Alors que le cachier des charges Cosmos s'apprête à rentrer en vigueur au printemps 2011, le secteur va voir ses habitudes bouleversées. En quoi exactement?

Cosmos est une initiative privée, créée par divers organismes nationaux de certification ou des associations déjà bien connus dans ce secteur : BDIH, Cosmebio, Ecocert, ICEA et Soil Association. Après près de dix ans d'efforts, tous ces acteurs du monde de la labellisation et de la certification ont réussi à se mettre d'accord sur un ensemble de normes à respecter.

Il s'agit, tout d'abord, d'une série d'interdictions frappant les produits cosmétiques. Ainsi, les produits vendus avec le label Cosmos et leurs ingrédients ne peuvent pas avoir été testés sur des animaux. Sont également prohibés les parfums, colorants et conservateurs de synthèse, de même que les organismes génétiquement modifiés (OGM), les ingrédients issus de la pétrochimie (paraffine, silicone, etc.) et ayant subi des traitements ionisants. Ensuite, les ingrédients autorisés doivent respecter certaines conditions. Par exemple, les ingrédients physiquement transformés ne peuvent pas provenir d'un animal si leur mise au point nécessite l'abattage d'un animal.

Sont autorisés, par contre, les oeufs, lait, miel, cire d'abeille, etc. Les ingrédients chimiquement transformés, eux, doivent respecter 7 principes de "chimie verte" (par exemple la biodégradabilité dans l'eau et l'absence de toxicité pour la vie aquatique), qui visent à éliminer les substances et les procédés de fabrication les plus dangereux pour l'homme et l'environnement.

Enfin, pour être certifiés "Cosmos", 20% du total du produit (eau comprise) doit être certifié Bio. De même, 95 % des ingrédients transformés physiquement et 30% des ingrédients transformés chimiquement doivent être Bio. Les exigences portent également sur les emballages et suremballages : ils doivent être recyclables ou biodégradables. En outre, les pourcentages d'ingrédients Bio doivent y être indiqués clairement.

Une amélioration sensible pour le consommateur ? Oui et non. Oui, parce qu'il s'agit, ni plus ni moins, de la première harmonisation européenne d'une telle ampleur dans un secteur dont le poids économique est considérable. Non, car cette harmonisation porte sur un référentiel commun (les normes), et non pas sur un logo. Par conséquent, cette mini révolution ne brillera pas par sa visibilité pour l'acheteur.

Concrètement le terme "Cosmos", figurera en-dessous de logos déjà bien connus dans les commerces spécialisés : Ecocert, Icea, Soil, etc. La coexistence sera la règle. On risque ainsi de voir, dans les étals, des cosmétiques affichant à la fois un label national (Cosmébio, par exemple), la mention du nom d'un organisme certificateur (Ecocert,...), éventuellement un label de commerce équitable (Max Havelaar,...) et, enfin, une certification européenne de type Cosmos...(2) Pas simple, pour le consommateur soucieux d'y voir clair, mais pressé !

Quant à la Belgique, elle est dans une position un peu particulière. On peut d'ores et déjà trouver, chez nous, des cosmétiques fabriqués à l'étranger portant le nouveau label. Bien que Bioforum – la coupole du Bio dans notre pays – n'est pas associée à ce stade à Cosmos, des démarches sont en cours pour participer à l'initiative. A terme, le logo Biogarantie pourrait donc figurer au-dessus du terme "Cosmos" sur des produits cosmétiques certifiés par des organismes de contrôle belges.

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