'animal, au végétal, au spirituel, au cosmos...tout en nous alarmant sur notre société industrielle. Voici ci-dessous trois poèmes de Nils-Aslak Valkeapää (traduction de Jacques Espagne), qui illustre ces propos.


"Je ne sais pas pourquoi tel arbre
est plus grand que cet autre
pourquoi un jour est plus clair
qu'un autre

Le cœur crie inlassablement
pour l'amour de l'humanité
jour après jour"

"Et les vents de la toundra joïkait
Dans les forêts gorges vallées fjords
La symphonie de la nature résonnait
Je tétais le sein de mère Sápmi
A la veine d'argent du printemps
Dans le berceau de pierres d'un éboulis
Le soleil du printemps me berçait
Ouvrait les bourgeons sur les pentes
Les glaces sur les rivières

Et les vents de la toundra joïkaient"

"Nous usons de la terre que nous savons être nôtre
Nous usons de la terre que des étrangers revendiquent
Avec leur pouvoir
Avec leurs règles

Peut-être que parfois les paisibles campements de nos ancêtres nous appellent
Peut-être que parfois les sentiments de nos cœurs affleurent

Mais ceux qui sont au pouvoir ont l'autorité
Sans poser de question
Ils écrivent des lois en langues étrangères dans un esprit étranger
En fonction de leurs propres idées
A leur propre avantage"

 

Plus d'information sur le site du projet "Le peuple du Soleil" www.lepeupledusoleil.com et sur le blog architecture de Matyas : Archi-Vert.


      

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