Rassurez-vous, je ne vais pas vous chanter Marinella mais j’aimerais quand même que nous revenions à

la Corse car c’est vraiment intéressant…

Il y a quatre ans - de passage sur l’Ile - j’avais fait quelques courses au Monop’ d’Ajaccio. Pas de sacs en plastique à la caisse : du jamais vu ! En bonne parisienne râleuse, j’étais repartie furieuse avec mes deux bras pour mes innombrables articles. Grrrrr ! Je ne suis pas Shiva, vu ! C’est quoi, ces sauvages ?

J’avais ensuite découvert que les autres magasins, du petit commerce à l’hyper, ne proposaient que de grands cabas en toile plastifiée, certes payants mais réutilisables. Aujourd’hui, il n’y a plus AUCUN sac plastique en Corse et tout le monde a adopté le système : ces cabas sont non seulement utilisés comme sacs de courses mais aussi comme sacs de plage, sacs de jouets, sacs pour les outils…

 

A mon avis, deux éléments expliquent ce succès, facilement transposable dans le reste de

la France :

1 – En mai 2003, un référendum « privé » a été organisé par toutes les grandes surfaces corses, auprès de leurs clients, afin qu’ils choisissent eux-mêmes « leur » solution. Appropriation garantie.

2 – L’amour des Corses pour leur île a servi de levier pour gagner leur adhésion. En effet, un seul modèle de cabas est disponible : sur fond blanc, une belle photo sepia d’un village perché dans la montagne et un message en Corse : « Notre île sera encore plus belle si nous ne la polluons pas » (souvenirs et traduction très libres).

Ce sentiment de fierté régionale étant très largement répandu – c’est même une forme de chauvinisme qu’on peut regretter dans certains cas – il est également utilisable dans d’autres régions. Soyons pragmatiques : parlons de la région plutôt que de la planète si cela est plus efficace. 

Le plus étonnant, c’est combien les habitudes se prennent vite : il me semble maintenant bizarre, voire choquant, que la caissière me propose des sacs en plastique.

Envie de réagir ? Je prends la parole
Déjà membre? Je me connecte ou Créer mon compte