Je relaie ici un article d’Isabelle Delannoy un peu long mais très informatif, paru dans son livre « Environnement, les candidats au banc d’essai » (Ed. La Martinière, 2007) :

« Pour respecter son objectif d’une diminution de 75% des émissions de gaz à effet de serre avant 2050, la France doit rénover le bâti existant et construire écologique dans le neuf. Le secteur de l’habitat est en effet le deuxième émetteur de gaz à effet de serre après les transports. Il représente aujourd’hui 24% des émissions françaises contre 16% en 1990. Notre parc immobilier a presque doublé en trente ans, avec un confort accru, tant en termes d’équipements que d’espace par membre de la famille.

Mieux isolées, les maisons neuves sont beaucoup plus économes que les maisons anciennes. Elles consomment en moyenne deux fois et demi moins d’énergie au mètres carré (120 kWh/m2/an dans le neuf contre 330 kWh/m2/an dans l’ancien). Mais pour répondre à l’objectif de 2050, cette consommation devra encore être divisée par deux pour atteindre 50 kWh/m2/an pour tous les bâtiments.

C’est tout à fait possible. On sait déjà construire des « maisons passives », qui produisent plus d’énergie qu’elles n’en consomment, tandis que des expériences à grande échelle ont été réussies dans plusieurs pays européens (les quartiers de Bedzed à Londres, Malmö en Suède, Fribourg en Allemagne, le label Minergie en Suisse). De plus la population porte un grand intérêt à la maison écologique.

Cela implique néanmoins un chantier gigantesque car, en 2050, les 2/3 des maisons existantes auront été construites avant 2000. Pour respecter cet engagement, la France doit donc entreprendre la rénovation de 400 000 habitations par an pendant 40 ans. Un tel chantier, qui générerait 100 000 emplois pérennes pour les 40 ans à venir, représente un investissement de l’ordre de 7 à 8 milliard d’euros pas an (0,4% du PIB). Innover au plus tôt peut donner une avance technologique et opérationnelle dans ce secteur. En effet, des pays comme Chypre, Israël et bientôt l’Espagne et la Grèce, imposent déjà le recours à l’énergie solaire pour toute construction neuve. De même la Californie se lance dans une politique ambitieuse de réduction des gaz à effet de serre.

Il existe de nombreuses incitations à la rénovation de l’habitat en termes d’isolation ou d’équipements écologiques comme le chauffage solaire ou au bois : crédits d’impôts, subvention, prêts bonifiés… Les investissements sont relativement vite amortis étant donné le coût croissant du pétrole et du gaz.

Ils représentent néanmoins un effort pour le citoyen. En effet, même si leur financement est largement subventionné, les travaux restent à la charge des propriétaires. Pour atteindre un pareil objectifs, les incitations ne suffiront donc pas et il faudra passer à un cadre obligatoire ».

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